Lapid critique Netanyahu après que Trump a signé un décret jurant de défendre le Qatar
Le chef de l'opposition a évoqué un "effondrement du statut unique d'Israël aux États-Unis et un succès diplomatique dont le Qatar n'aurait pas pu seulement rêver il y a deux ans"
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Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a critiqué vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu après que la Maison Blanche a annoncé la signature d’un décret, par le président Donald Trump, qui engage solennellement les États-Unis à prendre la défense du Qatar si l’État du Golfe doit être attaqué, dans le sillage de l’échec de la frappe israélienne qui a visé des chefs du Hamas qui étaient rassemblés à Doha.
« C’est un échec diplomatique d’une ampleur incompréhensible de la part du gouvernement de Netanyahu », a écrit Lapid dans un post publié sur le réseau social X.
« Une attaque ratée à Doha, un comportement négligent vis-à-vis de l’administration [américaine] et une vision diplomatique inexistante ont entraîné l’effondrement du statut unique d’Israël aux États-Unis et un succès diplomatique dont le Qatar n’aurait pas pu seulement rêver il y a deux ans ».
Le président américain Donald Trump a en effet signé cette semaine un décret accordant de très fortes garanties de sécurité au Qatar, après les frappes menées par Israël dans le pays du Golfe en septembre contre les représentants du groupe terroriste palestinien.
Les assurances de Washington sont sans précédent pour un allié arabe. Elles sonnent comme un geste de soutien au Qatar, médiateur clef dans la guerre à Gaza, et un revers pour Israël, estiment des experts, même si la portée de ces engagements reste dans les faits floue.
Selon le décret, « les Etats-Unis considéreront toute attaque armée contre (…) le Qatar comme une menace pour la paix et la sécurité des Etats-Unis ».
Si une telle attaque devait survenir, « les Etats-Unis prendraient toutes les mesures légales et pertinentes – diplomatiques, économiques et, si nécessaire, militaires », y lit-on.
Les décrets présidentiels, contrairement aux traités ratifiés par le Sénat, ne sont pas contraignants et peuvent être annulés par les successeurs de Donald Trump, souligne Elizabeth Dent, du cercle de réflexion Washington Institute.
Une victoire pour le Qatar ?
Allié incontournable des Etats-Unis dans le Golfe, le Qatar accueille la plus grande base américaine de la région, et entretient de bonnes relations avec Donald Trump, qui s’y est rendu en mai.
La frappe israélienne, qui a visé le mois dernier une réunion de responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas à Doha, a fait six morts, dont un membre des forces de sécurité qataries.
Elle a suscité l’indignation du riche Etat gazier et de ses voisins du Golfe, qui reposent largement sur les Etats-Unis pour assurer leur sécurité, mais sans que ces pays ne prennent de mesures concrètes à l’égard d’Israël.
Le décret a été signé lundi, le jour où le président américain a poussé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à s’excuser par téléphone auprès de son homologue qatari Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, et lui promettre qu’il n’attaquera plus son pays.
Après cet appel entre les trois hommes, le Qatar a repris sa médiation, suspendue après les frappes israéliennes, et Donald Trump a annoncé son plan de paix pour Gaza, en cours de discussions avec les négociateurs du Hamas à Doha.
Sous le mandat du président Joe Biden, Washington a fait miroiter à l’Arabie saoudite un accord de sécurité, en échange d’une normalisation de ses relations avec Israël.
Ces pourparlers ont été interrompus après l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, menée en riposte à l’attaque sans précédent du Hamas, le 7 octobre 2023, dans le sud d’Israël.
Le mois dernier, la monarchie du Golfe a signé un accord de défense mutuelle avec le Pakistan.
Les Emirats arabes unis, autre allié du Golfe, ont normalisé leur relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, conclus en 2020 lors du premier mandat de Donald Trump. Mais ils ne bénéficient pas des mêmes garanties que celles données au Qatar.
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