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Reportage"Tout le monde comprend cette douleur"

Ex-otages et Juifs de Bondi réunis à Times Square pour le CTeen Shabbaton du Habad

Plus de 4 500 adolescents juifs ont pris part à l'événement, animé par d'ex-otages, illustrant la portée mondiale du mouvement hassidique mais aussi du traumatisme

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Des participants au CTeen Shabbaton, à New York, le 21 février 2026. (Luke Tress/Times of Israel)
Des participants au CTeen Shabbaton, à New York, le 21 février 2026. (Luke Tress/Times of Israel)

NEW YORK — L’ex-otage du Hamas, Segev Kalfon, a vu le groupe terroriste faire défiler d’autres otages devant la foule, à Gaza, avant de les libérer l’an dernier.

Lui qui a gardé foi dans les profondeurs des tunnels de Gaza s’était juré que si le Hamas lui accordait une telle occasion, il en profiterait pour réciter la prière la plus importante du judaïsme, le Shema.

« Je rêvais de dire le Shema Israel devant le monde entier », confiait Kalfon au Times of Israel ce samedi.

Libéré en octobre dernier, après plus de deux ans de captivité, il n’a pas droit à une cérémonie de remise des otages – qu’à cela ne tienne, il a trouvé le moyen d’affirmer sa foi à Times Square, à New York.

« Le Hamas a annulé ses mises en scène, mais aujourd’hui, je dis le Shema Israel devant le monde entier », a-t-il ajouté.

Kalfon a mené des milliers de Juifs lors de la prière, samedi soir, en compagnie des ex-otages Ilana Gritzewsky et Matan Zangauker, dans le cadre de plusieurs événements organisés par le mouvement hassidique du Habad pour un public adolescent.

Ces événements, rassemblés sous l’appellation CTeen International Shabbaton, ont rassemblé plus de 4 500 jeunes venus d’une soixantaine de pays. Le siège du Habad se trouve dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn.

L’événement de samedi soir a illustré la portée mondiale du Habad mais aussi celle du traumatisme qu’infligent aux Juifs du monde entier les violences anti-sionistes.

Dans le public venu voir les ex-otages diriger la prière, se trouvaient notamment des adolescents juifs témoins du massacre de Bondi Beach, en Australie, perpétré par deux hommes armés et qui a coûté la vie à 15 personnes venues célébrer Hanoukka avec le Habad, en décembre dernier. Le rabbin Habad Eli Schlanger fait partie des victimes de l’attentat. Priva Schlanger, sa fille, est montée sur scène samedi soir en déclarant : « La douleur ne nous paralyse pas, elle nous pousse en avant. Cela n’enlève pas la douleur, mais ça lui donne un sens. »

L’ex-otage du Hamas Segev Kalfon, à New York, le 21 février 2026. (Luke Tress/Tines of Israel)

Selon Chida Levitansky, chef de la délégation australienne, des organisations du monde entier souhaitent montrer leur soutien aux adolescents australiens.

« Les adolescents que nous avons fait venir ici attendaient cela depuis longtemps et ce qui se passe leur montre qu’ils ne sont pas perdus en Australie ou ailleurs, et qu’il y a des milliers et des milliers d’adolescents qui pensent à eux », explique Levitansky en ajoutant que la vingtaine de jeunes Australiens, originaires pour l’essentiel de la région de Sydney, ont établi des liens avec d’autres groupes venus d’une trentaine de pays.

« C’est très bon pour le moral. Cela me donne le sentiment que la communauté juive est unie », confie Yehuda Nothman, l’un des adolescents de Bondi Beach. « Tout le monde comprend la douleur, mais c’est vraiment bien d’être là tous ensemble. »

« Surtout depuis la fusillade du 14 décembre, le fait de se sentir vraiment en sécurité au sein d’une communauté juive et d’être heureux au milieu de 4 600 autres adolescents, c’est ce que j’ai vécu de mieux », confie Eden Pryer, un autre membre de la délégation de Bondi Beach.

Eden Pryer, tout à gauche, et Yehuda Nothman, avant-dernier à partir de la gauche, avec d’autres membres de la délégation australienne du CTeen Shabbaton, à New York, le 21 février 2026. (Luke Tress/Times of Israel

Cette 18e édition annuelle du CTeen Shabatton a par ailleurs illustré la portée mondiale du mouvement Habad, mouvement hassidique fort de sa présence dans des milliers de villes un peu partout dans le monde qui accueillent les Juifs de la région ou de passage.

Les organisateurs ont déclaré par voie de communiqué que les événements du CTeen étaient la preuve que « la vie juive est vivante, vibrante et bien ancrée. »

« Ces adolescents vont ensuite rentrer chez eux, au sein de leur communauté, porteurs de ce message, tels des ambassadeurs de la fierté juive, chacun dans son école, sa ville, son pays », ont déclaré les organisateurs.

Ces participants sont originaires de 486 villes, ont indiqué les organisateurs, qualifiant ces événements de plus grand rassemblement d’adolescents juifs au monde. Les jeunes se sont parlé dans un joyeux mélange de langues, en agitant les drapeaux de leur pays – à commencer par Israël, la Turquie, le Brésil ou encore Panama.

Les participants au CTeen Shabbaton écoutent parler d’ex-otages, à New York, le 21 février 2026. (Luke Tress/Times of Israel)

Les membres de la délégation hongroise s’étaient maquillé les joues aux couleurs de leur drapeau et des groupes venus du Costa Rica, de France, d’Israël et du Maroc se sont pris en photo avec leurs drapeaux.

L’ambiance était dans l’ensemble à la fête : des spectateurs ont fait des rondes sur fond de photos du regretté rabbin Menachem Mendel Schneerson, du mouvement Habad, projetées par les panneaux publicitaires de Times Square et des paroles du rappeur juif Nissim Black, venu interpréter quelques morceaux sur scène.

Par ailleurs, la semaine passée, les adolescents se sont entretenus avec des membres des autorités de la ville de New York, dont Julie Menin, présidente du conseil municipal, et Mark Levine, contrôleur municipal, tous deux juifs – un moment très important pour les jeunes, estime Levitansky.

Vendredi, ils ont visité la Statue de la Liberté, l’Empire State Building et l’Ohel dans le Queens, lieu de repos de Schneerson et Kalfon a mis les tefillin, les phylactères de prière, au 770 Eastern Parkway à Crown Heights, le siège du mouvement Habad.

Samedi, les questions de sécurité restaient au premier plan. La police et des agents de sécurité bénévoles mandatés par la communauté juive ont érigé des barricades métalliques de façon à clôturer le périmètre des festivités.

En outre, les organisateurs se sont abstenus de communiquer avant cet événement pour des raisons de sécurité, une pratique courante s’agissant des événements juifs à New York.

« Personne ne nous détruira. Jamais, absolument jamais », a conclu l’ex-otage Gritzewsky, face à la foule.

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