Espérance de vie, emploi, salaire : ces disparités au sein de la société israélienne – rapport
35 % des hommes juifs de plus de 65 ans travaillent encore, contre 20 % pour les femmes juives et hommes arabes ; les femmes arabes sont quasi absentes du marché du travail à cet âge
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

L’espérance de vie des Israéliens s’est allongée, mais une nouvelle étude publiée mercredi montre que les avantages liés à cette longévité accrue ne sont pas répartis de manière égale.
Avec une espérance de vie de 85,7 ans pour les femmes et de 81,7 ans pour les hommes selon les données de 2023, Israël se classe au cinquième rang derrière le Japon, l’Espagne, la Corée du Sud et la Suisse parmi les pays de l’OCDE.
Quelque 1,2 million d’Israéliens sont âgés de 65 ans et plus.
Mais, comme le souligne l’Institut Shoresh pour la recherche socio-économique, c’est précisément parce que la durée de vie s’allonge que le défi économique s’intensifie.
« L’allongement de la durée de vie accroît la dépendance à l’égard des retraites, de l’épargne et de la poursuite de l’activité professionnelle, et ceux qui atteignent l’âge de 65 ans sans disposer d’une base financière solide ont du mal à faire face au coût élevé de la vie pendant leur vieillesse », indique le rapport.
L’étude a révélé que 35 % des hommes juifs, mais seulement 20 % des hommes arabes, continuent à travailler après 65 ans. Environ un cinquième des femmes juives travaillent encore après 65 ans, mais ce chiffre est compris entre 1 % et 3 % pour leurs homologues arabes.
En général, plus de 70 % des hommes israéliens de plus de 65 ans qui travaillent sont employés à temps plein, ce qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE, qui est d’environ 67 %. Environ 40 % des femmes qui continuent à travailler après 65 ans (presque exclusivement juives) ont un emploi à temps plein, ce qui est inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui est de 50 %. La plupart des femmes juives israéliennes qui continuent à travailler le font à temps partiel, selon l’étude.
Les recherches montrent que l’instruction joue un rôle clé dans l’emploi de cette tranche d’âge. Alors que plus de 40 % des hommes ayant suivi 13 années d’études ou plus travaillent encore, seul un cinquième de ceux qui n’ont suivi que l’enseignement primaire continuent d’avoir un emploi. Des écarts similaires s’appliquent aux femmes.
Le professeur Ayal Kimhi, vice-président de l’Institut Shoresh, a déclaré au Times of Israel qu’il était impossible de dire si les travailleurs les plus performants, en particulier ceux ayant fait des études supérieures, travaillaient par choix ou par nécessité.
Selon le rapport, le revenu mensuel combiné des couples âgés de 65 ans et plus a augmenté pour atteindre en moyenne plus de 18 000 shekels avant impôts. Mais le revenu mensuel d’un homme célibataire est d’environ 8 000 shekels, tandis que celui d’une femme célibataire est de 7 000 shekels.
L’étude de l’Institut Shoresh préconise des ajustements structurels profonds dans les politiques économiques israéliennes pour faire face au vieillissement de la population. Selon elle, ces ajustements devraient inclure l’indexation complète des prestations de vieillesse et des compléments de revenu, des mesures proactives pour aider les personnes à exercer leurs droits sociaux, un filet de sécurité plus solide pour protéger les retraites et un soutien ciblé aux groupes les plus vulnérables : les femmes âgées célibataires, les ménages arabes et les personnes peu instruites.
En outre, l’étude, qui s’appuie sur des données de l’OCDE et du Bureau central des statistiques d’Israël (CBS), recommande de proposer des opportunités d’emploi de haute qualité et adaptées à l’âge des adultes de plus de 65 ans.
Kimhi, qui a mené cette étude en collaboration avec Tomer Siedner, a déclaré que « nos conclusions identifient clairement deux groupes qui entrent dans l’âge d’or avec un désavantage significatif : les femmes âgées célibataires et les citoyens arabes. Ces écarts n’apparaissent pas à 65 ans. Ils s’accumulent tout au long de la vie. Pour y remédier, il ne suffit pas de se concentrer uniquement sur l’âge de la retraite. Il faut renforcer l’éducation, l’emploi et l’épargne-retraite beaucoup plus tôt. Si nous n’agissons pas maintenant, les inégalités pendant l’âge d’or ne feront que s’accroître dans la prochaine génération »
la Communauté du Times of Israël !







