Rechercher

Israël accuse le Hamas d’utiliser un hôpital pour torturer des Palestiniens critiques

Netanyahu nie avoir accepté la présence de casques bleus à Gaza ; La Turquie, l'Égypte et le Qatar demandent au Conseil de Paix de faire pression pour cesser les frappes

L'hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 mars 2025, après qu'une partie du bâtiment a été touchée la veille, tuant le haut responsable du Hamas Ismail Barhoum. (Abed Rahim Khatib/Flash90)
L'hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 mars 2025, après qu'une partie du bâtiment a été touchée la veille, tuant le haut responsable du Hamas Ismail Barhoum. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Jeudi, Israël a accusé le Hamas de se servir d’un hôpital du sud de Gaza pour y torturer des Palestiniens afin de contenir l’« érosion des soutiens » au groupe terroriste dans la bande, alors que le plan promu par les États-Unis pour son désarmement est au point mort.

Selon ce plan, le Hamas est supposé déposer les armes en échange d’un retrait progressif de l’armée israélienne de l’enclave.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu refuse le principe de ce plan tant que le Hamas n’a pas totalement désarmé. Jeudi, il a nié avoir accepté la présence de forces internationales de maintien de la paix à Gaza.

Le Hamas a fait savoir qu’il acceptait le plan.

Jeudi, dans une déclaration conjointe, Tsahal et le Shin Bet ont indiqué que le groupe terroriste tentait par tous les moyens de garder le contrôle de la bande de Gaza en dépit de sa popularité en berne sur place, quitte à faire peur aux Palestiniens.

Le Hamas a « augmenté l’activité de ses appareils de sécurité et tente d’imposer son pouvoir par la peur, les interrogatoires et la torture », a indiqué l’armée israélienne.

L’armée et le Shin Bet ont déclaré qu’ils pouvaient désormais révéler des renseignements « montrant que l’organisation terroriste du Hamas se servait » de l’hôpital Nasser de Khan Younès pour « y pratiquer la torture et des interrogatoires ».

« Selon les informations en notre possession, dans le bâtiment Yassin, au deuxième étage des consultations externes de l’hôpital, il y a des interrogatoires menés par la sécurité intérieure et le renseignement militaire du Hamas », lit-on dans le communiqué. « En plus, le Hamas se sert de l’hôpital comme d’un centre de commandement, sans rapport avec sa fonction médicale, à des fins d’interrogatoires, de torture et de collecte d’argent. »

Tsahal a également déclaré que le Hamas utilisait un ancien bâtiment administratif de l’hôpital, reconverti en lieu de culte, comme centre d’interrogatoire.

Selon le communiqué, le Hamas continue de se servir de l’hôpital Nasser comme d’une « infrastructure militaire majeure », avec « des patients et des personnels soignants qui sont témoins de la présence permanente d’opérateurs du Hamas, certains masqués, en plusieurs endroits du complexe hospitalier ».

Tsahal estime que « le Hamas se sert de l’hôpital pour inspirer la peur, ce qui cause du tort aux patients, aux prestataires de services et au personnel soignant ».

Ce n’est pas la première fois qu’Israël apporte la preuve de l’utilisation régulière d’installations médicales par des groupes terroristes palestiniens, lesquels en font des bases opérationnelles du fait de leur statut protégé. Des otages israéliens ont également déclaré avoir été détenus à l’hôpital Nasser.

En début d’année, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières a déclaré avoir suspendu ses activités médicales non critiques à l’hôpital Nasser en raison de la présence d’hommes armés dans l’établissement. Et l’année dernière, le médecin et porte-parole de l’hôpital Nasser a laissé entendre qu’il avait été menacé par le Jihad islamique palestinien suite à son refus de laisser les membres du groupe terroriste entrer et utiliser à leur guise l’établissement hospitalier.

Des Gazaouis rassemblés devant l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 25 août 2025. (Crédit : AFP)

Israël a été vivement critiqué en raison de ses frappes et de ses activités militaires contre des hôpitaux qui, selon lui, sont utilisés par le Hamas et d’autres groupes terroristes. Le communiqué de jeudi est le signe que cette pratique est toujours d’actualité.

« L’utilisation d’infrastructures civiles pour des interrogatoires et pour des actes de torture est très répandue au sein de l’organisation terroriste du Hamas. Ces actions de l’organisation terroriste du Hamas sont constitutives d’une violation du droit international, lequel proscrit l’utilisation des hôpitaux à des fins militaires », lit-on dans la déclaration de Tsahal et du Shin Bet.

Tsahal a déclaré avoir informé les Gazaouis que le Hamas « craignait de perdre le contrôle de la bande de Gaza, et se servait donc des hôpitaux, écoles et autres installations civiles pour ses besoins ».

Netanyahu nie avoir accepté le déploiement de forces internationales

Face à la pression américaine pour faire avancer le plan de désarmement du Hamas et le retrait israélien, le cabinet de Netanyahu a souligné jeudi qu’Israël n’avait pas accepté le déploiement de la Force internationale de stabilisation à Gaza, contrairement à ce que des médias israéliens avaient laissé entendre. La Force internationale de stabilisation à Gaza est supposée se charger de la sécurité des zones dont Israël s’est retiré et de répondre à d’autres besoins sécuritaires et humanitaires.

« Contrairement aux informations des médias, les autorités politiques n’ont pas accepté la présence de la force internationale dans la bande de Gaza », indique le communiqué, avant d’ajouter qu’« Israël a clairement fait savoir qu’il n’y aurait pas de reconstruction de la bande de Gaza tant que le Hamas n’aurait pas totalement désarmé ».

Cette déclaration semble faire allusion à des images diffusées cette semaine par les médias israéliens montrant des militaires étrangers dans la région de Rafah, aux côtés de membres de Tsahal, ce que certains médias ont qualifié de premier déploiement de la Force internationale de stabilisation à Gaza.

Mardi, un responsable proche du dossier a déclaré au Times of Israel que ces images émanaient d’une « visite de reconnaissance préalable au déploiement » menée par des militaires de haut rang venus du Burundi et de l’Ouganda – ce dernier ayant annoncé début août l’approbation du déploiement de soldats à Gaza dans le cadre de la Force internationale de stabilisation à Gaza – lors de discussions préliminaires avec Israël.

L’envoyé spécial du Conseil de Paix, Nickolay Mladenov, et le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner (respectivement 2ᵉ et 3ᵉ à partir de la gauche), rencontrant le président Isaac Herzog (4ᵉ à partir de la gauche), en présence d’autres conseillers, à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Shalev Shalom)

Le mois dernier, des responsables israéliens ont déclaré que le cabinet de sécurité israélien avait voté des mesures permettant l’entrée limitée de la Force internationale de stabilisation à Gaza dans le cadre du plan soutenu par les États-Unis pour Gaza, incluant la présence de 200 soldats venus de « pays amis ».

L’envoyé américain Jared Kushner s’est rendu en Israël cette semaine et s’est entretenu avec Netanyahu et d’autres responsables du Conseil de Paix soutenu par les États-Unis — après avoir rencontré des responsables du Hamas en Égypte —, dans le but de provoquer des avancées dans le plan pour l’après-guerre. Kushner a semble-t-il quitté la région sans avancée majeure.

Malgré le rejet du plan par Israël, le Conseil fait malgré tout avancer la question de la Force internationale de stabilisation à Gaza, l’administration Trump ayant récemment informé le Congrès de l’envoi de plus de 206 millions de dollars pour cette force.

Jeudi toujours, la Turquie, l’Égypte et le Qatar — qui ont tenté de faire acte de médiation pour mettre fin à la guerre à Gaza — ont condamné les récentes frappes israéliennes dans la bande de Gaza et ils ont invité Israël à respecter ses obligations en ce qui concerne le cessez-le-feu et éviter les actions susceptibles d’aggraver les tensions.

« L’intensification des attaques israéliennes sape les efforts régionaux et internationaux à un moment critique, alors que d’intenses efforts sont en cours pour mettre en œuvre le Plan global de fin du conflit à Gaza », ont-ils déclaré.

La communauté internationale et le Conseil de Paix de Trump, lequel supervise le cessez-le-feu, doivent prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect des engagements et prévenir une nouvelle escalade, ont-ils ajouté.

Israël explique procéder à ces frappes, en dépit du cessez-le-feu, pour neutraliser les commandants du Hamas qui préparent des attentats contre ses soldats déployés à Gaza.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.