Katz: l’ex-procureure générale militaire doit perdre tous ses avantages suite à l’affaire Sde Teiman
Pour justifier sa décision, le ministre de la Défense a invoqué la possibilité que Tomer-Yerushalmi soit condamnée à l’avenir et qu’elle doive répondre de ses actes devant la justice
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré dans un communiqué adressé aux médias que le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, devait retirer à l’ancienne procureure générale militaire Yifat Tomer-Yerushalmi toutes ses prestations financières.
En mai, Zamir avait officiellement démis de ses fonctions Yerushalmi suite à son implication dans le scandale des fuites concernant Sde Teiman.
L’armée avait à l’époque annoncé que Yerushalmi continuerait de percevoir une pension militaire, mais qu’elle perdrait son droit à la prime que les chefs d’état-major accordent traditionnellement aux officiers supérieurs à la fin de leur service.
Dans la matinée de jeudi, Ynet a rapporté que le comptable général du ministère des Finances avait gelé la majeure partie de la pension de Yerushalmi, en contradiction avec la décision de Zamir, dans le cadre de la procédure pénale en cours à l’encontre de l’ancienne procureure générale de l’armée.
À la suite de cette information, Katz a précisé que « toutes les voies de recours possibles contre la procureure générale militaire destituée doivent être épuisées. Aucune décision ne doit en aucun cas être prise à l’heure actuelle qui pourrait alléger sa situation, compte tenu de la possibilité qu’elle soit condamnée à l’avenir et qu’elle doive répondre de ses actes devant la justice. Je vous demande d’agir en vertu de l’autorité qui vous est conférée et de la politique que j’ordonne en tant que ministre de la Défense responsable de l’armée israélienne au nom du gouvernement d’Israël. »
« Des mesures immédiates doivent être prises pour priver la procureure générale militaire destituée, Yifat Tomer-Yerushalmi, de tous ses avantages financiers », a-t-il instamment demandé à Zamir dans le communiqué transmis aux journalistes par son cabinet.
Cette fuite d’images filmées au centre de détention de Sde Teiman, qui avait fait scandale en Israël et dont Tomer-Yerushalmi avait reconnu être à l’origine, avait concerné une séquence portant sur des violences présumées qui avaient été commises par des soldats israéliens à l’encontre de prisonniers palestiniens. Sur une vidéo, des militaires apparaissaient en train d’emmener un détenu à l’écart – il était allongé face contre terre – l’entourant ensuite de boucliers anti-émeutes pour soustraire aux regards les violences commises par les troupes. Le prisonnier avait ensuite été pris en charge par les médecins, dans un état grave.
Les procureurs militaires avaient ensuite déposé un acte de mise en examen contre cinq réservistes concernant ces violences. L’acte précisait que les cinq militaires avaient frappé et agressé violemment le détenu après son transfert au centre de détention, en date du 5 juillet 2024, entraînant de graves blessures, notamment des côtes cassées et une déchirure au rectum.
L’enquête très médiatisée sur ces abus avait suscité l’ire des politiciens de la coalition, des ministres du gouvernement et des militants de droite.
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