Joe Kent laisse entendre qu’Israël aurait tué Charlie Kirk pour provoquer la guerre contre l’Iran
Quelques jours après sa démission, sous enquête pour avoir révélé des informations classifiées, l'ex-chef de la lutte antiterroriste a ajouté, devant Tucker Carslon, sa voix au débat à droite sur Israël et l'antisémitisme
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JTA — Après avoir démissionné cette semaine pour ce qu’il a qualifié de manipulation du président américain, Donald Trump, par Israël pour faire la guerre contre l’Iran, l’ancien directeur national de la lutte antiterroriste, Joe Kent, insinue désormais qu’Israël aurait tué Charlie Kirk, là encore pour faire pression.
Kent a tenu ces propos lors de son passage, mercredi soir, dans le podcast de Tucker Carlson, au moment-même où le FBI ouvrait l’enquête pour établir dans quelle mesure Kent avait ou non révélé des documents classifiés. Il devait également participer jeudi soir au gala « Les catholiques pour les catholiques » avec la podcasteuse controversée Candace Owens à l’origine de théories du complot antisémites, et admiratrice de Kent.
« Quand l’un des conseillers les plus proches du président Trump, qui milite ouvertement pour que nous ne fassions pas la guerre à l’Iran et que nous repensions, a minima, notre relation avec les Israéliens, est assassiné en public, sans que nous ayons le droit de poser de questions là-dessus, c’est un élément à prendre en considération », a déclaré Kent à Carlson au sujet du meurtre de ce commentateur d’extrême droite en 2025.
Il n’a pas donné plus de précisions sur ce qu’il a qualifié de « question demeurée sans réponse », si ce n’est en faisant référence à des textos entre Kirk et des donateurs pro-Israël, déjà rendus publics. Pourtant, les propos de Kent, qui laissent aussi entendre une possible relation entre Israël et la tentative d’assassinat de Trump, en 2024, à Butler, en Pennsylvanie, apportent de l’eau au moulin des figures comme Carlson ou Owens.
Des arguments qui figurent par ailleurs dans sa lettre de démission, dans laquelle il a affirmé qu’Israël a « monté de toutes pièces » la guerre en Irak et la guerre civile syrienne — des accusations qu’il a reprises avec vigueur lors de son interview avec Carlson.
Les propos de Kent alimentent l’inquiétude des Juifs américains de l’autre parti qui craignent que de tels propos ne favorisent l’antisémitisme.
« Nous avions déjà réuni un certain nombre d’indices », a déclaré Kent à Carlson en rappelant que c’était le rôle de son ex-service d’enquêter sur les « relations avec l’étranger » dans des affaires comme celle du meurtre de Kirk, avant que les autorités supérieures ne lui ordonnent d’arrêter. « Il y avait encore du travail à faire pour prouver l’ingérence étrangère. »
L’alignement de Kent avec Carlson — un proche de Kirk qui avait utilisé son podcast pour promouvoir des théories du complot sur Israël et les mouvements juifs, dont celui du Habad — ainsi qu’avec Owens, illustre les divisions toujours plus vives au sein de l’administration Trump et de ses partisans au sujet du soutien à Israël et de la tolérance envers l’antisémitisme. Ces divisions sont plus accrues encore depuis le début de la guerre contre l’Iran.
Selon Semafor, l’enquête du FBI sur Kent, ex-député lié par le passé au streamer et antisémite revendiqué Nick Fuentes, concernerait la révélation indue d’informations classifiées, juste avant sa démission.
Le vice-président JD Vance, s’exprimant dans le Michigan mercredi, a rendu un hommage prudent à Kent tout en affirmant qu’il acceptait sa démission.
« Je connais un peu Joe Kent. Je l’aime bien », a déclaré Vance depuis une usine, à Auburn Hills. Mais, a-t-il ajouté, « Lorsque le président des États-Unis prend une décision, c’est votre rôle d’aider à faire qu’elle soit aussi efficace et réussie que possible… Si vous faites partie de l’équipe et que vous ne pouvez pas mettre en œuvre les décisions de l’administration, que vous lui niez le droit de prendre ces décisions, alors c’est préférable de démissionner. »
Déjà critiqué pour son refus de prendre fermement position contre l’antisémitisme à droite, Vance n’a pas réagi aux affirmations de Kent selon lesquelles Israël aurait manipulé Trump pour le faire entrer en guerre.
Le vice-président a toutefois pris le temps, lors de son discours, de rendre hommage à Temple Israel, la synagogue voisine de West Bloomfield dont les agents de sécurité ont déjoué un attentat terroriste la semaine passée.
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