Le créateur de mode Elie Tahari habille les militaires israéliennes blessées
La marque cofondée par des Israélo-Américains a accueill des soldats israéliens lors d'un défilé à Miami, dont une soldate blessée 12 fois
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Cela fait longtemps que le créateur de mode israélo-américain Elie Tahari conçoit des tenues de bureau pour les femmes actives avec sa marque de prêt-à-porter.
Aujourd’hui, le créateur new-yorkais habille les soldates israéliennes et les ex-militaires blessées, pour embellir leur vie.
Les bénéfices de son commerce en ligne iront aux militaires israéliennes blessées.
Selon Tahari, près de 1 800 combattantes ont été blessées, qu’il entend bien toutes contacter afin de leur faire parvenir des vêtements au rythme d’une vingtaine de bénéficiaires par mois.
L’idée de venir en aide à ces femmes lui est venue lorsqu’il a rencontré à New York Eli Shako, ex-militaire israélienne blessée. Elle collectait alors des fonds pour venir en aide aux soldats blessés.
« Ce qui m’a fait me dire : ‘Je peux les habiller’ », explique Tahari au Times of Israel.
Suite à quoi il a commencé à envoyer des vêtements et des accessoires en Israël.
« Elles adorent les sacs, les lunettes de soleil et les robes de soirée », poursuit Tahari. « Elles apprécient tout cela ; c’est plus le geste que les vêtements eux-mêmes. »
Certaines soldates lui ont envoyé des vidéos d’elles avec leur nouvelle tenue, souvent sans beaucoup de lumière, de peut que l’on voie leurs blessures. Certains ont perdu un bras, une jambe, un oeil, confie Tahari.
« Cela m’a beaucoup touché », ajoute-t-il.
Le projet de Tahari a pris de l’ampleur lorsqu’un ami de Shako, Tobi Rubinstein, rabbin non confessionnel intéressé par la relation entre la mode et la foi, lui a suggéré de faire un défilé avec des soldates blessées portant ses créations.
Ce défilé de mode, Threads of Valor, s’est tenu à Miami début novembre dans les locaux de l’Université St. Thomas, un établissement catholique dans le conseil d’administration duquel siège Rubinstein.
Deux soldates israéliennes se sont prêtées au jeu du mannequinat pour l’occasion, notamment une ex-militaire qui a pris 12 balles.
« Ce fut très émouvant de les rencontrer », confie Tahari. « Elles sont toutes belles et très jeunes. »
Selon lui, les deux femmes ont adoré l’événement qui s’est tenu au plus près de la communauté juive de Miami, forte de nombreux Israélo-américains, dans ce qu’il qualifie de « second Israël ».
Ont par ailleurs défilé pour l’occasion des influenceuses juives et des leaders féminines juives telles que Mira Tzur, Elizabeth Sutton, Brooke Goldstein ou encore Tessa Veksler.
« Toutes les mannequins étaient très impliquées, avec un vrai rôle à jouer », explique Rubinstein. « Une conception nouvelle de la guerrière. »
Ce concept du guerrier luttant pour survivre est une notion qui parle tout particulièrement à Tahari qui, âgé de 73 ans, a lui-même eu une enfance difficile.
Né dans une famille irano-israélienne, il a grandi dans un camp d’accueil pour immigrés et a passé du temps dans des orphelinats israéliens et des villages pour jeunes lorsque ses parents ont divorcé.
Avec son frère, il a débarqué à New York en 1971, lavant des voitures pour se faire de l’argent et dormant sur un banc, à Central Park, jusqu’à ce qu’ils fassent la rencontre d’autres Israéliens de leur âge, qui les ont accueillis.
Tahari a commencé comme assistant au Garment Center de Manhattan avant de contribuer à populariser le top dit tube, en 1973, puis d’ouvrir sa boutique sur Madison Avenue, un an plus tard, et avec son frère Avraham Tahari, de cofonder la marque Elie Tahari, devenu un empire de la mode estimé à un milliard de dollars.
Le 7 octobre 2023, les frères passaient le Shabbat ensemble lorsqu’ils ont pris connaissance de l’attentat terroriste du Hamas dans le sud d’Israël.
« J’ai passé toute la nuit à regarder la télévision, ce que je continue de faire d’ailleurs », confie Tahari, qui se rend souvent en Israël et est en contact étroit avec ses proches israéliens.
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