La Californie porte plainte contre le district scolaire d’Oakland, qui refuserait de lutter contre l’antisémitisme
Selon le département de l'éducation californien, le district n'a ni envoyé de courrier aux familles et membres de son personnel pour dénoncer l'antisémitisme ni organisé de formations ou d'assemblées étudiantes
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JTA — Selon la plainte déposée cette semaine par le Département de l’Éducation de Californie, un grand district scolaire desservant Oakland, en Californie, fait obstruction aux mesures prises par l’État contre l’antisémitisme sur les campus.
En janvier dernier, le Département a donné pour instruction au district scolaire unifié d’Oakland d’envoyer un courrier aux familles et membres de son personnel pour condamner l’antisémitisme et de prendre une série de mesures. Or, selon la plainte, le district n’a rien fait de ce qui lui était demandé avant la date limite du 1er mars.
Lundi dernier, l’État a donc porté plainte devant la Cour supérieure du comté d’Alameda afin d’obtenir une ordonnance obligeant le district à se conformer à ses obligations.
« Le district scolaire unifié d’Oakland a … a refusé d’obtempérer, ce qui est contraire à la loi, et n’a pas mis en œuvre les mesures correctives », lit-on dans la plainte.
Le porte-parole du district scolaire unifié d’Oakland a déclaré au San Francisco Chronicle que le district avait pour habitude de ne pas commenter les litiges en cours.
Ce différend place les écoles d’Oakland au cœur d’un débat plus large, celui qui questionne, au niveau national, sur la façon dont les enseignants doivent aborder l’antisémitisme depuis la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. Certains estiment que les élèves juifs ont besoin d’être mieux protégés face à la montée des actes antisémites alors que d’autres soutiennent que les mesures contre l’antisémitisme brouillent la frontière entre antisémitisme et critique d’Israël ou du sionisme, ce qui a des répercussions sur la liberté d’expression.
En plus des lettres à envoyer dans tout le district pour condamner l’antisémitisme, l’État avait donné pour instruction de mettre en place une formation à destination des personnels des écoles sur la non-discrimination et l’activité politique et de faire une présentation publique sur le sujet lors d’une réunion du conseil scolaire.
L’État avait par ailleurs exigé que le district organise des assemblées d’élèves dans quatre écoles — l’American Indian Model Schools, la Thornhill Elementary, la Montera Middle School et l’Oakland Technical High School — pour parler de la Shoah, de la signification de la croix gammée et des torts que cause cette imagerie antisémite.
Ce différend a pour origine plusieurs plaintes pour actes antisémites déposées par l’avocate d’Oakland Marleen Sacks au nom de l’Oakland Jewish Alliance, un groupe communautaire formé après le pogrom du 7 octobre 2023 en Israël.
Suite à enquête, l’Oakland Unified a publié, en décembre dernier, un rapport au sujet de 17 plaintes. Le district en a conclu que des discriminations à l’encontre de personnes juives ou israéliennes avaient effectivement eu lieu et que certaines pratiques du district avaient contribué à l’émergence d’un environnement discriminatoire, que ce soit des affiches pro-palestiniennes exposées sur les campus, des enseignants utilisant des supports pédagogiques présentant la guerre de Gaza de façon unilatérale ou encore les personnels utilisant les ressources scolaires pour promouvoir un plaidoyer politique.
Le district a par ailleurs constaté que des graffitis antisémites étaient apparus sur le terrain de l’école et que des plaintes pour antisémitisme n’avaient pas été traitées avec la diligence requise.
Les autorités scolaires de l’État sont intervenues après avoir examiné les conclusions du district et en ont conclu que les mesures proposées par le district pour y remédier étaient insuffisantes.
Dans le communiqué publié pour faire état de sa plainte, Sacks a dit espérer que l’intervention de l’État force le district à lutter contre des discriminations répétées qui font du tort aux élèves juifs.
« Cela fait des années que le district discrimine délibérément les étudiants juifs et israéliens et bafoue leurs droits », lit-on dans ce communiqué.
Au-delà de cette seule affaire, les établissements scolaires ou universitaires californiens font l’objet d’attaques antisémites depuis le pogrom commis par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza qui s’en est suivis.
Le mois dernier, le Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law et le groupe de défense StandWithUs ont porté plainte chacun de leur côté contre l’État de Californie, son Département de l’Éducation et plusieurs districts scolaires pour non-protection des élèves juifs contre le harcèlement et les discriminations. Selon eux, l’antisémitisme est désormais répandu dans les établissements scolaires publics de Californie, ce qui selon eux exige une intervention fédérale.
la Communauté du Times of Israël !








