Jared Moskowitz, dernier élu juif américain en date à déplorer des menaces antisémites
Le démocrate de Floride a donné un aperçu des nombreux messages de haine qu'il reçoit, depuis "Le gouvernement américain doit tuer les Juifs" jusqu'à "Sale porc de Juif sioniste"
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JTA — Les messages que le député de Floride Jared Moskowitz a déclaré avoir reçus à son bureau regorgent d’obscénités, d’appels à « tuer les Juifs » et de mises en garde envers le démocrate de Floride qui va « y passer ».
Vendredi, lors d’une interview avec Sara Sidner, sur CNN, Moskowitz a donné un aperçu de ces messages vocaux, dénonçant la forte recrudescence de l’hostilité antisémite à l’encontre des législateurs juifs depuis le début de la guerre à Gaza en 2023, ce qui, selon lui, est le reflet plus global de la banalisation du discours antisémite au sein de la vie publique américaine.
« Il semble, Sara, que nous ayons désormais franchi le Rubicon avec ces menaces antisémites », a déclaré Moskowitz. « Avant, on voyait de temps en temps une croix gammée sur un bâtiment, et de temps en temps, quelqu’un disait quelque chose en ligne. Maintenant, c’est tous les jours, tout le temps, sur les podcasts, en ligne, dans les médias, dans les couloirs du Congrès. Ils s’en prennent aux Juifs. »
CNN a diffusé plusieurs messages illustrant les propos de Moskowitz, Sidner avertissant les téléspectateurs que ce qu’ils allaient entendre était « profondément gênant ».
Moskowitz, qui est juif, a déclaré que cette vague de menaces l’avait contraint à solliciter une présence policière devant son domicile, 24 heures sur 24, depuis qu’un homme a été condamné à de la prison pour avoir comploté en vue de le tuer, en novembre 2024.
« Le gouvernement américain doit tuer les Juifs, vous devez tuer ces putains de sales Juifs, tuer chaque putain de salaud de sioniste », entend-on dire une personne dans l’un des messages vocaux. « Le sionisme est une trahison envers ‘nous, le peuple’, dans notre Constitution américaine. Il faut tuer Israël. »
Antisemitism is mainstream. It’s being ignored or worse rationalized. Propaganda spreads as fast as you can post it. We are in a war against time before it’s too late. We need good people to stand up and speak out. pic.twitter.com/7z8XyWOEH3
— Congressman Jared Moskowitz (@RepMoskowitz) May 18, 2026
Un autre interlocuteur a laissé ce message : « Hé, espèce de sale porc de juif sioniste. Et si on arrêtait de donner de l’argent à Israël ? De financer Israël, de voler encore plus notre argent pour le donner à Israël. Qu’Israël aille se faire foutre, qu’ils brûlent tous jusqu’au dernier. Vous allez y passer aussi, monsieur. »
Moskowitz est loin d’être le seul législateur juif à signaler une augmentation rapide du nombre de menaces et de harcèlement antisémites ces dernières semaines et les deux grands partis sont soumis à des tensions internes à propos de la manière de gérer l’antisémitisme au sein de leurs rangs. Par ailleurs, la colère à l’égard d’Israël et de la guerre contre l’Iran attire davantage l’attention sur les Juifs américains à un moment de regain des violences politiques aux États-Unis.
« Ce n’est plus une question de républicains ou de démocrates », a déclaré cette semaine à Axios le représentant Max Miller, un républicain juif de l’Ohio. « Les deux extrêmes de nos partis sont des cinglés qui détestent les Juifs. »
Miller a reçu un message lui disant : « L’antisémitisme est en hausse parce que vous pensez que vous possédez ce putain de monde », selon Axios, qui a précisé que l’auteur de l’appel avait ajouté : « Tous les p*** de jours, l’un d’entre vous se fera descendre. »
Parmi les messages mis en avant par un récent article d’Axios sur le phénomène figure une lettre adressée au député démocrate new-yorkais Jerry Nadler, dans laquelle un électeur écrit : « Hitler avait tout à fait raison, à 100 %, vous êtes de la vermine, bande de salauds de Juifs, bande de youpins. » Dans un message vocal laissé au bureau du député démocrate de l’Ohio Greg Landsman, quelqu’un a déclaré : « Je n’aime pas les Juifs, et ce député n’a qu’à aller se faire foutre. »
Les législateurs affirment que le phénomène est nouveau.
« Je n’ai jamais rien vu de tel depuis le début de ma carrière dans la fonction publique », déclarait au New York Times, le mois dernier, le député juif californien Brad Sherman. « C’est comme si on avait fait passer le volume de 2 à 10. »
Cette vague de menaces antisémites s’est également propagée dans le monde réel : l’an dernier, Miller avait fait savoir qu’un homme avait tenté de le faire sortir de la route tout en le traitant de « sale Juif ». Et l’année dernière, un homme a mis le feu à la résidence du gouverneur juif de Pennsylvanie, Josh Shapiro, quelques heures après que sa famille y eut organisé un seder de Pessah.
« Nous avons besoin que les gens bien disent quelque chose », a déclaré Moskowitz lorsque Sidner lui a demandé quel message il fallait envoyer face à la montée de la rhétorique antisémite contre les législateurs.
« Il y a des gens qui, peut-être, ne sont pas d’accord avec la politique américaine, qui n’aiment peut-être pas le dirigeant d’un pays, mais ils ne devraient pas laisser les antisémites s’immiscer dans leur mouvement », a déclaré Moskowitz. « Ils ne devraient pas cautionner ce genre de comportement, sous prétexte de marquer des points en politique. Cela devrait aller de soi. »
Les propos de Moskowitz font écho au débat sur la banalisation des propos antisémites en politique américaine, à gauche comme à droite, les législateurs juifs et organisations de surveillance appelant l’attention sur le fait que ces mots, autrefois marginaux, avaient tendance à se généraliser.
La semaine passée, le candidat au Sénat du Texas James Talarico a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il ne ferait pas campagne avec Maureen Galindo, une candidate démocrate au Congrès, au Texas, qui, entre autres propos provocateurs, a dit souhaiter ouvrir une « prison pour les sionistes américains ». Talarico a déclaré dans un communiqué que « les discours antisémites n’avaient rien à faire dans notre vie politique ».
Mercredi dernier, William, le fils du sénateur Rand Paul, a présenté ses excuses après avoir tenu à plusieurs reprises des propos antisémites à l’encontre du représentant républicain de New York, Mike Lawler, qui n’est pas juif, allant jusqu’à traiter les Juifs d’ « anti-américains ».
Moskowitz a déclaré à CNN qu’il était tout à fait possible de critiquer le gouvernement israélien et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais que les messages vocaux laissés à son bureau montraient « la vitesse à laquelle on passe du sionisme aux Juifs et d’Israël aux Juifs ».
« Si vous n’aimez pas Netanyahu, pas de problème, allez-y, critiquez-le autant que vous voulez », a conclu Moskowitz. « Mais ne laissez pas entrer dans votre camp des gens dont vous savez qu’ils menacent de tuer ma famille ou mes enfants. »
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