La coalition retire ses projets de loi après un désaccord avec les haredim sur la conscription
Quelques jours après la reprise des travaux, la coalition reste incapable de faire adopter des lois, les partis ultra-orthodoxes poursuivant leur boycott sur la conscription
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Tous les projets de loi d’initiative parlementaire présentés par les députés de la coalition ont été retirés de l’ordre du jour de la Knesset mardi en raison du désaccord avec les partis ultra-orthodoxes sur le projet de loi d’exemption du service militaire pour les étudiants des yeshivot, laissant le gouvernement sans majorité et paralysant de fait toute activité législative.
Cette perturbation intervient à peine quelques jours après l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset, qui succède à la longue pause estivale, illustrant les difficultés persistantes de la coalition à faire progresser son agenda législatif.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid (Yesh Atid), a dénoncé cette situation comme une nouvelle preuve du dysfonctionnement du gouvernement. « Ils ont perdu leur capacité à gouverner, et il est temps pour eux de rentrer chez eux », a-t-il déclaré.
Si les projets de loi de la coalition sont suspendus, ceux de l’opposition restent à l’ordre du jour, notamment une proposition d’Avi Maoz, chef et unique député du parti d’extrême droite Noam, qui a quitté la coalition en juillet, visant à appliquer la souveraineté israélienne à la Cisjordanie.
Selon la presse israélienne, le président de la commission de la Constitution, le député Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit), aurait indiqué que tous les projets de loi de la coalition, y compris le sien – qui vise à scinder le poste de procureur général en deux fonctions distinctes – avaient été reportés à la semaine prochaine.
La coalition chercherait à accélérer l’examen de ce projet de loi, de crainte que la Cour suprême ne rejette sa procédure visant à révoquer la procureure générale Gali Baharav-Miara.
Rothman aurait ajouté que les textes avaient été retirés de l’ordre du jour en raison de la visite du vice-président américain JD Vance en Israël, la coalition ayant demandé un report des votes en raison de la participation de plusieurs ministres au voyage et de la difficulté à garantir leur présence lors des scrutins.
Vladimir Beliak (Yesh Atid) a cependant rejeté cette explication, déclarant au Times of Israel que le report était dû à l’absence de majorité, « comme c’est le cas depuis des mois ».
« Les mensonges du député Rothman et des autres membres de la coalition ne changeront rien : ils n’ont pas la majorité à la Knesset ni le soutien de la population. C’est un gouvernement minoritaire, incompétent et irresponsable. Il est temps d’aller aux élections », a-t-il affirmé.
Une source au sein de la coalition a confirmé que les députés avaient retiré leurs projets de loi en raison du manque de majorité. « C’est comme ça depuis que les partis ultra-orthodoxes ont cessé de voter avec le gouvernement, lors de la dernière session. Chaque semaine, l’ordre du jour du mercredi est simplement reporté », a-t-elle précisé.
Les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont quitté le gouvernement en juillet – bien que le Shas reste officiellement dans la coalition – pour protester contre le blocage du projet de loi sur l’exemption pour les hommes haredim et poursuivent depuis leur boycott législatif.
Maoz avait annoncé peu après qu’il ne se considérait plus comme faisant partie de la coalition.
Depuis leur départ, la coalition ne détient plus que 60 des 120 sièges de la Knesset, un nombre insuffisant pour disposer d’une majorité.
Par ailleurs, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a averti lundi que, si un projet de loi controversé visant à instaurer la peine de mort pour les terroristes ayant assassiné des Israéliens n’était pas adopté en première lecture à la Knesset dans les trois prochaines semaines, son parti d’extrême droite Otzma Yehudit ne se sentirait plus obligé de soutenir la coalition lors des votes, ce qui réduirait encore ses chances de faire avancer la législation.
Le porte-parole du chef de la coalition à la Knesset, le député Ofir Katz (Likud), n’a pas répondu à une demande de commentaire.
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