Le Hamas qualifie l’attaque israélienne sur Doha de « mise à mort du processus de négociation »
Les funérailles des six personnes tuées dans la frappe, marquées par l'absence de certains, ont eu lieu en présence de plusieurs responsables du Hamas et de l'émir qatari
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Le groupe terroriste palestinien du Hamas a affirmé jeudi que l’attaque israélienne visant ses dirigeants à Doha ne changerait pas ses conditions pour mettre fin à la guerre à Gaza, tandis que les victimes du raid aérien étaient inhumées en présence de hauts responsables qataris et du groupe.
« Ce crime était …une mise à mort de l’ensemble du processus de négociation », a déclaré à la télévision un responsable du Hamas, Fawzi Barhoum, lors des funérailles.
Dans une déclaration en anglais publiée immédiatement après l’attaque, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé qu’il s’agissait d’une « opération israélienne totalement indépendante. Israël l’a initiée, Israël l’a menée et Israël en assume l’entière responsabilité ». Le président américain Donald Trump a lui-même critiqué publiquement cette frappe.
Israël serait pessimiste quant aux résultats de cette frappe.
Le Hamas a affirmé que les dirigeants du mouvement avaient survécu à l’attaque, mais a fait état de six morts, dont le fils du négociateur en chef Khalil al-Hayya, le chef du bureau de Hayya, trois gardes du corps et un policier qatari.
Le ministère qatari de l’Intérieur a confirmé la mort du caporal Badr Saad Mohammed Al-Humaidi Al-Dosari, membre de ses forces de sécurité intérieure, ainsi que de trois autres personnes.
Fawzi Barhoum a en outre indiqué que l’épouse du négociateur en chef du Hamas, la femme de son fils décédé et ses petits-enfants avaient été blessés dans l’attaque du bâtiment où ils résidaient.
Selon les images visionnées par l’AFP, rien ne permettait de confirmer visuellement la présence de Khalil Al-Hayya aux funérailles.
D’après des sources du Hamas, six dirigeants, dont Khalil al-Hayya, Khaled Mechaal, ancien numéro un, et Zaher Jabarine, responsable du groupe terroriste en Cisjordanie, étaient dans le bâtiment au moment de l’attaque. L’AFP n’est parvenue à joindre aucun d’eux depuis.
L’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, a participé jeudi aux funérailles aux côtés de dizaines d’hommes en tenue traditionnelle qatarie, et d’autres en civil ou en uniforme.
Un cercueil ceint d’un drapeau qatari, et cinq autres drapés aux couleurs palestiniennes ont été placés dans la mosquée Cheikh Mohammed ben Abdel Wahab de la ville, selon les images diffusées par la chaîne Qatar TV.
Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité, installant des points de contrôle tout autour de la mosquée.
Barhoum a ajouté que la tentative manquée d’assassinat de ses dirigeants ne modifierait pas sa position dans les négociations de cessez-le-feu : cessation des « agressions », retrait total d’Israël de la bande de Gaza, échange « authentique » de prisonniers et d’otages et reconstruction de Gaza.
Le responsable du Hamas a poursuivi en disant que l’attaque visait à créer une fausse image de victoire pour Israël, qui n’aurait pas obtenu de gains en 23 mois de guerre.
Les funérailles étaient organisées pour les six personnes éliminées lors de l’attaque, mais l’émir a été vu réconfortant la famille de l’officier qatari tué. Selon une source diplomatique, c’était la principale raison de sa présence.
Le ministère de l’Intérieur a indiqué que les corps seraient enterrés au cimetière de Mesaimeer après la cérémonie.
Osama Hamdan, responsable du Hamas habituellement basé au Liban, et Izzat al-Rishq, autre haut membre du groupe terroriste installé au Qatar depuis plusieurs années, ont également été aperçus aux funérailles, apparaissant sur des photos diffusées par le Hamas.
D’autres dirigeants du groupe terroriste, dont Khaled Mashaal, et Zaher Jabarin, chef du Hamas en Cisjordanie, ne figurent pas sur les images diffusées des funérailles.
Les Émirats arabes unis ont, eux, condamné jeudi les « propos hostiles » de Netanyahu à l’encontre du Qatar, ajoutant que toute attaque contre un État du Golfe constituait une attaque contre le « système de sécurité commun » du Golfe, a déclaré Afra Al Hameli, responsable des Émirats.
Le petit État gazier, qui abrite la plus grande base américaine de la région, joue le rôle de médiateur dans la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, aux côtés de l’Égypte et des États-Unis.
À la suite de la frappe, le Premier ministre qatari Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani a annoncé que son pays « réévaluait tout » concernant son rôle de médiateur, et a convoqué un sommet arabo-islamique d’urgence à Doha pour discuter de la réponse à apporter. Selon l’agence de presse officielle du Qatar, la réunion se tiendra dimanche et lundi prochains.
Il a également estimé mercredi que Benjamin Netanyahu devait être traduit en justice.
Un conseiller diplomatique du président émirati, Cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyan, a précisé que sa tournée dans le Golfe visait à coordonner les positions après l’attaque israélienne.
« Cette tournée reflète une conviction profonde quant à la nécessité de renforcer la coopération et de consolider le concept d’un destin commun », a écrit Anwar Gargash sur X.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné jeudi l’attaque et appelé à la « désescalade », sans toutefois nommer Israël. Il a exprimé sa « condamnation des récentes frappes à Doha, territoire d’un médiateur clé » et apporté son « soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Qatar ».
Les membres du Conseil ont insisté sur le « rôle vital (du Qatar) dans les efforts de médiation dans la région, avec l’Égypte et les États-Unis ».
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