L’armée israélienne avertit à nouveau qu’il lui manque 12 000 soldats
Un déficit qui devrait encore s'aggraver en raison du raccourcissement de la durée du service obligatoire, qui prend effet au début de 2027, en l'absence de loi pour y remédier
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a de nouveau alerté sur son manque de quelque 12 000 soldats actifs. Un déficit qui, selon elle, devrait s’aggraver encore du fait du raccourcissement de la durée du service obligatoire au début de 2027, à moins que le gouvernement n’adopte une loi visant à remédier à cette pénurie d’effectifs.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a exhorté à plusieurs reprises le gouvernement à rétablir la durée du service militaire obligatoire pour les hommes à 36 mois, après qu’elle a été raccourcie à 30 mois en août 2024.
La première cohorte enrôlée sous ce régime de service plus court sera démobilisée en janvier 2027, exacerbant encore les problèmes d’effectifs, à moins que la loi actuellement en vigueur ne soit modifiée.
L’armée israélienne a maintes fois affirmé avoir un besoin urgent de 12 000 nouvelles recrues, dont 7 000 soldats de combat, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve par la guerre sur plusieurs fronts menée ces dernières années.
L’armée prévient que si la réduction de la durée du service prend effet comme prévu en janvier 2027, le déficit s’accroîtra de plusieurs milliers de soldats de combat et de militaires affectés à des fonctions non combattantes supplémentaires.
Les réservistes, pour leur part, effectuent des dizaines de jours de service supplémentaires par rapport à la planification initiale de l’armée israélienne. Initialement, l’armée avait prévu de mobiliser les réservistes pour 55 jours de service en 2026. Mais en raison de la guerre en Iran, de nombreux réservistes ont déjà servi entre 80 et 100 jours.
« Si aucune mesure législative n’est prise maintenant, la situation va se détériorer et le système tout entier sera bouleversé », a affirmé un haut responsable.
Depuis deux ans et demi, la Direction des ressources humaines de l’armée israélienne a multiplié ses efforts pour « optimiser ses effectifs » et élargir son vivier de recrues, en ouvrant notamment davantage de postes de combat aux femmes, en appelant les personnes exemptées du service de réserve à revenir sous les drapeaux, et en encourageant l’intégration des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée.
Le gouvernement actuel s’efforce quant à lui de faire adopter un projet de loi qui consacrerait l’exemption généralisée du service militaire pour les étudiants des yeshivot haredim, malgré les multiples avertissements de l’armée israélienne quant à ses besoins en personnel.
Selon les estimations, quelque 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire mais ne se sont pas enrôlés.
Au cours de la première moitié de la période de conscription pour 2025-2026, environ 1 850 soldats haredim se sont enrôlés. L’armée prévoit que d’ici la fin de cette période, ce nombre dépassera les 3 000, un chiffre record, mais encore bien inférieur à l’objectif de 4 800 recrues ultra-orthodoxes par an que s’est fixé Tsahal.
Selon les données de l’armée israélienne, quelque 80 000 personnes sont désignées comme réfractaires à la conscription ou le seront bientôt. Parmi ces personnes, 50 % sont identifiées comme ultra-orthodoxes, et 25 % sont probablement haredim.
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