L’Australie se recueille après la tuerie antisémite de la plage de Bondi
Les rescapés, les familles des victimes, les secouristes et les responsables politiques devaient pour leur part se réunir lors d'une soirée d'hommage à l'Opéra de Sydney, sous le slogan "La lumière vaincra"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Jeudi soir, les Australiens se recueilleront pour honorer la mémoire des quinze personnes tuées lors de la tuerie antisémite perpétrée sur la plage de Bondi, à Sydney, en décembre dernier. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier dans le pays depuis une trentaine d’années.
Jeudi, jour de deuil national, les drapeaux sont en berne et les Australiens sont appelés à observer une minute de silence à 19 h 01 (8 h 01 GMT) et à allumer des cierges à leurs fenêtres et devant leurs portes.
Les rescapés, les familles des victimes, les secouristes et les responsables politiques devaient pour leur part se réunir lors d’une soirée d’hommage à l’Opéra de Sydney, sous le slogan « La lumière vaincra ».
Sajid Akram et son fils Naveed sont accusés d’avoir ouvert le feu, le 14 décembre, sur une foule célébrant la fête juive de Hanoukka, sur la plage emblématique de Bondi.
« C’est un lieu où rien ne devrait se briser hormis les vagues, et où il y a de la place pour tout le monde », a déclaré le Premier ministre Anthony Albanese lors d’une conférence de presse.
Antisémitisme
Selon les autorités, l’attentat était inspiré par l’idéologie du groupe terroriste sunnite État islamique (EI).
Parmi les victimes décédées, on compte un rescapé de la Shoah âgé de 87 ans, un couple juif qui avait tenté d’arrêter l’un des terroristes, ainsi qu’une enfant juive de 10 ans.
Malgré le danger, des citoyens ordinaires ont également fait preuve d’héroïsme ce jour-là : des sauveteurs se sont précipités pour soigner les blessés, des personnes se sont protégées mutuellement des tirs et un commerçant local, Ahmed al-Ahmed, a arraché son arme à l’un des terroristes.
« Ce sont eux les héros, n’est-ce pas ? Ce sont eux, les héros, ceux qui sont intervenus et se sont mis en danger », a déclaré David Barrett, un enseignant, interrogé sur la plage de Bondi.
« C’est regrettable d’en arriver là. Mais cela montre bien l’esprit australien : les gens sont toujours prêts à intervenir et à aider. »
Le chef du gouvernement, qui doit s’exprimer à l’opéra de Sydney, a été critiqué en amont de l’attaque pour son supposé atermoiement face à l’antisémitisme.
Depuis la tuerie, Albanese a ordonné la mise en place d’une « commission royale d’enquête fédérale » disposant de larges pouvoirs, chargée notamment d’enquêter sur les failles des services de renseignement et sur les signes d’une montée de l’antisémitisme, en particulier depuis le 7-Octobre.
Mardi, le Parlement australien a par ailleurs durci le contrôle des armes à feu en mettant en place un programme national de rachat d’armes et en renforçant les règles d’importation d’armes ainsi que les vérifications d’antécédents pour obtenir un permis.
Les deux chambres ont par ailleurs alourdi les peines encourues par les personnes diffusant des discours de haine ou incitant à la violence, et facilité les refus ou les annulations de visa pour les personnes soupçonnées de terrorisme ou de diffusion de contenus haineux.
Le terroriste, Sajid Akram, âgé de 50 ans, a été tué par la police. Son fils de 24 ans a, lui, été inculpé pour terrorisme et meurtres. Selon la police, les deux hommes n’ont pas reçu d’aide extérieure et ne faisaient pas partie d’une organisation terroriste.
Ils s’étaient toutefois rendus dans le sud des Philippines dans les semaines précédant la tuerie. Ce voyage a alimenté les soupçons de possibles liens avec des extrémistes dans une région connue pour plusieurs insurrections islamistes.
Les deux terroristes avaient également enregistré en octobre une vidéo dans laquelle ils s’en prenaient aux « sionistes », assis devant un drapeau du groupe État islamique, d’après les forces de l’ordre.
la Communauté du Times of Israël !







