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Le détroit d’Ormuz classé « zone de guerre », des milliers de marins peuvent demander un rapatriement

Dans ce contexte de tension extrême, les grands armateurs mondiaux ont d'ores et déjà stoppé leurs navires à destination du Golfe et déroutent leurs cargaisons

Illustration : Une personne montrant une page du site Marinetraffic indiquant le trafic des navires commerciaux à l'entrée du détroit d'Ormuz, près des côtes iraniennes, à Paris, le 4 mars 2026. (Crédit : Julien de Rosa/AFP)
Illustration : Une personne montrant une page du site Marinetraffic indiquant le trafic des navires commerciaux à l'entrée du détroit d'Ormuz, près des côtes iraniennes, à Paris, le 4 mars 2026. (Crédit : Julien de Rosa/AFP)

Le détroit d’Ormuz, le Golfe et le Golfe d’Oman ont été classés jeudi « zone d’opérations de guerre » par le secteur maritime, accordant des droits renforcés à des milliers de marins bloqués dans la zone, dont celui de demander un rapatriement aux frais de l’armateur, un défi sécuritaire et logistique inédit.

Cette désignation répond à « l’ampleur des perturbations et des risques auxquels sont confrontés les équipages civils dans la région », ont expliqué dans un communiqué commun la fédération syndicale du secteur (ITF) et les employeurs mondiaux, évoquant « des centaines » de navires bloqués dans le Golfe à cause de la guerre.

L’Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l’ONU, chargée de la sécurité maritime, estime à 20.000 le nombre de marins actuellement immobilisés dans le Golfe, selon son secrétaire général Arsenio Dominguez qui évoque aussi 15.000 passagers de croisières.

La paralysie dans la région fait suite au contrôle « total » revendiqué par les Gardiens de la Révolution iraniens du détroit d’Ormuz, corridor maritime stratégique pour le transport d’hydrocarbures qui relie le Golfe au Golfe d’Oman.

La zone avait déjà été désignée « zone à haut risque » lundi par le secteur maritime, deux jours après les frappes des Etats-Unis et d’Israel sur l’Iran puis l’extension régionale du conflit.

« Question humanitaire »

Le passage en « zone d’opération de guerre », un niveau supérieur, offre aux marins le plus haut niveau de sécurité possible selon les normes maritimes.

Il leur donne aussi formellement le droit de refuser d’embarquer, la possibilité d’être rapatriés aux frais de l’armateur et divers bonus et indemnisations.

Mais « si vous avez un équipage de 25 personnes, vous aurez probablement besoin de 16 personnes pour faire naviguer le navire en toute sécurité, ce qui est le minimum requis », explique cependant à l’AFP Stephen Cotton, secrétaire général de l’ITF.

En outre, « la fermeture de l’espace aérien international dans la majorité de la région limite (…) gravement les options de rapatriement », relève les membres du secteur maritime dans leur communiqué.

« Le moyen le plus sûr de protéger les marins est par la désescalade et un retour à la diplomatie », ajoutent ces organisations.

L’OMI affirme de son côté avoir dénombré depuis samedi sept incidents liés à des navires dans le détroit d’Ormuz, avec un total de deux morts et six blessés.

Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKTMO, un pétrolier ancré au large du Koweït a encore subi jeudi une « forte explosion ». Du pétrole s’est échappé du bateau mais l’équipage est sain et sauf.

« Au-delà de l’impact économique de ces attaques alarmantes, c’est une question humanitaire. Aucune attaque visant des marins innocents n’est jamais justifiée », a déclaré le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, dans une déclaration à l’AFP.

Escorte militaire

Il appelle « les compagnies maritimes à faire preuve de la plus grande prudence lorsqu’elles opèrent dans la région touchée ».

Dans ce contexte de tension extrême, les grands armateurs mondiaux ont d’ores et déjà stoppé leurs navires à destination du Golfe et déroutent leurs cargaisons.

L’OMI se dit « prête à collaborer avec toutes les parties prenantes afin de contribuer à garantir la sécurité et le bien-être des marins », insiste M. Dominguez.

Le trafic dans le détroit d’Ormuz – où transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) – avait chuté de 90 % mercredi selon les données de Kpler.

Donald Trump avait déclaré mardi que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit.

Le même jour, le président français Emmanuel Macron avait dit chercher à bâtir une coalition pour sécuriser les « voies maritimes essentielles à l’économie mondiale ».

D’autres régions sont déjà classées « zones d’opérations de guerre » par le secteur maritime, comme la mer d’Azov, le nord de la mer Noire, le sud de la mer Rouge ou le Golfe d’Aden.

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