La Californie vote un texte visant à reconnaître le « judaïsme » comme une origine ethnique
D'autres projets de loi interdisent la diffusion de fake news dans les guides électoraux et empêchent les organismes publics d'organiser des événements majeurs lors des fêtes religieuses
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JTA — La Californie s’apprête à devenir le premier État à reconnaître l’identité « juive » comme une identité ethnique et raciale, les législateurs ayant donné lundi leur accord définitif à cette loi novatrice.
Le projet de loi SB 1387, qui élargirait la définition de l’ethnicité « pour y inclure l’identité juive » dans la collecte de données démographiques, sera désormais soumis au gouverneur. Si ce texte est promulgué, les formulaires des agences de l’État permettant de déclarer volontairement son appartenance ethnique ou raciale devront également proposer l’option « juif ».
L’Assemblée de l’État et le Sénat ont tous deux donné leur accord définitif au projet de loi dans les dernières heures de la session législative californienne de 2026, qui s’est achevée lundi en fin de journée. Le gouverneur démocrate Gavin Newsom a jusqu’au 30 septembre pour signer les projets de loi ou y opposer son veto.
Le projet de loi SB 1387 sur l’appartenance ethnique a constitué une priorité pour de nombreuses organisations juives californiennes, qui font valoir que l’identité juive ne se limite pas à la seule religion — et que la loi devrait refléter cette conception.
Ce projet de loi, qui entrerait en vigueur en 2030, concernerait les formulaires émis par divers organismes, allant des écoles publiques aux agences pour l’emploi en passant par les établissements pénitentiaires. Les données collectées serviraient à alimenter des initiatives de recherche, à identifier les disparités et à orienter les décisions politiques, tout en interdisant la divulgation d’informations personnelles, conformément au texte.
Outre le projet de loi SB 1387, cinq autres projets de loi concernant les 1,2 million de Juifs de l’État, et qui ont bénéficié du soutien de la Jewish California Coalition (JCC), sont en passe d’être soumis au gouverneur.
Dimanche, l’Assemblée législative a adopté le projet de loi AB 1853, qui interdit la présence d’informations menaçantes, fausses ou trompeuses dans les guides électoraux californiens. La JCC, qui représente 43 associations, s’est félicitée de l’avancement de ce texte, soulignant que 54 groupes juifs avaient exprimé leur soutien au projet de loi dans les 48 heures suivant son dépôt.
« Les discours de haine n’ont pas leur place dans un document approuvé par l’État et financé par l’argent des contribuables », a déclaré David Bocarsly, PDG de Jewish California Coalition, dans un communiqué.
« Le projet de loi AB 1853 affirme avec force que les documents électoraux officiels de notre État ne peuvent pas être utilisés pour diffuser des théories du complot et des idées sectaires », a ajouté Bocarsly, dont la coalition était non seulement l’un des promoteurs de ce projet de loi, mais aussi de celui portant le numéro SB 1387.
Dimanche également, les législateurs ont approuvé le projet de loi AB 2664, intitulé « Safe Worship Zone Act » (loi sur les zones de sécurité autour des lieux de culte), qui créerait une zone de 30 mètres autour des entrées des lieux de culte, dans laquelle personne ne pourrait s’approcher à moins de 2,4 mètres d’un fidèle sans son consentement.
Ce projet de loi, qui a reçu le soutien d’une vaste coalition interconfessionnelle, s’inspire de la loi du Colorado sur les « zones de protection » (bubble zone law), qui assure la sécurité des patients aux abords des centres de santé reproductive.
« La montée de l’antisémitisme est indéniable et nos communautés doivent être protégées », a déclaré la députée démocrate Rebecca Bauer-Kahan, auteure du projet de loi, dans un communiqué.
« Le projet de loi AB 2664 offre aux collectivités un outil important pour lutter contre le harcèlement et l’intimidation et pour protéger le caractère sacré de nos lieux de culte », a ajouté Bauer-Kahan.
Par ailleurs, jeudi, l’Assemblée législative a approuvé la loi AB 395, qui imposerait aux organismes publics, aux établissements scolaires de la maternelle à la terminale et aux universités publiques d’éviter de programmer des événements ou des réunions majeurs les jours « où le public ne serait pas en mesure d’y participer ou d’y assister en raison de la célébration rituelle d’une fête religieuse, culturelle ou ancestrale ».
Parmi les fêtes juives qui seraient inscrites sur la liste de ces jours fériés figurent Rosh HaShana, Yom Kippour ainsi que le premier et les deux derniers jours de Pessah.
« Depuis trop longtemps et dans trop de communautés, les minorités religieuses et les autres croyants ont été contraints de faire des choix difficiles les jours qui comptent le plus pour eux », a déclaré Jesse Gabriel, député démocrate et auteur du projet de loi, dans un communiqué.
« Cette législation contribuerait à mettre fin à cette injustice et à garantir que les Californiens de toutes origines puissent participer pleinement, en particulier lorsque des décisions importantes sont prises », a ajouté Gabriel, qui préside le California Legislative Jewish Caucus.
Jeudi, les législateurs ont également approuvé un autre projet de loi de Gabriel, l’AB 1836, qui vise à combler une lacune dans la structure actuelle du programme californien de subventions à la sécurité des associations à but non lucratif (California State Nonprofit Security Grant Program). Ce programme allouant des fonds de sécurité uniquement aux locaux physiques d’une association à but non lucratif, les événements organisés hors site, tels que les allumages de la menorah à Hanoukka, n’étaient pas éligibles.
Un cinquième projet de loi concernant la communauté juive, l’AB 1763, est également en passe d’être soumis au gouverneur Newsom après son adoption par l’Assemblée mardi dernier. Ce projet de loi permettrait de considérer la célébration des fêtes religieuses comme un motif d’absence justifiée à l’école, sans qu’une demande écrite d’un parent ou d’un tuteur soit requise.
la Communauté du Times of Israël !







