Washington sanctionne la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens
Marco Rubio fustige "les efforts illégitimes et honteux visant à inciter la CPI à prendre des mesures contre les États-Unis et Israël" menés par Francesca Albanese
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Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a annoncé mercredi que les États-Unis imposeront des sanctions à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens à Genève.
Rubio a mis en cause sur le réseau social X les « efforts illégitimes et honteux [de Francesca Albanese] visant à inciter la Cour pénale internationale à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens ».
Dans un communiqué, le secrétaire d’État a par la suite dénoncé les critiques virulentes formulées par l’experte de l’ONU à l’égard des États-Unis. Selon lui, elle aurait recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre notamment du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Toujours selon la même source, la rapporteuse aurait pris part à des « activités partiales et malveillantes », Rubio l’accusant « d’antisémitisme décomplexé » et de « soutien au terrorisme ».
Elle aurait aussi écrit « des lettres menaçantes » à plusieurs entreprises américaines, formulant ce que Rubio qualifie « d’accusations infondées » et recommandant des poursuites contre ces entreprises et leurs dirigeants.
Albanese avait présenté en juillet au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un rapport dans lequel étaient étudiés « les mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens ».
Today I am imposing sanctions on UN Human Rights Council Special Rapporteur Francesca Albanese for her illegitimate and shameful efforts to prompt @IntlCrimCourt action against U.S. and Israeli officials, companies, and executives.
Albanese’s campaign of political and economic…
— Secretary Marco Rubio (@SecRubio) July 9, 2025
En février, elle avait également dénoncé un projet d’occupation de la bande de Gaza et de déplacement de sa population, annoncé par Donald Trump, comme « illégal » et « complètement absurde ».
Le président américain avait assuré vouloir prendre « le contrôle » de la bande de Gaza dévastée par la guerre et répété que ses habitants pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l’opposition de ces pays et des Gazaouis eux-mêmes.
« C’est illégal, immoral et irresponsable. C’est complètement irresponsable parce que cela va aggraver la crise régionale », avait déploré l’experte onusienne, qui a réitéré ses accusations de « génocide » israélien à Gaza.
L’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon a salué sur X la décision du secrétaire d’État américain, dénonçant la « campagne incessante et partisane contre Israël et les États-Unis » menée par Albanese.
Le président du Conseil des droits de l’homme a affirmé jeudi « regretter » que les États-Unis aient décidé d’imposer des sanctions à Albanese.
« J’appelle tous les États membres de l’ONU à coopérer pleinement avec les rapporteurs spéciaux et les titulaires de mandat du Conseil et à s’abstenir de tout acte d’intimidation ou de représailles à leur encontre », a déclaré l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, qui occupe cette année le poste du président du Conseil.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a demandé aux États-Unis de revenir sur leur décision d’imposer des sanctions à la rapporteuse spéciale pour les Territoires palestiniens.
« J’exhorte les États-Unis à lever rapidement les sanctions » à son encontre, a indiqué Volker Türk dans un communiqué, dans lequel il demande aussi que cessent « les attaques et les menaces » contre des personnes nommées par l’ONU ou par la CPI.
Au début du mois, l’administration Trump avait demandé aux Nations unies de démettre Albanese, pour « antisémitisme virulent et soutien au terrorisme », selon une lettre obtenue par le Washington Free Beacon.
Cet avertissement de l’administration Trump fait suite à un nouveau rapport rédigé par Albanese, intitulé « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide », dans lequel elle accuse de complicité manifeste de grandes entreprises américaines et internationales.
« L’occupation coloniale israélienne s’est transformée en un régime de destruction insidieux, bureaucratique et militarisé, une économie calculée du génocide », a-t-elle écrit.
Les responsables américains, tant sous l’administration Biden que sous l’administration Trump, ont déclaré qu’elle n’était pas apte à remplir son rôle.
Des groupes pro-Israël tels que UN Watch et NGO Monitor ont régulièrement accusé Albanese de partialité anti-Israël, voire d’antisémitisme.
Albanese a notamment déclaré que le « lobby juif » contrôlait les États-Unis, comparé à de nombreuses reprises les Israéliens aux nazis, a rejeté les motivations antisémites de l’assaut sanglant et barbare du Hamas le 7 octobre, a accusé Israël d’être responsable de ce pogrom, a rejeté les préoccupations sécuritaires israéliennes, a condamné l’élimination par Israël du chef terroriste du Hamas Yahya Sinwar et a nié le droit d’Israël à la légitime défense, entre autres déclarations incendiaires.
En février 2024, Albanese a également suscité une vive réaction lorsqu’elle a déclaré que les victimes du pogrom perpétré par le Hamas en Israël le 7 octobre « n’avaient pas été tuées en raison de leur judaïsme, mais en réponse à l’oppression d’Israël ».
Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis à l’ONU sous le président Biden, avait publié sur le réseau social X à l’époque qu’Albanese était « inapte à occuper ce poste ni tout autre poste à l’ONU. Les Nations unies ne devraient pas tolérer l’antisémitisme d’une fonctionnaire de l’ONU chargée de promouvoir les droits de l’homme ».
L’AFP a contribué à cet article.
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