« L’adoption des voitures électriques continuera de reculer sans soutien urgent » – ministère de l’Énergie
Alors que les hybrides rechargeables dépassent les VE, les responsables appellent à développer les bornes de recharge, imposer des importations de VE et garantir une stabilité fiscale à long-terme
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Jeudi, le ministère de l’Énergie a averti que, sans un soutien gouvernemental sérieux et accéléré, la pénétration des véhicules électriques (VE) continuerait le déclin entamé l’an dernier, ne permettrait pas d’atteindre les objectifs officiels du gouvernement et coûterait des milliards de shekels à l’économie israélienne.
Après avoir atteint un pic d’environ 25 % des ventes de voitures en 2024, la part des VE est tombée à environ 20 % en 2025, puis a chuté à seulement 12 % au cours du premier semestre 2026, ont révélé des responsables lors d’une conférence de presse mercredi.
En revanche, les hybrides rechargeables, considérés comme plus écologiques que les modèles à essence, mais plus fiables que les VE, sont passés de 2 % des ventes totales il y a deux ans à 24 % au cours du premier semestre de cette année. Les hausses d’impôt au début de l’année 2026 ont, quant à elles, réduit à un niveau négligeable l’écart de prix entre les véhicules électriques et les modèles traditionnels à essence.
Les responsables ont attribué cette tendance à la baisse aux incertitudes concernant les futures hausses d’impôts, au manque d’infrastructures de recharge dans les immeubles d’habitation (où vit la majorité des Israéliens) et à l’inquiétude générale des consommateurs quant aux longs trajets sans bornes de recharge accessibles.
Actuellement, les voitures à essence classiques et les hybrides rechargeables sont soumises à une taxe à l’achat de 83 %, susceptible d’être réduite selon une formule de taxation écologique liée à la pollution, tandis que les véhicules entièrement électriques sont taxés à 48 % jusqu’en décembre. Personne ne sait ce qui se passera l’année prochaine.
Sans intervention, la pénétration du marché pourrait chuter à seulement 10 % d’ici 2030, ont averti les responsables.
En dévoilant un document stratégique examinant les implications économiques de l’adoption des véhicules électriques par les particuliers, les responsables du ministère ont souligné que des retards persistants pourraient coûter entre 0,6 et 2,2 milliards de shekels à l’économie pour la seule année 2027.
Ron Eifer, directeur de la division des énergies renouvelables du ministère, a souligné que les avantages liés à l’adoption croissante des véhicules électriques l’emportaient largement sur les coûts, avec un bénéfice potentiel de près de 20 milliards de shekels si l’État atteignait son objectif de 90 % de véhicules électriques sur les routes d’ici 2030.
À l’inverse, si le marché stagne, le bénéfice tombera en deçà de 10 milliards de shekels, et si le gouvernement ne déploie aucun effort, il passera sous la barre des 5 milliards de shekels.
Des études indiquent que le bénéfice économique net lié au remplacement d’une voiture à essence par un véhicule électrique s’élève à environ 24 000 shekels par véhicule, coûts liés aux infrastructures de recharge compris, ont précisé les responsables.
Cela s’explique en grande partie par les économies d’énergie et d’entretien, ainsi que par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour les particuliers, les économies moyennes sur la durée de vie d’un véhicule sont estimées à environ 70 000 shekels.
Soulignant un écart considérable en matière d’efficacité, Eifer a fait remarquer que les véhicules électriques utilisent 90 % de l’énergie produite pour se propulser, contre seulement 25 % pour les modèles à moteur à combustion interne.
Insistant sur le fait que les années à venir seront décisives pour consolider la position d’Israël en tant que leader mondial dans ce domaine, Eifer a présenté les principales mesures politiques à prendre : supprimer les obstacles réglementaires et physiques à l’installation de bornes de recharge dans les immeubles résidentiels, adopter des mécanismes visant à rendre les importations de véhicules électriques obligatoires, instaurer une sécurité fiscale à long-terme ancrée dans la législation et trouver des moyens d’encourager les entreprises exploitant des flottes de véhicules et proposant des services de location longue durée à passer des hybrides rechargeables aux modèles électriques.
Ayant investi environ 80 millions de shekels dans les infrastructures de recharge depuis 2018, Israël compte actuellement 14 000 bornes de recharge, dont 3 000 rapides, réparties entre 30 fournisseurs, a déclaré Eifer, dépassant ainsi la norme européenne en matière de desserte par habitant. Toutefois, les bornes de recharge lentes doivent encore être remplacées et les complexes d’appartements ont un besoin urgent de solutions, a-t-il ajouté.
Le modèle du ministère présente trois scénarios possibles pour 2030. Une réduction des aides publiques pourrait entraîner une chute des ventes de véhicules électriques à 10 %, tandis que le maintien des tendances actuelles et des politiques existantes permettrait d’atteindre une part de marché de 40 %. Pour atteindre l’objectif final de 90 % d’ici la fin de la décennie, il faudrait accélérer la mise en œuvre des politiques, mettre en place des incitations financières à grande échelle, finaliser la législation visant à subventionner les bornes de recharge dans les immeubles d’habitation et instaurer des amendes pour les constructeurs et les importateurs qui ne respectent pas les quotas de véhicules électriques.
Pour soutenir la transition et répondre à la demande croissante en électricité, la Compagnie d’électricité d’Israël (IEC) poursuit un projet d’extension du réseau, retardé mais soutenu par le gouvernement, d’un coût de 40 milliards de shekels jusqu’en 2030. Le ministère prône une tarification différenciée de l’électricité afin d’encourager la recharge en heures creuses.
la Communauté du Times of Israël !







