La New School rejette le vote du sénat étudiant sur la suppression du financement et la rupture des liens avec Hillel
Ce vote apparait comme le premier par lequel un conseil étudiant tente d'exclure Hillel, longtemps au centre de la vie juive sur les campus US ; selon l'université, le sénat n'a pas "autorité" pour le faire
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — La New School, établissement universitaire privé situé à New York, a rejeté samedi une motion qui avait été votée par le conseil étudiant et qui visait à supprimer le financement de la section locale de Hillel, ainsi qu’à rompre tout lien avec elle.
Vendredi, le sénat étudiant de la New School a voté en faveur de la suppression du financement et de la cessation de toute collaboration avec la section locale de cette organisation étudiante juive, au motif qu’elle aurait enfreint le « droit international » en proposant des missions de volontariat au sein de l’armée israélienne, entre autres programmes et voyages liés à Israël.
C’est apparemment la première fois qu’un conseil étudiant universitaire rompt ses liens avec sa section de Hillel, organisation considérée depuis longtemps comme le principal pilier de la vie juive sur la grande majorité des campus américains.
Depuis des années, et en particulier depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza, des étudiants pro-palestiniens et anti-israéliens ont appelé leurs universités à mettre fin à leur collaboration avec Hillel, invoquant les liens de l’organisation avec Israël. Hillel International et d’autres groupes juifs ont pour leur part qualifié d’antisémites les tentatives visant à faire fermer la principale organisation étudiante juive.
Dans un communiqué, le sénat étudiant de la New School, établissement traditionnellement réputé pour ses positions politiques radicales, a indiqué que la commission de conformité des organisations étudiantes enregistrées auprès du sénat avait estimé que Hillel n’était « pas en règle », et qu’elle n’était dès lors plus éligible à un financement ou à une collaboration avec le sénat, à quelque titre que ce soit, et ce avec effet immédiat.
Pour justifier leur décision, les membres du sénat ont fait valoir les « liens étroits avec des violations du droit international » entretenus par Hillel en raison de ses relations avec l’armée israélienne. Ils ont notamment cité des voyages au cours desquels des membres de Hillel ont participé à des missions bénévoles dans des bases militaires israéliennes.
Dans un rapport de 38 pages, le comité a également mentionné la promotion par Hillel de voyages « Birthright » de 10 jours et d’autres programmes en Israël.
Si Israël a été accusé de crimes de guerre devant des tribunaux internationaux dans des affaires qui sont toujours en cours, aucune condamnation n’a en revanche été prononcée. L’État juif nie catégoriquement ces accusations et affirme que le pays respecte le droit international.
« Continuer à financer Hillel à la New School équivaudrait à utiliser vos frais d’inscription pour soutenir des violations du droit international », peut-on lire dans le communiqué. « Les valeurs que nous partageons nous obligent à appliquer nos règles jusqu’à ce que Hillel s’engage à respecter et à se conformer au droit international. »
Pour bénéficier à nouveau d’un financement, Hillel devra renoncer à toute affiliation avec Hillel International et mettre fin à sa participation aux programmes liés à Israël, a ajouté le sénat étudiant.
Samedi, toutefois, Hillel International a annoncé être en pourparlers avec la New School à la suite du vote. Un porte-parole de l’université a ensuite expliqué au Times of Israel que le sénat étudiant ne disposait pas du pouvoir de retirer son financement à Hillel ni de rompre ses liens avec l’organisation.
« Le sénat étudiant de la New School n’a pas le pouvoir de décider de la reconnaissance, de l’éligibilité au financement ou du statut officiel des organisations étudiantes enregistrées », a souligné le porte-parole dans un communiqué. « Notre section Hillel est en règle, comme elle l’a toujours été, et reste éligible au financement. Elle continue de soutenir la vie juive à la New School. »
« L’administration a pris des mesures immédiates pour répondre à la décision du sénat étudiant et pour veiller à ce qu’il agisse dans les limites de ses compétences, aujourd’hui et à l’avenir », a ajouté le communiqué.
Ce n’est pas la première fois que le conseil étudiant de l’université tente, sans succès, de se servir du financement des groupes étudiants comme d’un moyen de pression contre Israël. En 2024, il avait déjà tenté de bloquer le financement de tous les groupes étudiants, exigeant »le retrait des investissements dans les industries impliquées dans les violences militaires et policières à Gaza et en Cisjordanie ». L’administration de l’université avait toutefois contourné ce vote.
À cette époque, l’établissement avait également recruté un étudiant rabbinique anti-sioniste pour accompagner certains étudiants juifs du campus pendant un an.
L’année dernière, le Bureau des droits civils du Département américain de l’Éducation a indiqué que la New School figurait parmi les 60 universités visées par une enquête pour présomption de discrimination antisémite.
Dans son rapport sur Hillel, le sénat étudiant a soutenu que sa décision « ne reposait pas sur des opinions politiques, l’identité religieuse, des divergences idéologiques ou des désaccords sur la liberté d’expression ». Mais dans son communiqué publié samedi pour s’opposer au vote du sénat, le porte-parole de la New School a réaffirmé son engagement à lutter contre la discrimination.
« La New School a été fondée sur le principe du refus de la violence, de la haine et de la discrimination envers tout individu ou groupe, ainsi que sur l’engagement en faveur de la compréhension, de l’apprentissage et du dialogue ouvert », peut-on lire dans le communiqué. « Ces valeurs s’appliquent à tous les membres de notre communauté, sans aucune exception. »
Le président de Hillel International a pour sa part fustigé le vote visant à supprimer le financement de l’une de ses sections.
« La New School est célèbre pour avoir accueilli des intellectuels juifs qui fuyaient les persécutions nazies. Pourtant, son conseil étudiant a voté pour priver Hillel de toute aide financière à moins que l’organisation ne rompe ses liens avec Hillel International, la plus grande et la plus inclusive des associations étudiantes juives au monde », a souligné Adam Lehman dans un communiqué au Times of Israel.
Et d’ajouter : « Diaboliser Hillel à coup d’accusations mensongères fondées sur des tropes antisémites séculaires est purement et simplement inacceptable. Nous sommes en contact étroit avec la direction de l’université et nos partenaires de la communauté juive, afin de garantir que chaque étudiant juif de la New School puisse bénéficier de l’expérience, du soutien et des ressources de l’organisation Hillel auxquels tout étudiant a droit. »
la Communauté du Times of Israël !







