La cathédrale de Bruxelles inaugure une plaque dénonçant une légende antisémite médiévale
L’initiative vise à contextualiser des vitraux qui illustrent la légende antisémite selon laquelle des Juifs auraient volé et profané des hosties consacrées en 1370
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La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles a inauguré, mercredi 22 avril, une plaque commémorative condamnant une ancienne légende antisémite liée aux « hosties sanglantes » et demandant « pardon au peuple juif » pour les souffrances engendrées par ces accusations.
La plaque, installée au pied de vitraux controversés du XIXe siècle représentant cette légende, a été dévoilée en présence de l’archevêque de Malines-Bruxelles, Luc Terlinden, et du grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui.
Rédigée en quatre langues, dont l’hébreu, l’inscription affirme que les accusations portées contre les Juifs du duché de Brabant en 1370 étaient infondées et que les persécutions qui ont suivi étaient injustifiables. « Nous demandons pardon au peuple juif pour les souffrances que ces accusations ont engendrées », peut-on lire sur la plaque.
L’initiative vise à contextualiser les vitraux réalisés par le maître-verrier Baptiste Capronnier, qui illustrent la légende selon laquelle des Juifs auraient volé et profané des hosties consacrées, provoquant un prétendu miracle. Les historiens considèrent aujourd’hui ce récit comme une fiction ayant servi de justification à des violences antijuives.
Selon les faits historiques rappelés lors de l’inauguration, des membres de la communauté juive de Bruxelles ont été arrêtés, jugés puis exécutés en 1370, avant l’expulsion de l’ensemble de la communauté du duché de Brabant.
Longtemps célébrée à travers des processions religieuses, la légende des « hosties sanglantes » a contribué pendant des siècles à nourrir des stéréotypes antijuifs, renforcés par des représentations caricaturales.
Une première plaque installée dans les années 1970 avait déjà tenté de contextualiser cet héritage, mais était jugée trop ambiguë par ses détracteurs.
Pour le grand rabbin Albert Guigui, cette nouvelle inscription constitue davantage qu’un geste symbolique. « Elle vient inscrire dans la pierre une vérité longtemps obscurcie, et reconnaître une faute historique dont les échos résonnent encore aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Le porte-parole de la Conférence des évêques de Belgique, Thommy Scholtes, a salué pour sa part une démarche de repentance et de dialogue, estimant qu’elle permettait de reconnaître « des pages honteuses de l’histoire ».
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