Des chercheurs israéliens produisent une protéine laitière clé à partir de carthame
Selon des chercheurs de l'Université hébraïque, la bêta-caséine, qui favorise la fonte du fromage, peut être extraite d'une « crème » obtenue à partir de graines, permettant de se passer des vaches, et de réduire les coûts et les rejets liés à l'élevage
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Une équipe de chercheurs de l’Université hébraïque a réussi à modifier génétiquement une plante pour qu’elle produise de la bêta-caséine, cette protéine du lait qui confère au fromage ses propriétés de fondant. Cette découverte, estiment-ils, pourrait leur permettre de devancer la concurrence internationale dans la production de plantes « laitières » exploitables à l’échelle industrielle.
« La production laitière n’est pas écologique », a déclaré le professeur Oded Shoseyov, de la Faculté d’agriculture, d’alimentation et d’environnement, qui a dirigé ces recherches.
« Environ 15 % des gaz responsables du réchauffement climatique sont émis par le bétail sous forme de méthane », a-t-il ajouté.
« Aujourd’hui, grâce à la modification génétique, il est possible de prélever les gènes codant pour les protéines du lait et de les transférer sur un autre organisme plus efficace. Ainsi, on peut réaliser d’importantes économies en termes de ressources utilisées et d’émissions. »
L’industrie laitière mondiale, a précisé Shoseyov, représentait plus de 1 000 milliards de dollars l’année dernière ; elle devrait atteindre 1 600 milliards de dollars d’ici 2035, grâce à la croissance démographique et à une prise de conscience accrue de la valeur nutritionnelle des protéines du lait.
Les chercheurs ont d’abord modifié génétiquement l’Arabidopsis thaliana, une plante de laboratoire, puis le carthame, une espèce oléagineuse résistante à la sécheresse, dans le but de produire de la bêta-caséine. Cette protéine, qui est un composant essentiel à la formation osseuse, possède également des propriétés coagulantes et émulsifiantes.
Alors qu’elle travaillait sur la modification génétique des semences, l’équipe a découvert avec surprise que, au lieu d’atteindre le compartiment de stockage prévu, la protéine du lait avait formé des structures similaires à celles qui stockent la caséine naturelle dans le lait.
Les plantes les plus performantes ont produit de la bêta-caséine à des niveaux avoisinant 1,26 % des protéines solubles totales des graines – ce qui est bien supérieur aux nombreux résultats antérieurs concernant la production de caséine chez les plantes.
Selon Shoseyov, il est facile et relativement peu coûteux de « traire les graines » en les plaçant dans une presse, puis en séparant le mélange obtenu à l’aide d’une centrifugeuse pour obtenir une crème riche en protéines et des matières solides.
Almog Ozeri, Mai Shamir, Miron Abramson, Barak Cohen et Amir Rudich ont participé à cette recherche, dont les résultats ont été publiés dans Frontiers.
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