Le déploiement militaire américain au Moyen-Orient s’intensifie
Le vice-président américain, JD Vance, a souligné que l'Iran n'acceptait pas certaines "lignes rouges" américaines
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Les États-Unis déploient une imposante force de frappe navale et aérienne au Moyen-Orient, un important dispositif militaire qui pourrait préparer le terrain à une campagne de frappes contre l’Iran.
Selon CNN et CBS, l’armée serait prête à frapper l’Iran dès ce week-end, si Donald Trump le décidait.
Le président américain, qui avait déjà ordonné des bombardements aériens en juin dernier, a menacé à de multiples reprises Téhéran d’une intervention militaire si les discussions en cours n’aboutissaient pas à un accord sur le programme nucléaire iranien. Il avait retiré son pays du précédent accord en 2018, au cours de son premier mandat.
La présence d’une « telle puissance de feu […] dans la région crée une dynamique en soi. C’est parfois difficile de la freiner et de dire : ‘C’est tout, on ne fait rien’ », explique Susan Ziadeh, analyste au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).
Washington déploie actuellement au Moyen-Orient des dizaines de navires et d’avions de guerre. Il dispose également de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires à travers la région, certaines pouvant être vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.
Forces navales
L’armée américaine compte actuellement treize navires de guerre dans la région : un porte-avions, l’Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, neuf destroyers et trois frégates légères, selon un responsable américain, et d’autres navires se dirigent vers la région.
Le plus grand porte-avions au monde, le USS Gerald R. Ford, navigue actuellement dans l’océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du golfe Persique, après que Trump a ordonné son déploiement dans la région mi-février. Il est accompagné de trois destroyers.
Il est rare que deux porte-avions américains, qui transportent des dizaines d’avions de chasse et fonctionnent avec des milliers de marins à bord, soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. C’était déjà le cas en juin dernier, lorsque Trump a décidé d’effectuer des frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens, au début de la guerre de douze jours déclenchée par Israël.
Forces aériennes
Les États-Unis ont également mobilisé une flotte aérienne d’envergure au Moyen-Orient, selon des comptes X spécialisés et le site de suivi de vol Flightradar24.
Elle comprend des avions de chasse furtifs F-22 Raptor, des F-15 et des F-16, ainsi que des avions ravitailleurs KC-135 pour soutenir leurs opérations.
Mercredi, Flightradar24 montrait plusieurs KC-135 volant au Moyen-Orient ou à proximité, ainsi que des avions radar de surveillance aérienne E-3 Sentry et des avions-cargos en activité dans la région.
Manifestations, menaces, discussions
Face à la répression sanglante des manifestations massives en Iran en janvier, qui, selon des ONG de défense des droits humains, aurait fait des milliers de morts, Trump a multiplié les avertissements.
Fin janvier, le président américain a prévenu la République islamique qu’une « armada » était déployée dans le golfe Persique.
La semaine dernière, il a menacé Téhéran de conséquences « traumatisantes » en cas d’absence d’accord, notamment sur le programme nucléaire iranien, et a même évoqué ouvertement l’hypothèse d’un renversement du pouvoir.
Pour autant, Trump n’a pas fermé la porte à un règlement diplomatique.
Le 6 février, l’Iran et les États-Unis ont renoué le dialogue à Mascate, la capitale d’Oman, après une escalade de menaces de part et d’autre.
Une deuxième session de négociations s’est tenue mardi près de Genève, en Suisse. Téhéran a assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs » pour un éventuel accord, mais le vice-président américain, JD Vance, a souligné que l’Iran n’acceptait pas certaines « lignes rouges » américaines.
Les deux parties sont « encore très éloignées sur certaines questions », a confirmé mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.
« L’Iran serait bien avisé de conclure un accord », a-t-elle insisté, estimant qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe » contre Téhéran.
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