Greta Thunberg prend la mer avec la flottille de Gaza pour briser le blocus naval israélien
Des militants sont partis du sud de l'Italie avec une aide humanitaire « symbolique » ; mutisme d'Israël au sujet du bombardement d'un navire près de Malte, le mois dernier
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Une flottille internationale transportant de l’aide humanitaire et des militants, dont la militante pour le climat Greta Thunberg et l’acteur de « Game of Thrones » Liam Cunningham, a quitté dimanche le port de Catane, dans le sud de l’Italie, dans l’espoir de rallier la bande de Gaza par la mer, au mépris du blocus naval d’Israël.
Baptis Madleen, le bateau, est exploité par la Coalition de la Flottille de la Liberté, ONG qui s’oppose au contrôle par Israël des accès maritimes à Gaza. Les organisateurs affirment que cette mission n’est « pas une mission caritative », notant qu’i s’agit ici d’une forme de protestation non-violente contre ce qu’ils qualifient de « siège illégal par Israël et de multiplication des crimes de guerre ».
Thunberg, qui s’est fait connaître partout dans le monde à l’adolescence pour son militantisme écologiste, a fondu en larmes lors d’une conférence de presse avant le départ.
« Nous faisons cela parce que, quelles que soient nos chances de réussite, nous devons continuer d’essayer. C’est quand nous cessons d’essayer que nous perdons notre humanité », a-t-elle déclaré. « Peu importe que cette mission soit dangereuse, elle l’est toujours moins que le silence du monde face à ces vies génocidées [sic]. »
Israël refuse catégoriquement le terme de « génocide », qu’il assimile à des formes modernes des diffamations de sang conçues dans le but d’ôter sa légitimité à l’État juif. Les autorités israéliennes assurent que le blocus naval, mis en place en 2007, est une mesure de sécurité qui a été prise pour lutter contre la contrebande d’armes destinées aux Hamas, l’organisation terroriste qui a la haute main sur Gaza.
La Flottille a déjà subi un revers en mai dernier : le navire Conscience a en effet essuyé les tirs de deux drones dans les eaux internationales alors qu’il se trouvait à proximité de Malte. L’ONG a mis en cause Israël mais Jérusalem s’est abstenu de tout commentaire.
Le Madleen transporte ce que la Coalition de la Flottille de la Liberté a présenté comme un volume « limité…et symbolique » d’aide humanitaire. Parmi la dizaine de bénévoles qui se trouvent à bord, on retiendra la députée franco-palestinienne Rima Hassan, interdite d’entrée en Israël, et le militant brésilien Thiago Avila.
Les militants estiment que le voyage prendra une semaine environ, à moins que le navire soit intercepté d’ici-là. Israël a, en effet, déjà arrêté des flottilles conçues pour briser son blocus naval.
Des informations font état de conditions humanitaires désastreuses à Gaza, près de 19 mois après le début de la guerre d’Israël contre le Hamas, déclenchée par le pogrom commis par le groupe terroriste le 7 octobre 2023 : une grande partie du territoire de l’enclave est en ruines et les Nations unies ont donné l’alerte contre le risque imminent de famine en l’absence d’un afflux plus massif de l’aide humanitaire.
La semaine dernière, Israël a accepté d’assouplir quelque peu le blocus en autorisant des livraisons limitées d’aide sous la supervision de l’ONU. Le dispositif alternatif de distribution de l’aide financé par Israël et les États-Unis – la Fondation humanitaire pour Gaza – est rejeté par les principales organisations humanitaires qui estiment qu’il n’est pas neutre et qu’il conduit au déplacement forcé de la population.
Dimanche dernier, Avila a expliqué que cette flottille était l’ultime avatar des initiatives internationales destinées à faire pression sur Israël.
« Nous nous attaquons au siège de Gaza par la mer, mais cela fait partie d’une stratégie plus vaste de mobilisation qui tentera également de briser le siège par voie terrestre », a-t-il ajouté en parlant de la « Marche mondiale vers Gaza », une manifestation qui est supposée atteindre le point de passage de Rafah depuis l’Égypte à la mi-juin.
Selon le gouvernement israélien, les actions militaires à Gaza ont pour seul but de démanteler le Hamas et d’obtenir la remise en liberté des 58 otages qui avaient été enlevés lors du pogrom du 7 octobre, une attaque sanglante qui avait fait 1 200 morts, essentiellement des civils. Le Hamas détiendrait toujours 20 otages en vie.
Israël avait réagi au massacre perpétré sur son sol en lançant une opération militaire intensive qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a tué plus de 52 000 Palestiniens. Or, ce ministère ne fait pas le distinguo entre civils et combattants : pour sa part, l’armée israélienne revendique un nombre important de morts parmi les combattants du Hamas.
Dimanche soir, les autorités israéliennes n’avaient pas pris publiquement position au sujet du départ de la flottille.
la Communauté du Times of Israël !







