Jacob Reses, le chef de cabinet juif de Vance, quitte l’administration américaine
Reses, qui avait commencé à travailler pour Vance pendant la campagne pour le Sénat, est sans doute le responsable juif le plus proche de l'entourage du vice-président ; selon Witkoff, "nous n'avons pas fini d'entendre parler de lui"
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JTA — Jacob Reses, le chef de cabinet juif du vice-président américain JD Vance, va quitter l’administration américaine à la fin de l’été, a confirmé jeudi une source auprès de la Jewish Telegraphic Agency.
Reses, qui occupait ce poste depuis l’entrée en fonction de Vance et du président Donald Trump au mois de janvier 2025, est peut-être le responsable juif le plus proche de Vance.
Il entretient des relations étroites avec le vice-président depuis la campagne sénatoriale qui avait été menée par Vance en 2022 dans l’Ohio.
Une source proche du dossier a confirmé l’information initiale de NBC News – qui avait fait savoir que Reses avait informé Vance de sa décision il y a plusieurs mois, après que sa femme est tombée enceinte.
Vance a déclaré jeudi dans un communiqué qu’il « lui manquera beaucoup mais qu’il ne sera pas loin », ajoutant qu’il « compte bien continuer à solliciter ses conseils jusqu’à ce que leurs chemins se croisent à nouveau ».
Il est difficile de dire quels sont les projets de Reses pour l’avenir.
Vance s’est récemment attiré les foudres de certains Juifs républicains qui lui ont reproché de refuser de s’attaquer à l’antisémitisme qui sévit au sein de la droite – évoquant notamment l’ancien animateur de Fox News Tucker Carlson. (Le fils de Carlson fait également partie de l’équipe de Vance.)
Un portrait qui avait été diffusé au mois de mars dans le New York Magazine avait laissé entendre que Reses adhérait à l’approche de Vance. Il avait révélé que Reses utilisait son compte X privé pour amplifier les voix appelant les Juifs à embrasser, plutôt qu’à résister, au courant nationaliste chrétien qui déferle au sein du Parti républicain.
« Reses a été à mes côtés tout au long de ma carrière dans la vie publique », a expliqué Vance dans un communiqué.
« Je ne peux pas imaginer ce parcours qui a changé ma vie sans lui », a-t-il ajouté. « Dès le premier jour de mon mandat de sénateur élu, je n’aurais pas pu rêver d’un conseiller et d’un ami plus loyal, et d’un chef de cabinet plus perspicace ».
Le lien personnel entre les deux hommes était apparu au grand jour au mois de janvier,quand Vance avait assisté au mariage de Reses avec Rachel Altman dans une synagogue de Rockville, dans le Maryland, prononçant une prière juive sous la houppa.
Le mouvement Habad de l’université de Princeton, l’alma mater de Reses, avait diffusé une photo du couple avec le vice-président, célébrant l’événement comme une expression de la fierté juive.
Cette proximité et l’alignement supposé de Reses sur les positionnements de Vance concernant la problématique de l’antisémitisme de droite n’avaient pas empêché Reses de devenir la cible des antisémites. À une occasion, un site nationaliste blanc avait publié un article à son sujet sur internet, article qui était intitulé « Un nouveau clou dans le cercueil — Un Juif dirige J. D. Vance ».
Un portrait qui avait été réalisé par la Jewish Telegraphic Agency en 2024, quand Vance avait été choisi comme colistier de Trump, avait retracé l’identité juive de Reses et son parcours, depuis son adolescence dans le sud du New Jersey – où il était un adolescent juif plutôt démocrate dont le grand-père avait échappé à la Shoah en Lituanie – jusqu’à son statut de conservateur parmi les plus influents à Washington.
Il avait fait des stages auprès d’Hillary Clinton et de John Kerry – avec une conversion politique soudaine qui était survenue à Princeton, suivie de passages à la Heritage Foundation, au Daily Caller de Tucker Carlson et au bureau du sénateur du Missouri, Josh Hawley.
Reses avait confié à un journaliste que ses conversations avec ses mentors l’avaient amené à changer de perspective. Il avait commencé à croire que le Parti républicain « donne une voix aux Américains privés de leurs droits sur des questions telles que l’Obamacare et l’immigration ».
Jeudi, des dirigeants républicains et des responsables de l’administration Trump ont fait l’éloge de Reses dans des déclarations qui ont été transmises à la JTA.
« Jacob Reses a été un collaborateur d’une valeur inestimable, loyal et de confiance pour le vice-président Vance et pour le président Trump », a affirmé Matt Brooks, PDG de la Coalition juive républicaine (RJC). « En tant que Juif américain et fier de l’être, en tant qu’homme dont l’histoire familiale porte le poids de l’histoire de notre peuple, Jacob a apporté à la fois conviction et clarté à l’un des rôles les plus importants à Washington ».
Brooks a ajouté que la RJC n’avait « aucun doute qu’il sur le fait qu’il continuera à jouer un rôle essentiel à l’avenir ».
Le secrétaire d’État Marco Rubio, considéré comme un rival potentiel de Vance pour l’investiture présidentielle de 2028, a déclaré que Reses avait servi Vance et l’ensemble de l’administration « avec distinction », et qu’il « comprenait la situation dans laquelle nous nous trouvons, utilisant chaque jour qui passe pour obtenir des résultats pour le président ».
Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient, a noté sa fierté d’avoir eu Reses « à ses côtés pour négocier certains des accords les plus difficiles pour le président ».
« Ne vous laissez pas tromper par Jacob : sous ses airs aimables, c’est un fin stratège », a déclaré Witkoff. « Ce fut un plaisir de faire sa connaissance par l’intermédiaire du vice-président, et nos aventures à l’étranger, d’Israël au Pakistan, ont été historiques ».
Il a ajouté : « Nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui ».
Asaf Elia-Shalev a contribué à cet article.
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