Le groupe anti-Israël Kneecap se produira au dernier jour du festival Rock en Seine
"Tout propos à caractère antisémite, d'apologie du terrorisme ou appelant à la haine" fera "l'objet de poursuites judiciaires", a mis en garde le ministre de l'Intérieur
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Un contingent de stars américaines débarque dès mercredi à Rock en Seine, pour cinq jours clôturés par le trio punk rap nord-irlandais Kneecap.
Encore confidentiels il y a quelques mois, les trublions de Belfast bénéficient d’une visibilité décuplée depuis qu’ils ont fait de chaque concert une tribune pour manifester leur sentiment anti-Israël.
Au festival de Glastonbury fin juin, le groupe avait accusé Israël d’être un Etat « criminel de guerre ».
L’un de ses trois membres, Liam O’Hanna dit Mo Chara, est poursuivi pour « infraction terroriste » après avoir arboré un drapeau du Hezbollah pendant un concert à Londres en 2024. Il doit comparaître mercredi dans la capitale britannique.
Dans ce contexte, la ville de Saint-Cloud a retiré sa subvention de 40 000 euros à Rock en Seine, une première.
« Au moment où les polémiques commencent à enfler, évidemment qu’on se pose la question » (de maintenir le groupe, NDLR), confie Matthieu Ducos, soulignant que l’organisation a alors tout « analysé ».
En France, le groupe a joué aux Eurockéennes de Belfort et au Cabaret vert de Charleville-Mézières, sans incident.
« La conclusion a été que oui, il avait toujours sa place sur le festival. Malgré un certain nombre de lignes rouges qui auraient pu être franchies selon certains, selon nous elles ne sont pas suffisamment avérées ou répétitives », argumente-t-il.
Des « discussions » ont eu lieu avec l’entourage des artistes pour clarifier leurs positions et l’organisation a eu « confirmation » qu' »il n’y aurait pas de débordements », selon le directeur.
« Tout propos à caractère antisémite, d’apologie du terrorisme ou appelant à la haine » fera « l’objet de poursuites judiciaires », a mis en garde le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, dans une lettre datée de jeudi, en réponse à Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France dont Israël fait partie.
Attirant quelque 40 000 spectateurs par jour, Rock en Seine est détenu par le géant américain du live AEG et Combat, groupe de l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse. Ce tandem a racheté en juillet We love green, un autre festival francilien.
Engagé à gauche, M. Pigasse a défendu la présence de Kneecap, y voyant un enjeu de « liberté de création et d’expression »: « Il ne faut pas accepter le principe de censure, parce que sinon, c’est une vague qui va déferler sur les festivals et sur les médias », a-t-il dit au média musical Billboard France.
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