Joshua Zarka : La France n’a pas contribué à l’accord de cessez-le-feu – au contraire
La politique d'Emmanuel Macron et l'initiative franco-saoudienne "n'ont fait que repousser, justement, le processus du début de la fin de cette terrible guerre", a déclaré l'envoyé d'Israël en France
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L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, est intervenu dans l’émission « Le Débat » sur la chaîne i24 News, le 16 octobre, pour évoquer le rôle de la France dans la conclusion de l’accord de cessez-le-feu qui a été finalisé entre Israël et les terroristes palestiniens du Hamas dans le cadre de la guerre à Gaza, accord qui a ouvert la porte à la remise en liberté des otages israéliens.
Un plan en 20 points de Trump, intitulé « Plan global pour mettre fin au conflit à Gaza », avait été rendu public par la Maison Blanche peu avant une conférence de presse conjointe de Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui était alors en visite à Washington – et qui avait confirmé l’acceptation de la proposition par Israël, le 29 septembre 2025.
Alors qu’il lui était demandé si la France avait joué un rôle dans la finalisation de l’accord, l’ambassadeur israélien en France a déclaré devant les caméras de i24News que, contrairement à ce qu’ont pu affirmer les services de la diplomatie française, l’accord de cessez-le-feu avait été conclu « malgré la politique du président français, malgré la politique qui a été mise en œuvre par la France » – et non pas « grâce » à cette dernière.
Le président français Emmanuel Macron avait annoncé, au mois de juillet, que la France allait reconnaître un État palestinien au cours d’un sommet organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à l’initiative de Paris et de Ryad. D’autres pays occidentaux lui avaient emboîté le pas : le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie avaient fait savoir qu’ils allaient, eux aussi, reconnaître officiellement un État de Palestine, et six autres pays devaient faire de même.
Cette démarche avait été âprement critiquée par Israël – et Macron l’avait justifiée, le 18 septembre, lors d’un entretien accordé à la chaîne d’information N12. Il avait alors confié que « l’approche de votre gouvernement, de quelques ministres particulièrement, est de détruire la possibilité d’une solution à deux États ». Il avait estimé qu’Israël était en train de « détruire totalement » son « image et sa crédibilité » dans l’opinion publique mondiale, en raison des pertes civiles à Gaza.
Il avait estimé que si « le Hamas doit être détruit, démantelé », « l’approche militaire » n’était « pas suffisante ».
« La reconnaissance d’un État palestinien est la meilleure manière d’isoler le Hamas », avait-il assuré, soulignant que le groupe terroriste « ne veut pas de la solution à deux États, mais veut vous détruire ».
Abordant le rôle tenu par l’Élysée et par le Quai d’Orsay dans la conclusion de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, Zarka avait ajouté : « Je sais que certains aimeraient dire que oui, la politique française a aidé ». Mais « nous savons exactement que le Hamas a vu dans la politique française une opportunité de continuer la guerre et que c’est seulement après que le président Trump a dit de façon très claire que si la guerre continuait, que si le Hamas n’acceptait pas la proposition qui était sur la table, l’alternative serait terrible pour le Hamas. Et donc c’est seulement cela qui a arrêté [la guerre], et bien sûr la pression militaire qui a été due à notre [armée], nos plans de conquérir la ville de Gaza ».
« C’est ces deux éléments, une espèce de mouvement de pinces » qui a permis de mettre un terme au conflit, a-t-il expliqué.
« C’est seulement ça qui a permis de conclure le cessez-le-feu – c’est d’un côté, une pression diplomatique grâce aux initiatives de Trump, et de l’autre côté une pression militaire grâce à nos soldats et à notre armée », a-t-il répété. « L’initiative du président Macron, la soi-disant initiative franco-saoudienne, n’a fait que repousser le délai justement du début de la fin de cette terrible guerre ».
Enfin, il s’est dit pessimiste au sujet de la restitution des dépouilles d’otages, estimant « que le Hamas ne transférera pas tous les corps » car « ce serait pour lui la défaite ultime ».
À l’heure de publication, onze corps d’otages sont toujours entre les mains du Hamas, dont celle du soldat Hadar Goldin, enlevée lors de l’Opération Bordure protectrice de l’été 2014.
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