Israël ne peut pas critiquer l’accord avec l’Iran, s’étant retiré du raid visant Soleimani – Trump
Le président américain a consacré une grande partie de la conférence de presse du G7 à fustiger Israël, qu’il a qualifié de "très petit partenaire", tout en s’en prenant à "ces soi-disant génies qui… n’ont pas frappé" le général iranien
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Mercredi, le président américain Donald Trump a laissé entendre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’était pas vraiment en mesure de critiquer le protocole d’accord qu’il a signé avec l’Iran, car le chef du gouvernement israélien se serait retiré d’une opération conjointe visant à éliminer le général iranien Qassem Soleimani en 2020.
Trump a fait cette remarque lors d’une conférence de presse qui a été organisée en marge du sommet du G7, où il a passé une grande partie de son temps à critiquer Israël, une habitude qu’il a prise ces derniers jours en raison de sa frustration face à la poursuite de la guerre d’Israël contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, ce qui a compromis les négociations entre les États-Unis et l’Iran.
Le président a commencé par réitérer ses critiques à l’encontre d’Israël qui s’était, semble-t-il, retiré d’une opération conjointe avec les États-Unis en 2020 qui avait visé à éliminer Soleimani, alors commandant de la Force Al-Qods, l’unité d’élite à l’étranger du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien.
Soleimani avait été tué lors d’une frappe de drone américaine tôt dans la matinée du 3 janvier 2020.
Trump avait raconté cette histoire à maintes reprises par le passé, mais il avait largement cessé de le faire après être devenu le candidat républicain à la présidence en 2024, moment où ses relations avec Netanyahu s’étaient considérablement améliorées.
« Israël a été formidable avec moi, mais ils n’avaient pas voulu mener cette attaque », a déclaré Trump.
« Tout était prêt la veille de l’attaque. Puis [Israël m’a dit] qu’ils ne voulaient pas le faire », a ajouté Trump, affirmant qu’il avait alors décidé de mener l’opération seul.
Il s’en est ensuite pris à ceux qui, selon lui, l’incitent à poursuivre le bombardement de l’Iran plutôt que de signer un accord pour mettre fin à la guerre.
« À tous ces soi-disant génies qui veulent me montrer à quel point ils sont intelligents, demandez-leur pourquoi ils n’ont pas fait sauter le général Soleimani », a lancé Trump, faisant très certainement référence à Israël.
Le président américain a ensuite réitéré ses critiques à l’encontre de Netanyahu concernant les frappes israéliennes contre le Hezbollah.
« Bibi Netanyahu est en fait un homme bien, mais il s’emballe un peu parfois », a déclaré Trump, tout en continuant à le qualifier de « Premier ministre extraordinaire ».
« Nous avons un petit différend au sujet du Liban. Je lui dis : ‘Tu peux y aller un peu plus en douceur, Bibi. Tu n’as pas besoin de raser un immeuble à chaque fois qu’un membre du Hezbollah y pénètre’ » a poursuivi Trump.
« Mais notre partenariat a été formidable. [Netanyahu] dira que [les États-Unis sont] le grand partenaire, et [Israël] le tout petit partenaire, et c’est vrai », a-t-il ajouté.
Israël a vivement critiqué le protocole d’accord pour plusieurs raisons – notamment pour son extension explicite du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran au Liban, une mesure à laquelle Jérusalem affirme ne pas être liée. La version finale du mémorandum reconnaît également la nécessité de garantir « l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban ».
Alors qu’il lui était demandé, lors d’un point presse téléphonique, si cela signifiait qu’Israël devait se retirer de la zone-tampon qu’il a créée dans le sud du Liban, un haut responsable américain a refusé de répondre directement, répétant que les États-Unis attendaient de l’Iran qu’il maîtrise le Hezbollah, faute de quoi le groupe terroriste devrait faire face à la poursuite des attaques israéliennes.
Ces derniers jours, le vice-président américain, JD Vance, aurait demandé à Netanyahu de se retirer progressivement du Liban, mais le Premier ministre israélien aurait refusé, tout en lui assurant que l’armée israélienne agirait de manière plus mesurée.
De son côté, Trump a réitéré, lors de la conférence de presse, son souhait que le gouvernement syrien naissant combatte le Hezbollah plutôt qu’Israël – une idée qui est extrêmement impopulaire à Damas, à Beyrouth et à Jérusalem.
Le président américain a ensuite semblé reconnaître qu’il y avait une certaine opposition à cette idée.
« Je ne sais pas si les gens veulent cela – peut-être que non. »
Quant à Netanyahu, Trump a fait valoir qu’il devait se réjouir de ce protocole d’accord car il signifiait « qu’ils ne vont pas se faire bombarder à l’aide d’une arme nucléaire ».
« J’ai dit à Bibi : ‘Le plus grand risque était qu’ils larguent une arme nucléaire au cœur d’Israël’ », a expliqué Trump.
« Réfléchis-y, Bibi. C’est la chose la plus importante que tu demandais », a poursuivi Trump.
« Je pense donc qu’ils [Israël] sont satisfaits. »
Israël semble toutefois fermement opposé à cet accord, car il ne comprend qu’un engagement de l’Iran à ne pas se doter de l’arme nucléaire. Au-delà de cela, tout ce que l’Iran a accepté, c’est de discuter de nouvelles concessions lors de négociations de suivi au cours des deux prochains mois, période durant laquelle il devrait bénéficier d’un allègement considérable des sanctions.
« Regardez le travail que nous avons accompli »
Outre la digression sur Soleimani lors de la conférence de presse, Trump a également vanté le travail accompli par son administration dans la bande de Gaza.
L’an dernier, les États-Unis avaient négocié un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages entre le Hamas et Israël – mais cet accord est au point mort, le groupe terroriste palestinien ayant refusé de mettre en œuvre la deuxième phase, qui exigeait qu’il renonce à ses armes. De son côté, Israël aurait violé les termes de la première phase concernant l’aide humanitaire, le retrait des troupes et l’arrêt des frappes dans l’enclave.
Trump a paru toutefois impressionné par les résultats obtenus.
« Regardez ce que nous avons accompli à Gaza. Le Hamas est resté très discret. Vous n’avez rien lu sur le Hamas », a-t-il déclaré, alors qu’Israël met en garde contre le fait que le groupe terroriste est en train de reconstituer ses forces dans la bande de Gaza.
« Ils naissent avec une mitraillette à la main, ce n’est donc pas la chose la plus facile, mais ils se sont plutôt bien comportés, étant donné que ce n’est pas le mode de vie qui leur a été enseigné », a ajouté Trump à propos du Hamas.
Une autre remarque, apparemment spontanée, a concerné les Émirats arabes unis, qui, selon Trump, auraient participé aux frappes aériennes contre l’Iran. À ce jour, Abou Dhabi n’a pas confirmé publiquement cette information.
Trump a fait l’éloge du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, le qualifiant de « guerrier incroyable ».
« Il larguait des bombes la semaine dernière. Je me suis dit : ‘Mais qui diable largue toutes ces bombes ?’ C’étaient les Émirats arabes unis », a-t-il déclaré.
Malgré les relations tendues qu’entretient Israël avec bon nombre de ses voisins en raison de désaccords sur ses politiques à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie, au Liban et en Iran, Trump a de nouveau exprimé son espoir que les pays de la région adhèreront aux Accords d’Abraham.
Le mois dernier, Trump avait menacé de ne pas signer d’accord avec l’Iran si les pays ne rejoignaient pas les Accords d’Abraham, bien qu’il soit revenu sur cette exigence.
Trump aurait déclaré à Netanyahu lors d’un entretien téléphonique au début du mois que « tout le monde déteste Israël » en raison de la manière dont il s’en prenait au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
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