GB: Les Verts échouent à faire adopter la motion « Le sionisme est une forme de racisme »
Après plusieurs reports lors du congrès, le vote sur la motion demandant la suppression d'Israël au profit "d'un seul État palestinien démocratique" aura lieu à une date ultérieure
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Samedi, à l’occasion de son congrès de printemps, le Parti vert (Green Party) britannique a échoué à faire adopter une motion qui visait à modifier la ligne politique du parti en assimilant le sionisme à du racisme. En effet, des dissensions internes concernant cette résolution et une série de problèmes techniques ont conduit à l’ajournement de la séance, sans qu’un vote n’ait pu avoir lieu.
Selon les médias britanniques, environ 1 000 personnes ont participé à ce congrès virtuel qui s’est tenu sur Zoom, auquel seuls les membres du parti étaient autorisés à assister.
Dans le cadre des débats, le parti, dirigé par Zack Polanski, juif non sioniste, devait se prononcer sur une motion intitulée « Le sionisme est une forme de racisme », réclamant l’abolition de l’État juif d’Israël et la création d’un « État palestinien démocratique unique sur l’ensemble du territoire historique de la Palestine, avec Jérusalem pour capitale ».
Le texte soutenait également le droit du peuple palestinien à « la résistance et à la libération de l’occupation, de la domination et de l’asservissement israéliens », affirmant que « la lutte pour obtenir cette libération, par tous les moyens autorisés par le droit international, est légitime ».
La motion visait en outre à rejeter officiellement la définition de l’antisémitisme établie par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), arguant qu’elle avait été « instrumentalisée pour faire taire toute critique légitime à l’égard de l’État d’Israël ».
Le vote sur la motion était initialement prévu en début de séance samedi, après que ses défenseurs ont réussi à accélérer la procédure. Il a toutefois été reporté à plusieurs reprises suite au dépôt de plusieurs motions de censure visant le président du parti, chacune devant faire l’objet d’un débat distinct, a rapporté The Telegraph.
Un interminable débat sur la motion elle-même a entraîné des retards supplémentaires. Les opposants au texte ont tenté en vain de le faire déclarer irrecevable, selon le journal, en faisant valoir qu’il entrait en contradiction avec la ligne politique actuelle du Parti vert, qui prône une solution à deux États.
Des dysfonctionnements techniques sont ensuite venus s’ajouter à ces retards, a indiqué le journal : la plateforme Zoom sur laquelle se tenait le congrès n’a pas pu s’adapter au nombre de participants et s’est bloquée à plusieurs reprises, repoussant d’autant la tenue du vote.
Enfin, malgré une prolongation du congrès de 15 minutes supplémentaires, le temps imparti s’est écoulé avant que la motion « Le sionisme est une forme de racisme » puisse être soumise au vote.
Le texte ne fera toutefois pas l’objet d’un retrait définitif. Il sera soumis au vote à une date ultérieure.
Cette motion a par ailleurs donné lieu à de nombreux débats au sein du parti. Polanski lui-même a semblé hésiter à la soutenir.
S’exprimant sur Times Radio le mois dernier, Polanski a laissé entendre qu’il n’apporterait son soutien à cette motion que si elle était rattachée aux actions du gouvernement israélien actuel et aux mesures prises par Jérusalem à Gaza pendant les deux années de la guerre qui a opposé l’État juif au Hamas, déclenchée par l’attaque du groupe terroriste palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.
« Je peux vous donner plusieurs définitions du sionisme, et nous pouvons débattre de leur éventuel caractère raciste », a-t-il déclaré à l’époque. « Si l’on se réfère à la définition que ce gouvernement israélien met clairement en œuvre à travers son génocide à Gaza, alors oui, absolument. Cela relève du racisme. »
Il a expliqué à la station de radio n’avoir pas encore tranché quant à la manière dont il voterait sur la motion, précisant « attendre les débats » avant de se décider.
Si la définition du sionisme retenue par le parti correspondait à « ce que fait actuellement le gouvernement israélien », alors il voterait en faveur de la motion, a-t-il toutefois ajouté.
D’après des sources citées par Jewish News, Polanski et plusieurs autres responsables du parti espéraient que la motion et le débat sur Israël et la Palestine ne monopoliseraient pas l’ordre du jour du parti lors du congrès, redoutant que cela ne compromette les chances du Parti vert aux élections locales prévues plus tard cette année.
Le programme écologiste et d’extrême gauche du parti contient une série de mesures anti-israéliennes. Il préconise notamment le soutien à un embargo total sur les armes à destination d’Israël, un arrêt du partage de renseignements avec Jérusalem, et la levée de l’interdiction gouvernementale visant le groupe Palestine Action, qui avait été proscrit après que ses membres ont pris d’assaut une base militaire. Cette interdiction a récemment été invalidée par un tribunal, mais un appel a été déposé.
En septembre dernier, à l’occasion de leur congrès annuel, les Verts ont réaffirmé leur soutien au mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), ont adopté une motion désignant Israël comme un « État d’apartheid » et l’ont accusé de perpétrer un « génocide » à Gaza — ce qu’Israël rejette catégoriquement.
Polanski, pour sa part, a également accusé Israël de commettre un génocide à Gaza ; il a en outre appelé à l’arrestation du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, et a condamné les frappes aériennes « effroyables et illégales » menées par Israël contre les sites nucléaires et le programme de missiles balistiques de l’Iran pendant la guerre des Douze jours, au mois de juin 2025.
Polanski, qui a grandi dans un foyer qu’il décrit comme « très sioniste », a déclaré qu’Israël avait depuis « changé », et que lui-même n’était désormais « certainement pas sioniste ».
Vendredi, The Telegraph a fait état de messages échangés au sein d’un groupe de militants du Parti vert sur WhatsApp dépeignant les Juifs comme « une abomination pour cette planète », et suggérant que le récent incendie criminel qui a visé des ambulances appartenant à une organisation juive était en réalité une opération menée sous « faux pavillon ».
Selon le média, la deuxième journée du congrès de printemps du Parti vert, dimanche, prévoyait une session sur l’antisémitisme.
Cet événement a fait suite à l’incendie criminel qui a ravagé quatre ambulances appartenant à une organisation communautaire juive du nord de Londres, la semaine dernière, devant une synagogue, dans le cadre d’un crime de haine antisémite.
Cet incident est le dernier en date ciblant la communauté juive au Royaume-Uni. Le pays connaît une recrudescence de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre et la guerre qui s’en est suivie à Gaza.
En 2025, l’organisation caritative juive britannique Community Security Trust a dénombré 3 700 incidents antisémites, contre 1 662 en 2022.
Le 2 octobre 2025, lors de la fête juive du Yom Kippour, un attentat contre une synagogue de Manchester a causé la mort de deux personnes et en a gravement blessé trois autres.
En février, deux hommes ont été emprisonnés pour avoir comploté en vue de tuer des centaines de personnes en commettant une attaque inspirée par l’État islamique contre la communauté juive en Angleterre.
La semaine dernière, à Londres, deux ressortissants iraniens ont comparu devant un tribunal, accusés d’espionnage pour le compte de Téhéran sur plusieurs sites de la communauté juive, dont l’un accueillant une école primaire.
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