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« On ne va laisser ce monde nous engloutir »

Festival d’Angoulême : « Deux filles nues » de Luz, Fauve d’or de la meilleure BD de l’année

La bande dessinée raconte la montée du nazisme en Allemagne et la censure culturelle du point de vue d'un tableau spoliée

Couverture de la bande-dessinée « Deux filles nues » (Albin Michel), de Luz, parue le 2 octobre 2024. (Capture d'écran / Albin Michel)
Couverture de la bande-dessinée « Deux filles nues » (Albin Michel), de Luz, parue le 2 octobre 2024. (Capture d'écran / Albin Michel)

« Deux filles nues » de Luz, qui raconte la montée du nazisme du point de vue d’un tableau spolié, a reçu samedi le Fauve d’or 2025 du meilleur album de l’année au 52e festival de la BD d’Angoulême, a constaté l’AFP.

« J’ai commencé à devenir dessinateur de BD il y a dix ans » après l’attentat qui a décimé la rédaction de hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dont il faisait partie, a retracé l’auteur français en recevant son prix. « Il n’y avait plus que ça à faire ».

Le jury présidé par la metteure en scène et comédienne Zabou Breitman a choisi cet album parmi 44 en compétition pour cette récompense.

Dans » Deux filles nues » (Ed. Albin Michel), Luz, 53 ans, retrace l’histoire vraie d’un tableau peint en 1919 par l’expressionniste allemand Otto Mueller (1874-1930), spolié à un collectionneur juif par les nazis avant d’être restitué après-guerre à ses descendants.

Il fait de ce tableau le personnage principal de l’album devant lequel se déploient les affres de la création artistique, les persécutions antisémites et l’offensive du régime nazi contre ce qu’il considérait comme « l’art dégénéré ».

« Je voulais raconter l’histoire d’un tableau qui a vu des histoires tragiques, notamment la montée de l’extrême droite », a-t-il déclaré. « Je voulais faire un bouquin d’Histoire et j’ai fait un bouquin d’actualité ».

Luz a échappé à l’attentat du 7 janvier 2015 qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo parce qu’il était en retard. Il a raconté le traumatisme provoqué par cette attaque dans « Catharsis » (Ed. Futuropolis).

« On ne va laisser ce monde nous engloutir », a-t-il encore déclaré.

Mercredi, le grand prix du festival a été décerné à la Française Anouk Ricard, dessinatrice de l’absurde, pour l’ensemble de son œuvre décalée.

Le festival d’Angoulême, plus grand rendez-vous international de la BD, s’achève ce dimanche.

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