La guerre au Moyen-Orient grève de 7,5 % l’approvisionnement mondial en pétrole
L'AIE l'assure : "la guerre au Moyen-Orient provoque la plus importante perturbation de l'offre de toute l'histoire du marché pétrolier mondial", même si elle ne précise pas en quoi elle serait pire que le choc pétrolier de 1973
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Le blocage du détroit d’Ormuz contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, ce qui réduit l’offre mondiale de 7,5 %, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, plusieurs infrastructures énergétiques de ces pays ont été attaquées et le blocage du détroit d’Ormuz, un corridor maritime crucial par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale de pétrole, provoque de graves problèmes d’approvisionnement en hydrocarbures.
Selon l’AIE, la production mondiale de pétrole devrait ainsi chuter de 8 millions de barils par jour en mars pour s’établir à 98,8 millions de barils par jour (mb/j), soit « son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2022 ».
Cela représente une baisse de 7,5 % par rapport à l’évaluation de la production mondiale de février (106,9 Mb/j).
La crise du détroit d’Ormuz occupe une large place dans la publication mensuelle de l’AIE, qui a donné un titre de circonstance à l’un de ses chapitres : « Dire Straits », du nom du groupe de rock phare des années 1980, qui peut se traduire par « en grande difficulté » (« Strait » signifie « détroit » en anglais).
L’AIE l’assure : « la guerre au Moyen-Orient provoque la plus importante perturbation de l’offre de toute l’histoire du marché pétrolier mondial », même si l’Agence de l’énergie de l’OCDE, basée à Paris, ne précise pas en quoi elle serait pire que le choc pétrolier de 1973.
Les flux réduits à un « mince filet », les capacités limitées des routes alternatives par oléoducs terrestres et les stocks remplis à leur capacité maximale ont conduit les pays du Golfe à réduire leur production totale de pétrole d’au moins 10 millions de barils par jour, explique l’AIE.
L’Agence indique notamment qu’il y a « d’importantes réductions d’offre » en Irak, au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Le rapport mensuel de l’Agence est toujours très scruté par les marchés.
Il intervient par ailleurs au lendemain de la décision des pays membres de l’AIE de libérer sur les marchés la quantité record de 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves d’urgence, afin d’atténuer les perturbations qui menacent l’approvisionnement de l’Asie, très dépendante du pétrole moyen-oriental.
L’excédent pétrolier fond
Les réductions de production au Moyen-Orient ne devraient être que partiellement compensées par une hausse de la production des pays non membres de l’alliance élargie OPEP+, notamment du Kazakhstan et de la Russie, indique l’agence.
Concrètement, dans les pays du Golfe, « la production de brut est actuellement réduite d’au moins 8 millions de barils par jour (mb/j), avec 2 mb/j supplémentaires » liés à des produits pétroliers (dont des condensats, un pétrole très léger).
La fermeture du détroit contraint également les raffineries dédiées à l’exportation à réduire leur activité ou à s’arrêter, ce qui menace « plus de 4 Mb/j de capacité de raffinage », ajoute l’AIE.
« Si l’ampleur des pertes dépendra de la durée du conflit et des perturbations des flux », l’AIE a d’ores et déjà abaissé ses prévisions de croissance de la production de pétrole : elle augmentera en moyenne de 1,1 Mb/j sur l’ensemble de l’année 2026, pour s’établir à 107,2 Mb/j, contre une hausse de 2,4 Mb/j anticipée dans le rapport du mois dernier.
La hausse des prix du pétrole et les perspectives assombries de l’économie mondiale entraînent également des ajustements dans les prévisions de la demande : en 2026, la consommation devrait augmenter de 640 000 barils par rapport à l’année précédente, soit 210 000 barils de moins que la prévision avancée le mois dernier.
Le choc d’approvisionnement réduit d’environ un tiers les prévisions de l’AIE concernant l’excédent mondial de pétrole, désormais estimé à 2,4 millions de barils par jour. Jusqu’à présent, l’AIE anticipait un surplus de pétrole record pour 2026, proche de 4 millions de barils par jour, tiré notamment par l’augmentation de la production dans les Amériques (États-Unis, Canada, Guyana).
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