Le contrôleur de l’État critique l’échec du gouvernement à préparer l’économie à la guerre
Selon un rapport, les Israéliens devront débourser 250 millions de shekels d'ici la fin 2025 et ils continueront à payer pour la guerre à l'avenir ; le gouvernement a eu du mal à répondre à des questions économiques déterminantes
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Le contrôleur de l’État a constaté que le gouvernement n’avait pas pris de mesures suffisantes pour se préparer à de futures situations d’urgence après la pandémie de coronavirus – ce qui aurait permis de mieux protéger l’économie israélienne pendant la guerre à Gaza, selon un rapport cinglant qui a été rendu public dans la journée de mardi.
Selon le Bureau du contrôleur, les deux dernières années de guerre auront coûté 250 milliards de shekels à la fin de l’année 2025, et ce sont tous les Israéliens « qui paieront ce prix énorme, tout comme les générations futures ».
Au cours des deux années qui ont précédé le 7 octobre 2023, le gouvernement ne s’est absolument pas penché sur la question de la préparation aux urgences économiques, a constaté le Bureau du contrôleur. De plus, le ministère des Finances n’a travaillé sur aucun plan anticipant une guerre prolongée qui durerait plus d’un mois et « il n’y avait pas d’excédent d’urgence dans le budget de l’État susceptible de de financer immédiatement les besoins militaires et civils ».
Le contrôleur a également constaté que le décaissement des budgets de la guerre, en 2023 et 2024, avait été « considérablement retardé ».
En outre, le ministère n’a pas élaboré de « plan d’urgence ouvrant la porte à la distribution rapide d’aides aux populations touchées » et il n’est pas parvenu « achever le recensement des besoins des ministères en cas d’urgence », a constaté le contrôleur, qui a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à nommer une personnalité qui sera chargée d’élaborer une stratégie pour faire face aux risques économiques liés aux situations d’urgence telles que les guerres, les épidémies et les catastrophes naturelles.
Le Bureau du contrôleur a expliqué que le gouvernement avait eu du mal à répondre aux besoins du front intérieur, notamment aux problèmes de reconstruction dans le nord du pays, et qu’il n’avait pas apporté de réponse globale à des questions fondamentales comme peut l’être, par exemple, la pénurie de main-d’œuvre.
Le Bureau a critiqué le ministre des Finances Bezalel Smotrich pour ne pas avoir convoqué le cabinet socio-économique — la tribune gouvernementale qui est en charge des questions civiles et économiques — pendant le pic de la guerre, du mois de décembre 2023 au mois de décembre 2024, cabinet qui aurait pu prendre des décisions sur des questions économiques importantes.
« De plus, lorsque le cabinet prend des décisions, il s’avère que, de plus en plus, ces décisions sont prises sans débat préalable. En l’absence de discussion, il n’y a pas de débat approfondi, pas de critique et pas de possibilité d’entendre suffisamment d’avis professionnels. Depuis deux ans, les ministres évitent de participer aux discussions du cabinet socio-économique et, sur certaines questions, aucune décision n’a été prise », a ajouté le bureau.
Dans une déclaration filmée, le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, a critiqué Netanyahu, Smotrich, ainsi que l’ancien ministre des Finances Avigdor Liberman, pour ne pas avoir pris de mesures en matière de préparation aux situations d’urgence.
De plus, le gouvernement n’est pas parvenu à réduire suffisamment les dépenses de la coalition. Un audit a révélé que malgré la décision prise, à la fin de l’année 2023, par le ministère des Finances de réaffecter 1,6 milliard de shekels des fonds de la coalition aux besoins de la guerre, seuls 860 millions de shekels ont finalement été transférés.
Le rapport publié mardi a été le sixième à être diffusé dans le cadre de la vaste enquête menée par Englman – la seule enquête complète approuvée par l’État sur le pogrom du 7 octobre. En cette matinée de Shabbat, les hommes armés avaient pris d’assaut le sud d’Israël, massacrant plus de 1200 personnes et enlevant 251 personnes qui avaient été prises en otage dans a bande de Gaza.
Netanyahu s’oppose depuis longtemps à l’établissement d’une commission d’enquête nationale, affirmant d’abord qu’elle ne pouvait être mise en place qu’après la fin de la guerre, puis qu’un tel panel, dont les membres sont nommés par le président de la Cour suprême conformément à la loi, serait nécessairement partial à son égard et à l’égard de sa coalition.
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