Lander, allié juif de Mamdani, minimise le fait d’avoir été qualifié de « sioniste »
Après avoir été pris à partie lors d’une manifestation contre le groupe nationaliste hindou RSS, il promet de continuer à "tisser des alliances" et qualifie ses détracteurs de "quelques grande gueules"
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Lundi, Brad Lander, éminent homme politique juif de gauche à New York, a minimisé un incident survenu ce week-end au cours duquel il a été qualifié de « sioniste » lors d’une manifestation contre un groupe hindou de droite.
Figure incontournable de longue date de la scène politique new-yorkaise, Lander a gagné une primaire au Congrès plus tôt cette année et devrait remporter l’élection législative pour entrer à la Chambre des représentants.
Il est l’allié politique de Zohran Mamdani, le maire anti-Israël de New York. Lander a été le principal allié juif de Mamdani lors de sa campagne pour la mairie, et ce dernier a soutenu la candidature de Lander au Congrès.
Lander se définit comme un « sioniste libéral », ce qui le met en désaccord avec une partie de la gauche anti-sioniste new-yorkaise. Mamdani et son mouvement d’appartenance, le parti d’extrême-gauche Democratic Socialists of America (DSA), ont apporté leur soutien à l’anti-sionisme.
Tout en reconnaissant le droit d’Israël à exister, Lander accuse également Israël de « génocide », s’attirant ainsi les foudres de nombreux Juifs, y compris des opposants à Mamdani, qui estiment que Lander a aidé ce dernier à remporter l’élection municipale.
Ces tensions ont débordé lorsque Lander a participé samedi à une manifestation contre un groupe hindou de droite, le RSS, qui organisait un rassemblement au Madison Square Garden.
Parmi les organisateurs de la manifestation figuraient « Hindus for Peace » et l’Indian American Muslim Council, qui ont accusé le leader du rassemblement, Mohan Bhagwaat, de « violences contre les minorités religieuses ». Les organisateurs ont soutenu la participation de Lander à la manifestation.
Les manifestants présents au rassemblement anti-RSS, qui s’est tenu devant le Madison Square Garden, ont invectivé Lander ; l’un d’eux a notamment crié : « Va te faire foutre, sale sioniste », comme le montrent des images diffusées par FreedomNews TV.
« C’est encore un sioniste à la solde de quelqu’un », a hurlé l’homme.
« Petite salope sioniste ! »
« Vas-y, je t’attends », a rétorqué Lander.
Un autre groupe de manifestants portant des keffiehs – foulard arabe censé protéger du soleil et du sable qui est devenu un symbole du nationalisme palestinien – a crié à Lander de partir, scandant : « On ne veut pas de sionistes ici », et frappant sur des tambours tandis que Lander tentait de prendre la parole.
D’autres manifestants ont soutenu Lander, ce qui a déclenché une joute verbale entre les deux camps.
« Pas de sionistes. Il se qualifie lui-même de sioniste. Brad Lander soutient la solution à deux États », a déclaré un manifestant.
« Ce type soutient Israël. »
« Les sionistes libéraux sont des sionistes. Vous soutenez le génocide », a crié un homme.
« Il n’y a pas de bon sioniste. Le seul bon sioniste, c’est un sioniste mort. »
Certains commentateurs ont pris la défense de Lander, tandis que d’autres ont estimé que ce harcèlement était mérité en raison de son soutien à des politiques d’extrême gauche anti-Israël.
Le rabbin Yaacov Behrman, un responsable de la communauté hassidique de Crown Heights, a déclaré : « Je suis écœuré par la manière dont des manifestants antisémites ont attaqué [Lander], et déçu que certaines personnes sur les réseaux sociaux semblent s’en réjouir. »
Le groupe militant pro-Israël Brooklyn Bridgebuilders a reproché à Lander d’avoir battu son adversaire aux primaires, le député américain Dan Goldman, « en s’alliant à des militants antisémites et antisionistes ».
« Aujourd’hui, ces mêmes militants s’en prennent à Brad », a déclaré Brooklyn Bridgebuilders.
Les critiques virulentes de Lander à l’égard d’Israël ont été l’un des principaux facteurs qui ont distingué sa campagne de celle de Goldman lors de la primaire.
Lander a répondu lundi dans une déclaration vidéo, qualifiant les manifestants de « quelques grande gueules ».
I want to address what happened over the weekend outside Madison Square Garden.
A few loud numbskulls must not deter us from building multi-faith, multi-racial coalitions for justice. pic.twitter.com/i7uLuZQT5n
— Brad Lander (@bradlander) August 31, 2026
« Je ne cesserai pas de participer à des rassemblements contre la haine en Inde, en Israël et en Palestine, à New York, à cause de quelques imbéciles bruyants », a-t-il déclaré.
« J’étais fier d’y participer en tant que New-Yorkais juif et je proteste lorsque je pense que des gens détournent le judaïsme pour justifier un nettoyage ethnique, et je me sens solidaire des musulmans qui font de même », a-t-il ajouté.
Dans sa déclaration, il a également accusé Israël de « génocide » et « d’apartheid ».
Lander a reconnu avoir essuyé des critiques de la gauche pour son « sionisme », et de la droite et du centre pour sa rhétorique anti-Israël.
« Ces discussions ne sont pas toujours faciles, mais j’essaie de les prendre au sérieux, d’écouter de bonne foi et de nouer des alliances », a-t-il poursuivi.
« Personne ne me dira où je dois me situer ni quelles positions je peux adopter. »
L’incident visant Lander s’apparentait aux attaques virulentes dirigées contre le politicien californien Scott Wiener, un autre Juif de gauche qui a accusé Israël de génocide, mais qui a été pris pour cible par les anti-sionistes.
Fin juin, des manifestants avaient interpellé Wiener lors d’un événement consacré aux personnes transgenres, l’accusant de « génocide » et exigeant qu’il quitte les lieux, malgré son soutien de longue date à la communauté transgenre.
Des militants anti-sionistes avaient également mis au ban et harcelé des responsables politiques juifs plus centristes, dont Goldman.
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