Gaza-City : Israël confirme avoir capturé le chef de la sécurité du Hamas lors d’un raid
Le Shin Bet a pris d’assaut un bâtiment à Gaza-City et arrêté Muein al-Arabid lors d’une "opération audacieuse", ont annoncé Netanyahu, Tsahal, et le service de sécurité intérieure
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des « forces spéciales » du Shin Bet ont capturé le chef de l’appareil de sécurité intérieure du groupe terroriste palestinien du Hamas lors d’une « opération audacieuse » menée mardi matin à Gaza-City, ont annoncé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’armée et le Shin Bet.
Plus tôt dans la journée, des médias arabophones avaient attribué le raid à une milice anti-Hamas soutenue par Israël, affirmant que celle-ci avait capturé Muein al-Arabid, chef de la sécurité du Hamas.
Or, plus tard mardi, Netanyahu a salué dans un communiqué « le Shin Bet et Tsahal qui, lors d’une opération audacieuse, ont arrêté aujourd’hui le chef de l’appareil de sécurité intérieure du Hamas près de son domicile à Gaza ».
Dans un communiqué distinct, l’armée israélienne et le Shin Bet ont précisé que l’opération avait été menée par des « forces spéciales » du service de sécurité intérieure, qui ont pris d’assaut un bâtiment à Gaza-City et capturé le chef de la sécurité du Hamas.
L’armée de l’air israélienne a également frappé plusieurs « cibles militaires dans la zone afin d’éliminer les menaces pesant sur les forces ». Aucun membre des troupes israéliennes n’a été blessé, selon le communiqué conjoint.
Selon l’armée, le chef de la sécurité s’employait récemment à « renforcer l’emprise du groupe terroriste du Hamas sur le nord de la bande de Gaza » et à préparer des attaques contre les troupes de Tsahal déployées dans l’enclave.
Netanyahu a déclaré que l’homme capturé était « l’un des plus hauts responsables du Hamas ; il était chargé de cacher et de déplacer nos otages, de dissimuler de hauts responsables du Hamas, de renforcer les effectifs et de tenter de rétablir les capacités de l’organisation terroriste ».
« Ces derniers temps, il s’est employé à rétablir l’autorité du Hamas à Gaza, a mené des opérations de désinformation sur la démilitarisation de la bande de Gaza et a contribué à la perpétration d’attaques terroristes contre nos forces et nos civils », a-t-il ajouté.
Tsahal a précisé que l’opération avait pour objectif de « neutraliser les menaces, d’affaiblir l’emprise du Hamas dans la région et de contrer ses projets d’intensification des activités terroristes contre les troupes de Tsahal et les civils israéliens ».
Netanyahu a ajouté qu’Israël « continuera à traquer tous les dirigeants du Hamas et tous ceux qui ont pris part au massacre du 7 octobre ».
Des images diffusées par Al Jazeera montrent plusieurs séquences du raid. Sur l’une d’elles, une camionnette arrive sur les lieux alors que l’opération semble déjà avoir commencé et des coups de feu sont tirés depuis le véhicule. Peu auparavant, un homme, apparemment al-Arabid, avait été aperçu rampant à proximité et tentant de se cacher.
مشاهد خاصة للجزيرة توثق إصابة أحد ضباط جهاز الأمن الداخلي في غزة خلال عملية استهدافه واختطافه#الأخبار pic.twitter.com/ImaHsmz8P6
— قناة الجزيرة (@AJArabic) September 1, 2026
Plus tôt mardi, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait annoncé la capture d’un haut responsable du Hamas, sans préciser qui avait mené le raid ni donner davantage d’informations sur l’identité de la cible.
Selon les médias palestiniens, une « unité spéciale israélienne » se serait infiltrée dans l’ouest de Gaza-City. Repérée par des membres du Hamas, elle aurait alors bénéficié de bombardements et de frappes aériennes de Tsahal destinés à la protéger. Ces frappes auraient fait au moins trois morts et huit blessés.
Les médias palestiniens qualifient parfois de « forces israéliennes » les milices anti-Hamas soutenues par Israël qui opèrent dans la bande de Gaza. Israël leur a déjà fourni à plusieurs reprises un soutien aérien.
Le média saoudien Al-Hadath a rapporté que des milices palestiniennes soutenues par Israël avaient tenté d’enlever une personne non identifiée à Gaza-City, tandis que la chaîne qatarie Al-Araby TV a indiqué qu’une milice armée avait tenté de s’en prendre à un haut responsable de l’appareil de sécurité intérieure du Hamas.
Dans un communiqué, le Hamas a condamné « l’opération criminelle » menée par les « forces spéciales de l’armée d’occupation » à Gaza-City.
« Il s’agit d’un crime grave, qui témoigne d’un mépris délibéré pour la vie des civils et s’inscrit dans la continuité de la guerre génocidaire brutale menée contre notre peuple dans la bande de Gaza », a déclaré le groupe terroriste, sans commenter l’arrestation de l’un de ses hauts responsables.
Lors d’un autre incident survenu plus tard mardi, Tsahal a annoncé avoir frappé un chef du Hamas à Jabaliya, dans le nord de Gaza.
Les médias palestiniens ont fait état de plusieurs blessés dans une frappe menée dans le nord de la bande de Gaza.
Tsahal a justifié cette frappe, menée en période de cessez-le-feu, en affirmant que le chef, dont l’identité n’a pas été révélée, préparait des attaques contre les troupes et les civils et tentait de reconstituer les capacités du Hamas, « en violation systématique du cessez-le-feu ».
L’armée a ajouté que la frappe visait à « éliminer la menace ».
Un cessez-le-feu conclu en octobre 2025 avec le soutien des États-Unis a mis fin aux combats de grande ampleur dans le territoire dévasté, sans pour autant faire cesser les frappes de l’armée israélienne. Celle-ci affirme intervenir pour déjouer les attaques du Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza. L’enclave reste divisée en deux zones distinctes, l’une sous contrôle israélien et l’autre sous celui du Hamas.
Le Hamas accuse Israël de violer le cessez-le-feu et de compromettre les efforts visant à appliquer le plan du président américain Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza, qui prévoit notamment le retrait israélien et le désarmement du Hamas. Le groupe terroriste refuse toutefois de renoncer à l’ensemble de ses armes ou de se désarmer tant qu’Israël ne se sera pas retiré.
Plus de 1 300 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, selon les autorités sanitaires de Gaza, contrôlées par le Hamas, qui ne distinguent pas entre terroristes et civils. Quatre soldats israéliens ont également été tués.
Nurit Yohanan a contribué à cet article.
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