Le 43e Festival du film de Jérusalem récompense un cinéaste ukrainien
Sergei Loznitsa a reçu un prix pour l'ensemble de sa carrière lors de la soirée d'ouverture à la Piscine de Sultan, où il a rappelé le devoir du cinéma face à la violence
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Le 43e Festival du film de Jérusalem s’est ouvert jeudi, avec comme invité d’honneur le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, qui a déclaré que la violence s’était immiscée dans nos vies, prenant la place de l’amour, et mais que « notre devoir était d’y faire face ».
La cérémonie et la projection, qui ont rassemblé des milliers de personnes à la Piscine de Sultan à Jérusalem, au pied des remparts de la Vieille Ville, ont donné le coup d’envoi des 10 jours du festival au fil desquels on pourra voir près de 200 films, en présence d’une vingtaine de cinéastes étrangers et de près de 70 000 spectateurs.
Invité d’honneur de la soirée, Loznitsa s’est vu remettre un prix pour l’ensemble de sa carrière, en récompense de son œuvre et de sa fidélité au festival, qui a projeté douze de ses films au fil des ans – un record absolu selon le directeur du festival, Roni Mahadav-Levin.
Le cinéaste a commencé son discours par un « Shalom Yerushalyim » (« Bonjour Jérusalem ») et l’a conclu par un « Toda rabah » (« Merci beaucoup »). Connu pour ses documentaires et ses fictions, Loznitsa est un fervent défenseur de la liberté d’expression et s’oppose fermement aux boycotts culturels.
Sans parler ouvertement des conflits actuels en Israël ou dans son pays d’origine, l’Ukraine, il a évoqué la « période difficile que nous traversons » dans les deux pays. Comme il l’a expliqué, ses films s’efforcent de comprendre l’Histoire, ce qui est selon lui une étape essentielle pour surmonter ces épreuves.
« Je suis convaincu que les raisons de ce qui nous arrive aujourd’hui s’enracinent profondément dans le passé », a déclaré Loznitsa. « Et le fait de les comprendre est déjà en soi un pas vers leur dépassement. Ce n’est pas l’amour, mais la violence qui est entrée dans nos vies, et il est désormais de notre devoir d’y faire face. »
Avant de lui remettre son prix, Mahadav-Levin a rappelé le pouvoir du cinéma et qualifié de « quasi révolutionnaire » le fait de se rassembler et d’être ému au même moment par une même scène.
Il a ajouté que le festival n’avait pas vocation à échapper à la réalité, mais au contraire à observer notre monde, dans l’espoir d’un avenir meilleur, concédant que l’organisation de cette édition s’inscrivait « une fois de plus dans une année qui n’a rien de normal ».
Dans un contexte de tensions internationales liées à la guerre contre le Hamas à Gaza, Israël fait face à un boycott culturel qui ne dit pas son nm.
Mahadav-Levin a confié au Times of Israel qu’il était parfois difficile de savoir si le refus de passer un film israélien dans un festival international tenait à sa qualité ou à la politique mondiale, tout en évoquant la délicatesse avec laquelle les invités et la programmation avaient été choisis cette année.
« Si ces dernières années nous ont appris quelque chose, c’est que même lorsqu’il n’y a pas de bonnes réponses, il est indispensable de continuer à poser des questions », a-t-il lancé à la foule.
Le festival a débuté par la projection de « Tell Me Everything » du réalisateur israélien Moshe Rosenthal, en présence des acteurs. Ce long-métrage en hébreu, récemment présenté au festival de Sundance, suit Boaz, un garçon âgé de 12 ans qui découvre en pleine épidémie de VIH que son père a une liaison avec un homme. Le film suit ensuite la famille, au moment de sa bar-mitzvah, et neuf ans plus tard, lors des retrouvailles avec son père.
Le film marque le grand retour à l’écran, dans un long-métrage, de l’acteur israélien Assi Cohen, que l’on n’avait plus vu depuis 15 ans. Ce dernier a partagé des photos de lui avec ses fans avant le début de la projection.
Rony Yedidia, une fidèle du festival, a salué la tenue de l’événement en plein air, avec la Vieille Ville en toile de fond.
« C’est vraiment important de montrer la culture israélienne au monde entier », explique-t-elle. « Pour prouver qu’il n’y a pas que la guerre et les problèmes, mais qu’il y a une vraie vie ici, que nous pouvons en profiter et que notre culture est épatante. »
la Communauté du Times of Israël !







