Le gouvernement espère que la prochaine conférence sur l’antisémitisme évitera la polémique
Si les leaders communautaires avaient boycotté une conférence antérieure en raison de la présence d'extrémistes, le ministère des Affaires de la diaspora insiste : l'événement à venir sera plus "mainstream"
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Dix mois après qu’une conférence consacrée à la lutte contre l’antisémitisme, qui avait été organisée par le gouvernement, a été critiquée par les leaders communautaires juifs en raison de la présence de politiciens européens d’extrême droite, le deuxième sommet sur la même thématique semble prêt à faire face à une nouvelle controverse.
Organisée par le ministre de la Diaspora Amichai Chikli, la conférence du 27 janvier, qui sera intitulée « Génération vérité » et qui aura lieu à Jérusalem, devrait accueillir des intervenants issus de partis nationalistes espagnols, français, belges, suédois et brésiliens, ainsi que des intellectuels et des influenceurs plutôt conservateurs.
De nombreux responsables de la communauté juive avaient choisi de boycotter l’événement qui avait été organisé en mars après avoir appris que des membres de ces partis – qui, pour certains, avaient eux-mêmes fait l’objet d’accusations de racisme et d’antisémitisme – seraient présents.
Toutefois, une source appartenant au ministère des Affaires de la diaspora a indiqué au Times of Israel que les intervenants qui prendront part à la conférence, au mois de janvier, seront plus « mainstream ». Il a ajouté qu’il devrait y avoir moins de réactions négatives en conséquence.
« Israël a beaucoup d’amis et nous devons savoir leur ouvrir nos portes », a confié la source. « Le fait qu’on puisse dire qu’untel est extrémiste ne fait pas de la personne concernée un antisémite. Nous n’avons invité que des personnes qui ont prouvé par leurs actes qu’elles étaient engagées à 100 % dans la lutte contre l’antisémitisme ».
« Il pourrait bien y avoir quelques critiques » concernant la liste des invités, mais les leaders de la communauté n’ont pas exprimé la même indignation que l’année dernière, a fait remarquer la source.
Parmi les intervenants dont le nom figure sur la page internet de la deuxième conférence annuelle sur la lutte contre l’antisémitisme, qui se tiendra au palais international des congrès de Jérusalem, figurent des politiciens d’extrême droite – et notamment Santiago Abascal, président du parti espagnol Vox ; Fabrice Leggeri, du Rassemblement national français ; Jimmie Åkesson, leader des Démocrates suédois ; Sam van Rooy, du parti Vlaams Belang en Belgique ; et Eduardo et Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro.
D’autres personnalités politiques de droite devraient, elles aussi, prendre la parole, notamment l’ancien Premier ministre australien Scott Morrison et l’ancien chancelier autrichien Sebastian Kurz. Des membres de l’administration du président américain Donald Trump, dont les noms n’ont pas encore été révélés, seront également présents, a dit la source du ministère.
Des influenceurs et des leaders d’opinion seront là également avec, entre autres, l’auteur et cinéaste Dinesh D’Souza, l’avocate britannique Natasha Hausdorf, le pasteur Rob McCoy, le PDG de Babylon Bee Seth Dillon et l’ancienne candidate israélienne à Miss Univers, Noa Cochva.
L’année dernière, des leaders juifs, comme le dirigeant de l’Anti-Defamation League (ADL), Jonathan Greenblatt, et le grand rabbin britannique, Ephraim Mirvis, avaient annulé leur participation à la conférence en signe de protestation contre la présence de personnalités politiques telles que Jordan Bardella, président du Rassemblement national français, un parti qui avait été fondé par Jean-Marie Le Pen, antisémite notoire et négationniste.
Le tollé qui avait suivi n’avait été apaisé que lorsque le président Isaac Herzog avait proposé, à titre de compromis, une rencontre privée avec les responsables juifs venus du monde entier.
La conférence est organisée alors qu’une vague de partis populistes – un grand nombre ayant des antécédents en matière d’antisémitisme – gagnent en popularité en Europe et ailleurs.
Les leaders communautaires juifs avaient fait part de leur inquiétude l’année dernière, estimant que la présence de personnalités appartenant « à la droite pseudo-fasciste », avait dit l’ancien directeur de l’ADL, Abraham Foxman, offrait à cette dernière « une tribune qui lui permet de démontrer à quel point elle est légitime et à quel point elle est tolérante ».
Cette année, le ministère des Affaires de la diaspora a fait preuve d’une plus grande prudence dans ses invitations, a noté la source.
« Cela ne va pas être un véritable festival de la droite », a affirmé la source. « Si une personnalité présente un passé problématique, alors nous ne l’inviterons pas. Si un parti a un passé nazi et qu’il refuse de dénoncer le nazisme, ou s’il ne s’engage pas à garantir différentes choses, comme la liberté de religion ou le droit à l’abattage casher, nous ne nous associerons pas à lui ».
La conférence de cette année mettra au premier plan « des experts de haut rang qui paient un prix énorme dans la lutte contre la haine » et pas seulement « les mêmes dirigeants juifs qui viendront s’exprimer à nouveau », a continué la source.
« Nous avons des leaders juifs et des responsables d’organisations qui monteront à la tribune », a précisé la source. « Nous allons probablement essuyer quelques critiques parce qu’il y a eu des controverses depuis l’élection de ce gouvernement, mais cette conférence sera d’un niveau bien supérieur à celle de l’année dernière ».
la Communauté du Times of Israël !







