Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme « inquiet » après les appels à la démission d’Albanese
La République tchèque s'est jointe à d'autres pays européens pour exiger la démission d'une experte indépendante accusée d'avoir qualifié Israël "d'ennemi commun" de l'humanité - ce qu'elle nie malgré des propos suffisamment clairs
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Une porte-parole des Nations unies chargée des droits de l’Homme a fait savoir, vendredi, qu’elle était « très inquiète » face aux attaques personnelles lancées contre des experts indépendants de l’ONU, après qu’un nombre croissant de gouvernements européens ont demandé la démission de la rapporteuse pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, en raison de ses récentes déclarations anti-israéliennes.
« Nous sommes très inquiets. Nous sommes préoccupés par le fait que les fonctionnaires de l’ONU, les experts indépendants et les magistrats sont de plus en plus souvent victimes d’attaques personnelles, de menaces et de désinformation qui détournent l’attention des graves problèmes en lien avec les droits humains », a dit Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, lors d’une conférence de presse qui était organisée à Genève.
Les rapporteurs de l’ONU sont mandatés par le Conseil des droits de l’Homme – dont le siège se trouve à Genève – pour surveiller et documenter des crises spécifiques en matière de violations des droits humains. Ils sont toutefois indépendants de l’organisation elle-même.
Il n’existe aucun précédent de révocation d’un rapporteur spécial en cours de mandat – même si des diplomates ont noté que les États membres du Conseil, qui compte 47 membres, pourraient, en théorie, proposer une motion en ce sens.
Ils ont toutefois ajouté que le soutien massif apporté aux droits des Palestiniens au sein de l’instance rendait peu probable l’adoption d’une telle motion à l’encontre d’Albanese, qui a été nommée en 2022 et dont le mandat, renouvelé en 2025, devrait expirer en 2028.
S’exprimant par visioconférence lors d’un forum qui était organisé à Doha par la chaîne Al Jazeera, samedi dernier, Albanese, qui a été accusée à plusieurs reprises d’antisémitisme et de discours extrémiste à l’égard d’Israël, a évoqué un « ennemi commun » qui avait permis le « génocide » prétendument commis par Israël à Gaza — une accusation qu’Israël a rejetée avec force.
Les militants pro-israéliens accusent Albanese d’avoir qualifié Israël « d’ennemi commun », ce qu’elle nie.
My full AJ Forum speech last week: the common enemy of humanity is THE SYSTEM that has enabled the genocide in Palestine, including the financial capital that funds it, the algorithms that obscure it and the weapons that enable it. pic.twitter.com/PzTQFFybsG
— Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt (@FranceskAlbs) February 9, 2026
Albanese a elle-même diffusé un extrait de ses propos sur les réseaux sociaux, avec la légende suivante : « L’ennemi commun de l’Humanité est LE SYSTÈME qui a permis le génocide en Palestine, y compris le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le dissimulent et les armes qui le rendent possible ».
Néanmoins, le ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, Petr Macinka, dont le pays est l’un des plus fervents soutiens d’Israël au sein de l’Union européenne, a mentionné, vendredi, Albanese sur le réseau social X, affirmant qu’elle avait qualifié Israël « d’ennemi commun de l’Humanité ». Il a demandé sa démission.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré jeudi que la position d’Albanese était « intenable » tandis que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a accusée d’avoir tenu des « propos scandaleux et répréhensibles » à l’encontre d’Israël.
L’Autriche et l’Italie, pays natal d’Albanese, ont également estimé que ses paroles montraient qu’elle n’était pas apte à occuper son poste.
“Patience has its limits. UN Special Rapporteur Francesca Albanese should resign from her position.
Her latest statements, in which she described Israel as a ‘common enemy of humanity,’ are unacceptable and indefensible. pic.twitter.com/gKguvqq9xC
— Czech Ministry of Foreign Affairs (@CzechMFA) February 13, 2026
Albanese est depuis longtemps accusée d’antisémitisme.
Le 11 octobre 2023, quatre jours après le pogrom commis par le Hamas en Israël, Albanese avait indiqué qu’elle doutait des informations faisant état de viols et de violences sexuelles. Elle avait affirmé que les États-Unis et Israël diffusaient ces allégations dans le but d’exacerber les tensions.
Dans le sillage immédiat de l’attaque sanglante, la rapporteuse avait expliqué qu’Israël n’avait pas le droit de se défendre ; elle avait affirmé que les Israéliens devaient être « considérés comme suspects » et faire l’objet d’enquêtes lorsqu’ils se trouvaient à l’étranger et elle avait appelé les autres pays à cesser leurs exportations de produits pharmaceutiques vers Israël.
Elle a aussi estimé qu’Israël est une « société génocidaire » et que l’État juif constitue un obstacle sur la voie de la justice mondiale.
Elle a dit, lors d’un rassemblement organisé au sein de l’université de Harvard, que lorsque le Hamas parle de tuer des Juifs (Yahudi), il ne fait pas réellement référence aux Juifs.
Elle a affirmé que les accusations laissant entendre que des employés de l’UNRWA avaient participé au massacre du 7 octobre étaient « de fausses allégations » – même s’il y a des preuves qui viennent appuyer l’implication présumée de ces hommes.
Au mois de novembre dernier, elle a posté une caricature dénonçant Israël – qui représentait ce qui semblait être une toile d’araignée mondiale, dont les fils étaient recouverts d’argent et d’armes, dans une image qui, selon les experts, faisait écho à des tropes antisémites.
Elle a été sanctionnée, l’année dernière, par le gouvernement américain pour son « antisémitisme éhonté« , tout comme cela a été également le cas d’autres personnalités anti-israéliennes appartenant au système juridique, à l’international.
Les appels européens à la démission d’Albanese ont suivi la lettre adressée au mois de juin dernier par l’administration du président américain Donald Trump au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Trump y exigeait le renvoi d’Albanese, l’accusant « d’antisémitisme virulent » et de « soutien au terrorisme ».
Répondant aux nouveaux appels à sa démission, Albanese a écrit sur X que les gouvernements européens « m’accusent, sur la base de déclarations que je n’ai jamais faites, avec une virulence et une conviction qu’ils n’ont JAMAIS utilisées à l’encontre de ceux qui ont massacré plus de 20 000 enfants en 858 jours » depuis le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, l’attaque sanglante qui avait déclenché la guerre à Gaza.
Albanese, dans sa publication, a cité les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous l’autorité du Hamas et qui estime le nombre de morts à Gaza à plus de 72 000 personnes – dont plus de 500 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025. Ce bilan ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés.
L’armée israélienne a fait savoir qu’elle considérait que le bilan du Hamas était exact, dans l’ensemble, les officiels de Tsahal estimant que deux à trois civils ont perdu la vie pour chaque terroriste.
Les militaires déclarent qu’ils ont tué plus de 23 000 hommes armés sur le terrain, à Gaza, et 1 600 autres terroristes qui se trouvaient sur le sol israélien lors du massacre du 7 octobre.
Israël a déclaré chercher à minimiser les pertes civiles, soulignant que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains – lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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