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Des dizaines de milliers de personnes ont fêté Lag BaOmer à Meron, désormais rouvert au public

Des feux illégaux allumés malgré l'interdiction ; le rabbin Berland, délinquant sexuel, participe aux célébrations officielles après l’arrêt de la Haute Cour

  • Le grand rabbin de Toldos Avrohom Yitzchok et ses disciples allument un feu de joie pendant les célébrations de Lag Baomer, à Meron, le 15 mai 2025. (Crédit : David Cohen/Flash90)
    Le grand rabbin de Toldos Avrohom Yitzchok et ses disciples allument un feu de joie pendant les célébrations de Lag Baomer, à Meron, le 15 mai 2025. (Crédit : David Cohen/Flash90)
  • Des juifs ultra-orthodoxes se rassemblent sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochai au Mont Meron pendant la fête juive de Lag BaOmer, qui marque l'anniversaire de la mort du sage talmudique, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
    Des juifs ultra-orthodoxes se rassemblent sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochai au Mont Meron pendant la fête juive de Lag BaOmer, qui marque l'anniversaire de la mort du sage talmudique, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)
  • Des ultra-orthodoxes réunis sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochaï au mont Meron lors de la fête juive de Lag BaOmer, qui marque l'anniversaire de la mort du sage talmudique, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
    Des ultra-orthodoxes réunis sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochaï au mont Meron lors de la fête juive de Lag BaOmer, qui marque l'anniversaire de la mort du sage talmudique, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)
  • Le rabbin Nachman Biderman et ses fidèles allument un feu de joie lors des célébrations de Lag BaOmer, à Meron, le 16 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)
    Le rabbin Nachman Biderman et ses fidèles allument un feu de joie lors des célébrations de Lag BaOmer, à Meron, le 16 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)
  • Le Grand Rabbin de la dynastie hassidique de Boyan allumant le feu de joie lors des célébrations de Lag BaOmer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : David Cohen/Flash90)
    Le Grand Rabbin de la dynastie hassidique de Boyan allumant le feu de joie lors des célébrations de Lag BaOmer, au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025. (Crédit : David Cohen/Flash90)
  • Le grand rabbin de la dynastie hassidique Boyan allume le feu de joie, lors des célébrations de Lag BaOmer, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)
    Le grand rabbin de la dynastie hassidique Boyan allume le feu de joie, lors des célébrations de Lag BaOmer, à Meron, dans le nord d'Israël, le 15 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)
  • Le grand rabbin Toldos Avrohom Yitzchok et ses disciples allument un feu de joie pendant les célébrations de Lag BaOmer, à Meron, le 15 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)
    Le grand rabbin Toldos Avrohom Yitzchok et ses disciples allument un feu de joie pendant les célébrations de Lag BaOmer, à Meron, le 15 mai 2025 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les célébrations de Lag BaOmer battaient leur plein belle jeudi soir sur le mont Meron, alors que des dizaines de milliers de participants ont rempli jusqu’à saturation la zone entourant la tombe du rabbin Shimon Bar Yohaï, chantant et dansant en l’honneur de ce sage juif du 2ᵉ siècle.

Suite à la fermeture du site au public par les autorités l’an dernier, par crainte des tirs de roquettes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah depuis le Liban, l’événement semble avoir retrouvé son affluence d’avant 2024.

L’agrandissement du complexe funéraire a permis aux autorités d’augmenter le nombre de personnes autorisées simultanément sur place, malgré les préoccupations liées à la surpopulation qui restent constantes d’une année à l’autre.

Une fois la prière du soir achevée, par les fidèles majoritairement hassidiques, le premier feu de joie a été allumé près du tombeau de Bar Yohaï. La foule en liesse s’est alors mise à sautiller au rythme d’un chant en hébreu teinté de yiddish, à la gloire du mystique, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort.

Simcha, étudiant à la yeshiva Mir de Jérusalem, faisait partie des nombreux participants à écouter de la musique pour la première fois depuis plusieurs semaines, a-t-il confié au Times of Israel. En effet, de nombreux juifs pratiquants observent une période de quasi-deuil entre Pessah et Shavouot, qui prend fin précisément le jour de Lag BaOmer.

Une bouteille en plastique d’arak dans une main et les paroles imprimées de l’hymne kabbalistique Bar Yohaï dans l’autre, Simcha s’est laissé emporter par ce chant du 16ᵉ  siècle, dansant épaule contre épaule avec d’autres étudiants de sa yeshiva.

Outre les chants et les danses, certains participants ont perpétué une autre tradition de Lag BaOmer : tirer avec des arcs et flèches factices sur une cible portant en son centre les mots yetzer hara (en hébreu, « mauvais penchant »).

La sécurisation d’un tel rassemblement constitue un défi annuel pour les autorités, en particulier face au risque constant de surpopulation.

En 2021, un mouvement de foule avait fait 45 morts et plus de 100 blessés dans une allée glissante du sanctuaire, constituant à ce jour la catastrophe civile la plus meurtrière en temps de paix en Israël.

Avant le début des festivités jeudi soir, le ministre des Affaires de Jérusalem et du Patrimoine, Meir Porush, chargé par le gouvernement de la coordination de l’événement, a présidé une cérémonie en hommage aux victimes.

Il a déclaré à la foule que les organisateurs avaient « tout fait » pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise, évoquant l’élargissement des zones dédiées aux feux de joie et le renforcement des mesures de sécurité, tirées des leçons des éditions passées chaotiques.

Un rapport de la commission d’enquête de l’État, publié trois ans plus tard, a mis en lumière les défaillances des autorités dans la période précédant le drame. Le document a tenu de nombreux hauts responsables politiques personnellement responsables de la catastrophe, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Toutefois, il n’a formulé aucune recommandation applicable à la plupart des responsables politiques.

En revanche, plusieurs recommandations ont été adressées aux institutions policières. Le rapport a révélé que la police était consciente des problèmes graves de surpopulation lors des éditions précédentes, mais qu’elle avait choisi de ne pas intervenir.

Interrogé en début de semaine par le Times of Israel, l’organisateur et porte-parole de l’événement, Yehuda Hershler, a précisé que la participation serait limitée à 63 000 personnes présentes simultanément. Les participants, qui devaient réserver leurs billets à l’avance, n’étaient autorisés à rester sur le site que pendant cinq heures.

Le ministère des Transports a indiqué vendredi matin que 95 000 personnes avaient rejoint les célébrations religieuses via les transports en commun, selon la chaîne publique Kan.

Des huissiers haredim, mandatés par le ministère de Jérusalem et du Patrimoine, étaient chargés de contrôler les billets à intervalles réguliers et de demander aux participants de quitter les lieux une fois leur créneau écoulé. On ignore toutefois dans quelle mesure ce mécanisme de régulation a réellement été respecté.

Si l’on pouvait en général se frayer un chemin à travers la foule dense, certains goulots d’étranglement, notamment dans les zones fermées comme le petit passage où étaient distribués à la hâte kugels et jus de fruits, étaient tellement encombrés qu’il devenait impossible de bouger dans un sens ou dans l’autre.

Des fêtards célèbrent Lag BaOmer en dansant sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochai sur le mont Meron, le 15 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Tôt vendredi matin, le Magen David Adom (MDA) a annoncé avoir transporté 33 personnes depuis Meron vers des hôpitaux du nord d’Israël au cours de la nuit, toutes dans un état léger. Cent-vingt-cinq autres personnes ont été prises en charge sur place par les équipes de secours.

Parmi les personnes hospitalisées figurent deux femmes enceintes dont le travail avait commencé, un enfant renversé par un véhicule, une personne blessée dans un accident de VTT, ainsi que plusieurs autres légèrement atteintes lors des débordements liés aux festivités.

La tradition emblématique de Lag BaOmer, à savoir l’allumage de feux de joie, a également suscité de vives inquiétudes, en raison des vastes incendies de forêt qui ont récemment ravagé les abords de Jérusalem.

Le service national d’incendie et de secours avait émis une interdiction générale d’allumer des feux dans la plupart des zones ouvertes, à moins qu’ils ne soient expressément autorisés par les services.

Des haredim allument un feu de joie à l’occasion de la fête de Lag BaOmer sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochai au mont Meron, le 15 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Les pompiers avaient prévu de limiter les feux de joie à trois emplacements précis à Meron : la scène centrale près de la tombe, la yeshiva du site et la Zone 89, un vaste terrain asphalté récemment agrandi pour accueillir une foule plus nombreuse.

Malgré cela, des feux de joie ont été allumés à d’autres endroits, en violation des restrictions, largement ignorées.

Vers minuit, certains fêtards ont ouvertement défié les pompiers venus éteindre un feu illégal.

Un jeune homme leur a crié « Sortez d’ici ! », tandis qu’un groupe plus nombreux, dansant en cercle autour des flammes, commençait à encercler les trois pompiers.

Ces derniers ont reculé rapidement, renonçant à intervenir. L’un d’eux a déposé l’extincteur qu’il portait, et les trois se sont assis plus loin pour observer les flammes de loin.

« Il n’y a rien à faire », a déclaré l’un des pompiers au Times of Israel après cette brève prise de bec. « Même si nous voulons l’éteindre, c’est impossible. »

Le pompier a regretté que la police ne fasse pas davantage pour faire appliquer l’interdiction nationale, émise la semaine précédente par le chef du service d’incendie.

Bien que des milliers de policiers aient été mobilisés pour sécuriser l’événement, leur présence était quasi inexistante dans les zones les plus fréquentées du site de la tombe, par crainte de frictions avec les fidèles.

La majorité des forces de l’ordre étaient postées en périphérie du complexe et sur les routes d’accès au mont, chargées de bloquer les véhicules non autorisés.

Outre le feu de joie central allumé par le rabbin Nachum Dov Brayer, chef spirituel de la dynastie hassidique Boyan, 26 autres feux ont été allumés cette nuit-là.

Parmi eux figurait un feu allumé par le rabbin Eliezer Berland et sa secte ultra-orthodoxe Shuvu Bonim, après que la Haute Cour a rejeté une pétition contestant sa participation à la cérémonie.

Berland, 87 ans, a été condamné à plusieurs reprises pour agressions sexuelles et escroquerie. En 2021, il avait également été lié, sans être inculpé, à un meurtre d’adolescent survenu plusieurs décennies auparavant.

La Haute Cour a rejeté la requête, déposée par plusieurs organisations de défense des droits, dont le Mouvement pour un gouvernement de qualité, invoquant des motifs procéduraux. Le tribunal a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de temps pour organiser une audience avant la cérémonie.

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