Georgia Meloni outrée après la libération d’un imam qui avait défendu le 7-Octobre
La cour d'appel autorise Mohamed Shahin à rester libre malgré l'ordre d'expulsion prononcé par le ministre de l'Intérieur ; le gouvernement devrait faire appel
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Mohamed Shahin, un imam égyptien à la tête d’une communauté musulmane à Turin, en Italie, a été remis en liberté, cette semaine, par un tribunal. Il avait été arrêté le mois dernier pour avoir défendu le pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
La décision prise par les juges a entraîné la colère de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a vivement critiqué la décision du tribunal dans une déclaration qui a été faite lundi.
« Nous parlons d’une personne qui a qualifié l’attaque du 7-Octobre d’acte de ‘résistance’, niant sa violence. A mes yeux, cela revient à justifier, voire à inciter au terrorisme », a écrit Meloni. « Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment nous sommes censés défendre la sécurité des Italiens si chaque initiative prise dans cet objectif est systématiquement annulée par certains juges ? »
Selon l’agence de presse italienne ANSA, Shahin avait été arrêté au mois de novembre et le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi avait ordonné son expulsion d’Italie en raison des propos tenus.
Un tribunal de Turin s’est toutefois prononcé, lundi, en faveur d’un appel interjeté par les avocats de Shahin, a rapporté l’agence, affirmant qu’il n’y avait pas de motifs justifiant son arrestation en termes de « sécurité publique ». Ses avocats ont également fait valoir que Shahin serait en danger s’il était renvoyé en Égypte dans la mesure où il a ouvertement critiqué le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi.
L’agence de presse a rapporté que Shahin avait été arrêté après avoir dit que le massacre commis par le Hamas, le 7-Octobre — des milliers de terroristes avaient pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes, et kidnappant 251 personnes qui avaient été prises en otage à Gaza — n’était ni une violation, ni un acte de violence.
Selon les médias italiens, le tribunal a rétabli le permis de séjour de Shahin après sa révocation sur ordre de Piantedosi. Le gouvernement devrait faire appel de cette décision.
L’agence de presse Agenzia Nova a signalé que Shahin, qui dirige une mosquée dans le nord de l’Italie depuis plus de dix ans, avait été arrêté le 24 novembre. Le tribunal a estimé que les accusations qui avaient laissé entendre qu’il avait été en contact avec des personnes condamnées ou qui faisaient l’objet d’une enquête pour terrorisme étaient « isolées et manifestement dépassées », a déclaré le média.
Le journal L’Unione Sarda a expliqué que la cour d’appel de Turin avait jugé que Shahin ne représentait pas un « danger concret et immédiat » et que, pendant ses deux décennies en Italie, il avait conservé un « casier judiciaire vierge ».
Le mois dernier, un groupe de manifestants à Turin avait vandalisé le siège du journal La Stampa, s’introduisant dans le bâtiment et le couvrant de graffitis tels que « Palestine libre » et « Journaux complices d’Israël ». Ils avaient accroché une banderole qui disait « Libérez Shahin », en référence à l’imam.
Le journal a précisé que les manifestants « ont crié ‘journalistes terroristes, vous êtes les premiers sur la liste !’, » et qu’ils « ont pris d’assaut la salle de rédaction et déchiré des livres et des documents précieux que nous utilisons quotidiennement pour notre travail ».
L’AFP a contribué à cet article.
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