L’administration pénitentiaire nie qu’un jeune autiste arabe israélien soit détenu dans de dures conditions
Un ado de 14 ans incarcéré depuis plus d'une semaine aurait été victime de violences de la part des gardiens et des autres détenus, selon son avocat
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un jeune arabe israélien âgé de 14 ans, qui souffre de troubles du spectre autistique et qui avait été arrêté en Cisjordanie au début du mois, est détenu dans des conditions très dures depuis près de deux semaines, subissant les violences physiques des gardiens et des autres prisonniers, a affirmé son avocat, mercredi.
Cet adolescent – un citoyen israélien originaire du centre du pays – avait été arrêté pour des raisons obscures par les militaires alors qu’il rendait visite à la famille de sa mère à Ramallah, le 17 octobre dans la matinée.
Il avait été remis entre les mains des membres de l’unité d’enquête et de renseignement de la police de district de Tel Aviv à des fins d’interrogatoire.
Les détails des investigations sont soumis à un embargo.
Le mineur est actuellement incarcéré au Complexe russe, un centre de détention à Jérusalem, où il a été victime de violences physiques et d’humiliations de la part des gardiens de prison, selon son avocat commis d’office.
« Il est soumis à un traitement extrêmement sévère : violences physiques, abus, humiliations, privation de nourriture. Il gèle et il ne dispose même pas des choses les plus basiques, comme un matelas », s’est indigné Yigal Dotan lors d’un entretien avec le Times of Israel, mercredi.
Les gardiens l’ont placé dans une petite cellule en compagnie de cinq autres adolescents, qui l’ont intimidé, humilié et qui lui ont pris sa nourriture, a affirmé l’avocat.
La police n’a pas révélé à Dotan les éléments de l’enquête et les preuves retenues contre son client. Elle a toutefois présenté ses conclusions au tribunal.
« Je sais de manière générale que cette affaire concerne des infractions présumées à la sécurité, mais concrètement, je n’ai aucun moyen de savoir à ce stade quels sont les soupçons précis – si on me les dit un jour », a-t-il déploré.
Au cours des douze derniers jours, l’avocat a assisté à plusieurs audiences portant sur la prolongation de la détention provisoire de son client. La dernière était prévue mercredi matin devant la Cour pour mineurs de Bat Yam.
« Nous parlons d’un mineur innocent que la loi se doit de défendre. Les services pénitentiaires enfreignent la loi », a-t-il affirmé. « Mais les tribunaux, lorsqu’ils sont saisis d’une affaire impliquant des soupçons liés à la sécurité, préfèrent ignorer la situation du détenu et se rallier aux demandes de l’État. C’est extrêmement regrettable. »
Dotan a déclaré que son client n’était pas le seul à être détenu des conditions inhumaines et à être soumis à des abus de la part des gardiens de prison – affirmant que les coups, les humiliations et la privation de nourriture sont devenues monnaie courante depuis le pogrom commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Les groupes de défense des droits humains, des organisations d’aide juridique et des avocats ont signalé de fréquents mauvais traitements infligés aux détenus dans les prisons israéliennes – en particulier aux prisonniers palestiniens incarcérés pour des raisons liées à la sécurité.
La Haute Cour de justice a statué, au mois de septembre, que l’État ne nourrissait pas suffisamment les prisonniers placés en détention pour des motifs sécuritaires et elle a ordonné à l’administration pénitentiaire israélienne de prendre des mesures visant à garantir que les détenus ont un apport alimentaire suffisant « pour leur permettre de mener une existence minimale ».
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui est chargé de superviser le système carcéral dans le cadre de ses fonctions, a souvent vanté la détérioration nette des conditions de détention des prisonniers sécuritaires sous son mandat. Il a affirmé avec fierté, cette semaine, que les prisons étaient « devenues un cauchemar pour les terroristes » alors qu’il prenait la parole devant une commission parlementaire.
Le Service israélien des prisons a rejeté les propos tenus par Dotan, affirmant que le détenu « est incarcéré conformément à une décision de justice et ses droits sont pleinement respectés. »
« Il bénéficie des soins appropriés – équipements, vêtements, nourriture et produits d’hygiène nécessaires. Contrairement à ce qui a été affirmé, le prisonnier a été examiné à plusieurs reprises par le personnel médical pendant sa détention et il a été jugé en bonne santé, sans signe de blessures ou d’atteintes », a ajouté l’IPS.
« Le Service israélien des prisons fonctionne conformément à la loi et à la réglementation, garantissant la sécurité, le bien-être et les droits de tous les détenus, en particulier des mineurs », a-t-il poursuivi.
la Communauté du Times of Israël !







