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La Knesset fermée, la commission des Finances prévoit d’allouer des millions aux Haredim et aux implantations

Pour les députés de l'opposition et une association de défense de la liberté religieuse, les fonds accordés relèvent de la "corruption électorale"

Le député Hanoch Milwidsky, présidant une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 29 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Hanoch Milwidsky, présidant une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 29 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission des Finances de la Knesset prévoit de se prononcer mardi sur le transfert de plusieurs centaines de millions de shekels au profit des communautés haredi et des implantations, et ce malgré les vacances parlementaires qui ont débuté le mois dernier.

Selon l’ordre du jour qui a été publié sur le site web de la commission, celle-ci se prononcera sur les demandes du cabinet du Premier ministre et du ministère de l’Éducation visant à modifier le budget de l’État pour 2026 afin d’y inscrire une série d’injections de fonds, dont plus de 100 millions de shekels pour le ministère des Implantations et 200 millions de shekels pour les écoles haredi.

Les députés de l’opposition membres de la commission des Finances avaient réussi, dans la journée de mercredi, à faire barrage à ces injections massives de fonds destinés à l’éducation haredi et au ministère des Implantations, à l’issue d’une séance marathon qui a dépassé les dix heures autorisées aux réunions parlementaires en période de vacances de la Knesset.

Les députés ont accusé le gouvernement de prodiguer des faveurs à ses partisans à l’approche des élections, qui sont prévues le 27 octobre ; ils ont utilisé la tactique de l’obstruction parlementaire pour prolonger la séance.

Leur manœuvre a par ailleurs bénéficié des désaccords internes entre le ministre des Finances, Bezalel Smotrich – dont le parti HaTzionout HaDatit tire une grande partie de son soutien du mouvement pro-implantations – et les partis ultra-orthodoxes concernant la répartition des fonds de la coalition entre leurs électorats respectifs.

La commission de la Chambre de la Knesset avait préalablement désigné la séance de mercredi comme la dernière de la période de vacances parlementaires pour laquelle il était possible d’inscrire des points à l’ordre du jour de la commission des Finances sans accord préalable entre l’opposition et la coalition.

Mais dimanche, après une « forte pression » de la part de la coalition, la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, a annoncé que la commission des Finances pourrait se réunir à nouveau pour voter sur les amendements arrivés à échéance.

Sagit Afik, conseillère juridique de la Knesset, assistant à une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset, à Jérusalem, le 8 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’opposition, pour sa part, s’est engagée à empêcher la tenue de la réunion prévue mardi.

Dans une lettre adressée lundi au président de la commission des Finances, Hanoch Milwidsky, l’association à but non lucratif Hiddush, spécialisée dans la liberté religieuse, s’exprimant au nom des membres de l’opposition Naama Lazimi et Orit Farkash-Hacohen, a déclaré que ces amendements controversés constituaient un cas potentiel de « corruption électorale » et « sortaient manifestement du cadre » des obligations du gouvernement en période électorale.

La commission des Finances a déjà tenté de réaffecter des fonds à des institutions haredi malgré des objections juridiques et procédurales. En mars, elle a approuvé l’octroi de près de 100 millions de shekels à des établissements d’enseignement haredi dans le cadre d’un transfert plus large d’un milliard de shekels, suspendu par la Haute Cour de justice en décembre, après que des députés de l’opposition ont fait valoir que le gouvernement finançait des écoles qui n’enseignaient pas le programme de base prévu par la loi.

Les partis haredi ont exigé des injections massives de fonds après une décision historique rendue en juin 2024 par la Haute Cour, selon laquelle l’exemption du service militaire dont bénéficiaient les Haredim depuis plusieurs décennies était dépourvue de fondement juridique – une décision qui a entraîné la suppression de certaines prestations sociales jusqu’alors accordées aux membres de cette communauté.

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