France : l’agent municipal au tatouage SS vu lors d’un hommage à la Shoah va être jugé
L'agent en question, employé par la municipalité d'Aubagne, a été suspendu et sera jugé en septembre pour apologie de crime contre l'humanité
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À l’occasion d’une cérémonie officielle en mémoire des victimes de la Shoah et en hommage aux déportés, à Aubagne, dans le département des Bouches-du-Rhône, le comportement d’un agent municipal a provoqué la stupeur et l’indignation.
Selon le quotidien local La Provence, c’est un jeune homme d’origine juive, venu assister à cet événement contre l’antisémitisme, qui a remarqué les tatouages de l’agent chargé de la logistique et de la sécurité.
Sur le biceps gauche de l’employé municipal était inscrite, en caractères gothiques et en allemand, la phrase « Meine Ehre heißt Treue » (« Mon honneur s’appelle fidélité »), emblématique devise de la SS (Schutzstaffel). En dessous, sur son avant-bras, figurait une grosse croix de fer, décoration militaire prussienne réintroduite par le régime nazi en 1939.
Révélée par le média d’investigation local Marsactu puis relayée par la presse régionale et nationale, notamment La Provence et La Dépêche du Midi, la scène a immédiatement fait réagir.
Après avoir pris des photos des tatouages, le témoin en a directement informé la gendarmerie.
Interpellé suite à ce signalement, l’agent municipal a été placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, l’homme a cherché à se justifier en plaidant l’ignorance, disant ne pas connaître la « double signification » de ces inscriptions nazies, affirmant qu’il s’agissait pour lui d’une « devise officielle » adoptée au sein de son ancien peloton de la Légion étrangère.
Cette explication n’a pas suffi à éteindre la polémique ni à interrompre la procédure. Dès la révélation des faits, la mairie d’Aubagne a suspendu l’agent à titre conservatoire et engagé une procédure disciplinaire, après quoi la justice s’est saisie du dossier.
L’employé municipal a été déféré devant le parquet avant d’être placé sous contrôle judiciaire. Son procès aura lieu en septembre devant le tribunal correctionnel, où il devra répondre d’apologie de crime contre l’humanité et d’exhibition de symboles liés à une idéologie criminelle.
La présence d’un agent public arborant de tels symboles en plein hommage aux victimes de la barbarie nazie a suscité une vague de protestations auprès des élus locaux et des associations de mémoire.
Plusieurs organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme ont dénoncé une provocation intolérable ainsi qu’une violation grave du devoir de réserve et d’exemplarité qui incombe à tout agent du service public français.
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