Isaac Amit : les menaces proférées par Smotrich « franchissent une ligne rouge »
"À une époque où le débat public est féroce, il est d'autant plus important de maintenir strictement les limites du débat au sein des tribunaux", a déclaré le président de la Cour suprême
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Selon le président de la Cour suprême, Isaac Amit, les propos du ministre des Finances Bezalel Smotrich, selon lesquels le gouvernement « écrasera » Amit, s’inscrivent dans le cadre d’une tentative visant à saper le pouvoir judiciaire en Israël mais qui, a insisté mardi Amit, n’affaiblira ni les juges ni les tribunaux du pays.
Amit, dans une lettre adressée aux juges et aux fonctionnaires de l’ensemble du système judiciaire, les remercie pour les nombreux messages de soutien qu’il a reçus à la suite de ce qu’il a qualifié de « propos méprisants » de Smotrich, des propos qui, s’ils « ont franchi une ligne rouge », ne le feront toutefois pas changer d’avis.
« Bien que ces propos m’aient été adressés personnellement, leur portée est bien plus large. Leur objectif est de nuire à chacun d’entre nous, et en particulier à l’institution au service de laquelle nous travaillons. Le message implicite de ces propos, c’est la volonté d’affaiblir le statut et le rôle des tribunaux dans un État démocratique », a écrit Amit.
« À une époque où le débat public est féroce, il est d’autant plus important de maintenir strictement les limites du débat au sein des tribunaux. Notre mission est de conserver notre neutralité, et de veiller à ce que les tribunaux soient et restent un lieu de débat respectueux, inclusif et professionnel », a poursuivi le président de la Cour suprême.
Smotrich, pour sa part, a répondu que c’est Amit qui avait « franchi la ligne rouge » en « s’emparant du poste de président de la Cour suprême », faisant ainsi référence à la décision de la Haute Cour, à laquelle Amit n’a pas participé, qui ordonnait au ministre de la Justice Yariv Levin d’organiser un vote pour nommer un nouveau président après avoir refusé de le faire pendant 16 mois.
« Amit bafoue quotidiennement la loi, le peuple, la démocratie, la Knesset et le gouvernement », a ajouté Smotrich, refusant de désigner Amit par son titre de président de la Cour suprême, ou même de juge.
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