Italie : La cheffe de l’opposition, dont le père est juif, soutient Meloni sur Israël et le pape
Elly Schlein a réaffirmé son opposition à une guerre contre l’Iran et elle a défendu la Première ministre contre Trump, saluant la suspension de l’accord de défense avec Jérusalem
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JTA – Jusqu’à récemment, Giorgia Meloni figurait parmi les alliées européennes les plus proches de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu, tout en étant une adversaire politique de la cheffe de l’opposition, Elly Schlein.
Cette configuration a évolué ces derniers jours : en désaccord avec Trump et Netanyahu, Meloni bénéficie désormais du soutien de Schlein, une responsable de gauche dont le père est un Juif américain.
À l’origine de ce repositionnement : la guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran et le pape.
Schlein a apporté son soutien à Meloni après que Trump s’en est pris à cette dernière pour avoir défendu le pape Léon XIV. Le souverain pontife avait déclaré vendredi que « Dieu ne bénit aucun conflit » et que les chrétiens ne devraient jamais se ranger du côté de ceux qui larguent des bombes. Cette critique a suscité une vive réaction de Trump, qui a affirmé dimanche que le chef de l’Église catholique était « nul en politique étrangère », l’accusant de « faire le jeu de la gauche radicale ».
Ces propos ont été très mal accueillis en Italie, où près des trois quarts de la population sont catholiques. Dans un communiqué publié lundi, Meloni a pris la défense du pape Léon, qualifiant les propos de Trump « d’inacceptables » et ajoutant que « le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et légitime qu’il appelle à la paix et qu’il condamne toutes les formes de guerre ».
La rupture entre Trump et Meloni marque un tournant dans leurs relations. Longtemps proche alliée du président américain en Europe, la dirigeante italienne a confirmé ce changement le lendemain en annonçant la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël.
« Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël », a déclaré Meloni aux journalistes à Vérone, ajoutant que « lorsque nous ne sommes pas d’accord sur certains points, nous agissons en conséquence ».
Trump n’a pas apprécié le refus de Meloni de céder à ses pressions pour que l’Italie rejoigne le conflit contre le régime de Téhéran et il l’a clairement fait savoir mercredi sur Fox News.
« Elle a été négative », a déclaré Trump. « Quiconque a refusé son aide sur l’Iran ne bénéficiera plus de la même relation avec nous, point. »
Dans un rare moment d’unité entre majorité et opposition en Italie, Schlein a apporté son soutien à Meloni.
Schlein dirige le Parti démocrate italien depuis 2023. Elle se dit « très fière d’être la fille d’un père juif », l’universitaire italo-américain Melvin Schlein, et elle affirme avoir été confrontée à l’antisémitisme, bien qu’elle-même ne soit pas juive.
Son père a grandi dans le New Jersey et il a vécu dans les années 1960 au kibboutz Nahal Oz – l’une des communautés qui ont été ravagées lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre de deux ans à Gaza. Il a rejoint sa fille dans sa critique de Netanyahu, tout en confiant à un journal italien que, si elle croyait en une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, lui n’y croyait pas.
Parent de Juifs assassinés pendant la Shoah, il a également déclaré qu’il s’inquiétait de la montée de l’antisémitisme en Europe, et que, bien qu’il partage globalement les opinions politiques de sa fille, il s’inquiète de voir certains membres de la gauche s’associer à la droite pour adopter des idées antisémites.
S’exprimant mercredi devant la Chambre des députés, Schlein a exprimé sa « condamnation la plus ferme » de « l’attaque de Trump contre Meloni pour avoir fidèlement exprimé sa solidarité avec le pape Léon ».
Elle a également réaffirmé son opposition à une guerre contre le régime iranien.
« Je tiens à réaffirmer que l’Italie est un pays libre et souverain, et notre Constitution est claire : l’Italie rejette la guerre », a déclaré Schlein sous des applaudissements nourris. « Aucun chef d’État étranger ne peut se permettre d’attaquer, de menacer ou de manquer de respect à notre pays et à notre gouvernement. Nous sommes peut-être adversaires dans cette chambre, mais nous sommes tous des citoyens italiens et des représentants des Italiens, et nous n’accepterons pas les attaques ou les menaces proférées à l’encontre de notre gouvernement et à l’encontre de notre pays. »
Schlein s’est également félicitée de la suspension de l’accord de défense et elle a appelé l’Italie à « cesser de faire obstruction » à la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne (UE), qui régit les relations commerciales et politiques entre les deux entités.
Cette semaine, une pétition lancée dans le cadre d’une initiative citoyenne européenne visant à mettre fin à cet accord a atteint le million de signatures requis pour déclencher un réexamen formel par la Commission européenne.
« Nous, ainsi que d’autres forces progressistes, réclamons cela depuis un certain temps, car la dignité de ce pays se mesure aussi à son respect du droit international », a déclaré Schlein.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a rejeté cette suspension. Bien que l’Italie soit le troisième exportateur d’armes vers Israël, après les États-Unis et l’Allemagne, elle ne représentait que 1,3 % des importations d’armes israéliennes entre 2021 et 2025, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.
« Nous n’avons aucun accord de sécurité avec l’Italie. Il s’agit d’un mémorandum d’entente ancien, sans contenu substantiel », a indiqué le ministère. « Cela n’aura aucune incidence sur la sécurité d’Israël. »
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