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La Norvège prépare un projet de loi qui interdirait tout commerce avec les implantations israéliennes

Le texte fera l'objet de consultations pendant trois mois avant d'être soumis au vote ; le ministre des Affaires étrangères affirme que "ces colonies sapent les fondements mêmes de l'État palestinien"

Des véhicules circulant sur une autoroute près de l’implantation de Maale Adumim (en haut), sur une photo prise depuis le « corridor E1 » au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie, le 4 février 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des véhicules circulant sur une autoroute près de l’implantation de Maale Adumim (en haut), sur une photo prise depuis le « corridor E1 » au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie, le 4 février 2026. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

OSLO, Norvège — Le gouvernement norvégien a annoncé vendredi son intention d’interdire tout commerce avec les implantations israéliennes de Cisjordanie ainsi qu’avec les quartiers juifs de Jérusalem-Est qui ont été annexés par Israël.

« Les citoyens norvégiens et les entreprises norvégiennes ne doivent pas contribuer au maintien des colonies illégales. La politique de colonisation sape toute possibilité de parvenir à une solution à deux États », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères à Oslo dans un communiqué.

Le gouvernement a indiqué vouloir plus précisément interdire le commerce des marchandises produites dans les implantations israéliennes de Gaza — il n’y en a aucune actuellement — et de Cisjordanie, ainsi que dans les zones de Jérusalem que la majorité des membres de la communauté internationale considèrent comme occupées.

Israël contrôle la Cisjordanie depuis qu’il a conquis ce territoire qui se trouvait entre les mains de la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967 – conflit au cours duquel Israël s’était également emparé de la bande de Gaza, de Jérusalem-Est, de la péninsule du Sinaï et du plateau du Golan. Israël a annexé Jérusalem-Est – une mesure qui n’est pas reconnue par la plus grande partie des pays du monde – tandis que la Cisjordanie est restée depuis lors sous diverses formes de contrôle militaire et civil israélien.

Il n’y a plus aucune implantation juive à l’intérieur de Gaza depuis le désengagement de 2005. Alors que certains éléments d’extrême droite au sein du gouvernement ont appelé au retour de la présence juive au sein de l’enclave côtière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rassuré à plusieurs reprises ses alliés, affirmant qu’Israël ne le ferait pas.

Oslo prévoit également d’interdire « l’achat de biens immobiliers dans les colonies, la fourniture de services liés à la construction, à la rénovation, à l’achat ou à la vente de biens immobiliers dans ces zones, ainsi que l’acquisition d’entreprises commerciales dont le siège social et les sites de production sont situés dans les colonies », a déclaré le ministère.

Le ministre norvégien des Affaires étrangères Espen Barth Eide lors d’une rencontre ministérielle consacrée à la crise à Gaza dans le contexte du conflit en cours entre Israël et le groupe terroriste du Hamas à Ryad, le 29 avril 2024. (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)

Le gouvernement a rédigé un projet de loi à cet effet. Le texte fera l’objet de consultations pendant trois mois, jusqu’au 19 septembre.

« Nous voulons interdire toute activité commerciale avec ces colonies illégales », a fait savoir le ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide dans le communiqué.

Le texte souligne que la Norvège maintiendra ses relations commerciales et autres liens avec les activités palestiniennes légitimes sur le territoire palestinien, et qu’elle continuera à fournir des aides humanitaires.

« Les colonies sapent les fondements mêmes de l’État palestinien », a commenté Barth Eide.

La Norvège, qui n’est pas membre de l’Union européenne, avait reconnu un État de Palestine en 2024, en même temps que l’Irlande et l’Espagne, deux pays membres de l’UE, une décision qui avait provoqué la colère d’Israël.

L’Irlande exerce des pressions sur l’UE, qui compte 27 États membres, en faveur de l’interdiction du commerce avec les implantations israéliennes qui sont situées dans les territoires palestiniens.

L’Union a déclaré la semaine dernière qu’elle examinerait les options permettant de « restreindre » les échanges commerciaux avec les implantations. Mais il n’y a toujours pas de consensus parmi les États membres de l’Union concernant la prise de mesures supplémentaires à l’encontre d’Israël – comme, par exemple, la résiliation de l’accord commercial préférentiel entre l’UE et Israël.

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