La police perquisitionne un entrepôt des supporters de l’Hapoel Tel Aviv
Après avoir arrêté 18 supporters qui auraient participé à des émeutes lors du derby de Tel Aviv en octobre, des matraques et des lacrymo ont été saisis dans l'entrepôt de Tel Aviv
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Après avoir arrêté samedi près d’une vingtaine de personnes soupçonnées d’avoir participé à des émeutes en octobre, la police a fait une descente dimanche dans un entrepôt appartenant à des supporters du club de football Hapoel Tel Aviv.
Les policiers sont entrés dans l’entrepôt de Tel Aviv avec une clé saisie à l’un des supporters arrêtés dimanche matin. Ils ont confisqué des dizaines de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes, a indiqué la police.
Parallèlement, la police enquêtait sur un graffiti inscrit dans les couleurs rouge, blanc et noir de l’équipe sur la rue Allenby, à Tel Aviv : « Mort à la police israélienne. » En octobre, la police avait annulé un match de derby très attendu entre les équipes de football rivales de Tel Aviv, Hapoel et Maccabi, après des émeutes qui avaient fait quatre blessés dans et autour du stade Bloomfield.
La police a déclaré qu’elle continuerait à réprimer le club de football et à arrêter d’autres suspects impliqués dans les émeutes, à la suite d’une enquête sous couverture d’une semaine.
Les supporters de l’Hapoel Tel Aviv interpellés samedi sont soupçonnés d’avoir lancé des grenades fumigènes et d’autres objets sur le terrain du stade Bloomfield en octobre.
La police avait annulé le match très attendu entre les deux équipes de football rivales de Tel Aviv, Hapoel et Maccabi, après des émeutes ayant fait au moins quatre blessés dans et autour du stade.
Samedi, les supporters de l’Hapoel Tel Aviv ont été interdits d’accès au stade Bloomfield, à Tel Aviv, après s’être présentés à un match de football contre l’Hapoel Petah Tikva vêtus de tee-shirts qualifiant la police israélienne, une équipe de football rivale et un parti politique interdit de « racaille ».
En réponse à la décision d’empêcher les supporters d’entrer dans le stade, le club de supporters de l’Hapoel Tel Aviv, Ultras Hapoel, a appelé tous ses supporters à boycotter le match, laissant une grande partie du stade vide pendant la rencontre.
אנשי מיליציית בן גביר מוציאים אוהדי הפועל תל אביב מהיציע בבלומפילד. הסיבה: הם לובשים את החולצה הזאת.
בושה וחרפה, שיא שלילי חדש אפילו בעבור העובדים של המחבל מהממשלה.
שאר היציע יצא החוצה – כי סולידריות היא הנשק הכי חזק מול פאשיזם ואלימות.#רקהפועל pic.twitter.com/qVrdUISpLU— Haim Har-Zahav (@haimhz) December 6, 2025
Les supporters étaient arrivés au stade vêtus de tee-shirts rouges sur lesquels on pouvait lire : « Ultras Hapoel contre la racaille », avec les logos de la police israélienne, du parti extrémiste interdit Kach et du club de football Maccabi.
Ces tee-shirts ont été considérés comme une incitation à la violence contre la police, et les supporters qui les portaient se sont donc vu refuser l’accès au stade, a expliqué un officier au journal Haaretz. Selon cet officier, les supporters de l’Hapoel Tel Aviv avaient été prévenus à l’avance qu’ils seraient exclus du match s’ils insistaient pour porter ces tee-shirts.
Dans un communiqué, le groupe de supporters Ultras Hapoel a toutefois déclaré que ses membres avaient décidé de porter ces maillots après l’annonce de la police, la semaine dernière, qu’ils ne seraient pas autorisés à apporter des pancartes ou des drapeaux lors du match contre l’Hapoel Petah Tikva.
Plutôt que de faire immédiatement un esclandre à ce sujet, le club de supporters a déclaré que ses membres avaient décidé de « se mordre la langue » afin de ne pas nuire à l’équipe ou au match. Ils sont ainsi « arrivés normalement » au stade samedi.
« Il semble qu’il y ait de nouvelles procédures à Jaffa », a-t-il déclaré, décrivant l’incident comme un cas où « toute personne portant un tee-shirt qui n’est pas visible par la police est expulsée, battue et arrêtée ».
« Les pancartes, les tambours, les drapeaux, les produits dérivés – tout est exclu », indique le communiqué, ajoutant que le fan club « ne prêtera pas main forte à ce cirque ».
L’Hapoel Tel Aviv, qui a remporté le match 4-0, a déclaré après coup qu’il aurait « vraiment voulu célébrer cette victoire avec toute notre communauté, mais nous traversons malheureusement une période terrible où les supporters d’une équipe en particulier sont victimes d’abus et de mauvais traitements simplement parce qu’ils sont supporters ».
Le club a exhorté les instances juridiques compétentes à empêcher la police de chasser à nouveau les supporters à l’avenir, et à protéger « l’indépendance et la légitimité » du jeu. Il a affirmé que « cela n’avait rien à voir avec le football ou le sport, et que nous ne l’accepterions pas, ne le tolérerions pas et ne le supporterions pas ».
Répondant aux critiques, la police israélienne a déclaré que l’incident concernait « une poignée de supporters [qui] sont arrivés au stade vêtus de tee-shirts arborant des inscriptions ouvertement insultantes à l’égard de la police israélienne et d’une autre équipe rivale ».
« L’action de la police est conforme à la loi et elle a le pouvoir d’empêcher l’entrée si un risque réel de trouble à l’ordre public est présent, afin de prévenir tout dommage à la vie et aux biens », a insisté la police.
Ce n’est pas la première fois que le club Hapoel Tel Aviv et ses supporters se heurtent aux forces de l’ordre.
En octobre, la police avait annulé un match très attendu entre l’équipe et le Maccabi Tel Aviv après qu’une émeute eut éclaté avant le match, également au stade Bloomfield.
La police avait indiqué que des supporters avaient lancé des objets sur les agents, les blessant légèrement, et avaient lancé des fusées éclairantes et des fumigènes sur le terrain avant le match.
La semaine suivante, le club de football avait menacé de boycotter la finale de la coupe après que la police eut publié une vidéo comparant ses supporters à des émeutiers violents à Jérusalem-Est.
Le club avait accusé la police d’incitation à la violence contre ses supporters et avait averti qu’il ne participerait pas à la finale de la coupe en raison de « violences policières délibérées contre nos supporters ». Il avait finalement participé au match, qu’il avait perdu contre le Beitar Jérusalem.
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