Israel Katz aurait nommé des alliés politiques non qualifiés comme consultants à la Défense
Une enquête de N12 affirme que le ministre aurait confié des postes à des proches du Likud, dont Yaïr Shalom, soupçonné de fraude, à l’approche des primaires du parti
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Le ministre de la Défense, Israel Katz, aurait nommé des militants de son parti et des alliés politiques à des fonctions professionnelles pour lesquelles ils ne sont pas qualifiés, en les recrutant comme consultants externes afin de contourner les procédures habituelles, selon un reportage diffusé lundi par N12.
Ce reportage a été diffusé à l’approche des primaires du Likud, le parti de Katz qui est dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il s’est notamment intéressé à des responsables du parti qui se sont présentés ou qui ont envisagé de se présenter à ces primaires, ou qui entretiennent des liens étroits avec des figures influentes du Likud.
Parmi eux, Yaïr Shalom, ancien conseiller politique de Gideon Saar, actuel ministre des Affaires étrangères, de Miri Regev, ministre des Transports, et ancien chef de cabinet de la ministre de l’Environnement Idit Silman. Selon N12, il travaillerait aujourd’hui pour Katz au quartier général militaire de la Kirya, à Tel Aviv.
Toujours selon le reportage, Shalom aurait été recruté alors qu’il faisait l’objet de soupçons de fraude à la carte de crédit. Une affaire le concernant, initialement classée, aurait depuis été rouverte. La chaîne affirme également qu’un tribunal l’aurait condamné à verser 50 000 shekels à une plaignante, somme qu’il n’aurait pas réglée malgré des saisies sur son salaire et son véhicule.
La plaignante, qui a été désignée par son initiale hébraïque Kuf, a confié à N12 que « cet homme m’a volé des dizaines de milliers de shekels. Il était sur OnlyFans et utilisait ma carte de crédit ».
Elle a ajouté que « tous les frais qu’il a engagés – et j’ai des preuves pour chacun d’entre eux – ont été effectués en utilisant le numéro d’identité de mon ex. Ce qui constitue un autre délit ».
« Je l’ai, bien évidemment, contacté pour lui demander de me rendre mon argent. Et il a prétendu avoir été appelé en réserve, alors qu’il se trouvait en réalité à l’étranger. »
En réponse au reportage, un communiqué publié au nom de Shalom a indiqué qu’il a été recruté au ministère de la Défense « à l’issue d’un processus de sélection professionnel et rigoureux, conformément aux exigences du poste », affirmant qu’« il n’a jamais été interrogé par la police ».
Le reportage s’est également penché sur des consultants recrutés par une administration présumée, au sein du ministère de la Défense, qui est chargée de « l’émigration volontaire » des Gazaouis, un projet lancé en 2025, dans le contexte des propositions du président américain Donald Trump évoquant un transfert de population depuis la bande de Gaza. (Selon les versions, le projet a été présenté soit comme volontaire ou temporaire, soit comme permanent – et il a été perçu comme étant imposé.)
La chaîne a cité le Movement for Freedom of Information, qui a affirmé avoir tenté d’obtenir des informations sur cette administration, dont l’existence même reste incertaine.
« Nous n’avons pas reçu de réponses, contrairement à ce que prévoit la loi sur la liberté d’information », a déclaré Heidi Negev, directrice de l’organisation. « Nous avons été contraints de déposer une plainte contre l’armée israélienne et le ministère de la Défense. »
Elle a ajouté que Tsahal leur avait répondu qu’aucun plan, aucune réunion, ni aucun budget n’avaient été consacrés à ce projet d’émigration volontaire. Le ministère de la Défense, pour sa part, a refusé de répondre aux questions du groupe.
Le reportage de N12 a toutefois affirmé avoir trouvé des « signe de vie », a-t-il dit, de ce bureau particulier, à travers des propos tenus par Shuki Ohana, responsable du Likud et ancien maire de Safed. Celui-ci aurait confié à des proches avoir « obtenu un poste au ministère de la Défense » et travailler sur « le jour d’après à Gaza », ajoutant que « nous planifions l’avenir là-bas ».
En réaction, un représentant d’Ohana a démenti qu’il travaille pour cette direction.
Le reportage a aussi mentionné Fateen Mulla, ancien député druze, qui a annoncé l’an dernier avoir été nommé conseiller de Katz. Il a déclaré à N12 travailler au sein d’une administration, dans le nor,d sur « la question de la Syrie et tout ce qui concerne la prise en charge des Druzes là-bas ».
D’autres postes auraient été attribués à des militants du parti, dont Moshe Revach et Mordechai Benita. Ce dernier aurait été recruté pour un projet lié à la frontière avec la Jordanie, doté d’un budget d’environ 5,5 milliards de shekels.
Dans un communiqué, le ministère de la Défense a affirmé que « les personnes mentionnées dans le reportage ne sont pas des fonctionnaires, mais des prestataires externes fournissant des services de conseil ».
Le ministère a assuré que leur sélection s’était faite « conformément aux procédures en vigueur, incluant l’approbation de la commission consultative », et que le ministre de la Défense « n’a pas été impliqué dans ces processus ».
Il a également précisé que le poste de Benita avait fait l’objet d’un appel d’offres public et qu’il avait été retenu en raison de « son expérience et de ses compétences », ajoutant que le ministre n’avait pas non plus été impliqué dans cette nomination.
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