Le maire de Jérusalem appelle Obama à reconnaître la capitale d’Israël
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Le maire de Jérusalem appelle Obama à reconnaître la capitale d’Israël

Le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter l'invalidation, par la Cour Suprême américaine, d'une loi autorisant les Américains nés à Jérusalem à inscrirer Israël comme lieu de naissance sur leur passeports

Nir Barkat (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Nir Barkat (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le maire de Jérusalem Nir Barkat a demandé lundi au président Barack Obama de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, quelques heures après que la Cour Suprême américaine a annulé une loi permettant aux Américains nés à Jérusalem de marquer leur lieu de naissance par Israël sur leur passeports américains.

La décision, qui fera jurisprudence, était soutenue par la position officielle du président à propos de Jérusalem et a été fortement critiquée par le député Michael Oren, ancien ambassadeur israélien aux Etats-Unis, alors que le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter.

« Tout comme Washington est la capitale des Etats-Unis, Londres la capitale de l’Angleterre et Paris la capitale de la France, de la même manière, Jérusalem était et sera toujours la capitale d’Israël », a déclaré Barkat.

Soulignant la montée de l’antisémitisme et du mouvement de boycott BDS, le maire a déclaré : « J’en appelle au président américain Barack Obama à déclarer publiquement ce que nous savons depuis des générations, que Jérusalem est la capitale d’Israël et qu’Israël est le foyer du peuple juif. »

Oren, membre de Koulanou et ancien citoyen américain, a aussi dénoncé la décision qui, selon lui, « faisait du tort à la souveraineté d’Israël et à l’alliance entre Israël et les Etats-Unis ».

« Aujourd’hui, à mon grand regret, la Cour a rejeté l’appel en affirmant que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël relève de l’unique ressort du président. Regardez comment le président Obama utilise son autorité et choisit de ne pas reconnaître Jérusalem comme notre capitale », a-t-il déclaré.

« J’ai abandonné ma citoyenneté américaine maintenant, mais ma fille Lia, qui est toujours une citoyenne américaine, est née à Jérusalem, en Israël, même si son passeport dit le contraire. »

La décision de la Cour Suprême a également été fortement critiquée par l’Union Orthodoxe qui a déclaré être « déçue » par ce choix.

« Nous sommes pourtant plus déçus par la politique globale du gouvernement américain, menée par des présidents successifs, de traiter la capitale d’Israël avec moins de respect que les autres capitales de n’importe quelle autre nation. Jérusalem est sans aucun doute la capitale d’Israël », a déclaré Nathan Diament, directeur exécutif de la politique publique de l’Union Orthodoxe.

« Même après la décision de la Cour, il est grand temps que l’administration américaine reconnaisse que la vraie capitale d’Israël est Jérusalem », a-t-il ajouté.

La cour a décidé lundi 6 juin que le Congrès avait outrepassé ses prérogatives en approuvant la loi en 2002.

Cela aurait forcé le Département d’Etat à modifier sa politique de longue date de ne pas noter Israël comme le lieu de naissance des Américains nés à Jérusalem.

Cette politique s’inscrit dans le refus du gouvernement de reconnaître la souveraineté de n’importe quelle nation sur Jérusalem tant que les Israéliens et les Palestiniens n’auront pas trouvé une solution à travers les négociations.

Le juge de la Cour Suprême, Anthony Kennedy, a déclaré que le président a le pouvoir exclusif de reconnaître des nations étrangères, et le pouvoir de déterminer ce que l’on pourra considérer comme faisant partie de cette nation sur un passeport.

« La reconnaissance est une question sur laquelle une nation doit parler d’une seule voix. La voix du président », a écrit Kennedy.

La décision met un terme à un procès de 12 ans mené par un citoyen américain né à Jésuralem, Menachem Zivotofsky, et ses parents citoyens américains.

Le gouvernement d’Israël a refusé de commenter, et le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Nahson, a déclaré qu’Israël ne commentait pas les décisions formulées par des tribunaux étrangers.

Le Juge de la Cour Suprême Antonin Scalia a lu un résumé de son point de vue en déclarant que la Constitution « partage la responsabilité des Affaires étrangères entre le Congrès et le président ». Les Juges John Robert et Samuel Alito étaient également en désaccord.

Dans un autre rapport sur le désaccord, Roberts souligne la décision de la cour comme étant dangereusement innovante. « La Cour fait le pas périlleux, pour la première fois dans notre histoire, de permettre au président de défier une loi du Congrès dans le domaine des Affaires étrangères », a écrit Roberts.

Le juge de la Cour Suprême Clarence Thomas partage la décision, mais de façon restreinte.

La décision de la Cour sur l’affaire coïncide avec les fortes tensions entre les Palestiniens et les Israéliens au sujet de Jérusalem et les difficultés dans les relations israélo-américaines (soulignées par la critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu du rôle américain dans les négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire).

De son côté, Barack Obama a déclaré qu’il restait dubitatif quant aux efforts de Netanyahu pour clarifier ses déclarations pré-électorales de rejet de la création d’un État palestinien.

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus difficiles dans les relations israélo-palestiniennes.

Le Congrès et la Maison Blanche s’opposent depuis des décennies sur la question du soutien à la position d’Israël sur Jérusalem.

En 1995, le Congrès a adopté la position israélienne en statuant que les Etats-Unis devraient reconnaître Jérusalem unie comme la capitale d’Israël.

En 2002, les législateurs ont adopté des nouveaux dispositifs incitant le président à prendre des mesures pour déplacer l’ambassade de Jérusalem à Tel-Aviv et permettre ainsi aux Américains nés à Jérusalem d’avoirI Israël noté comme lieu de naissance sur leur passeport .

Le président George W. Bush a approuvé ces dispositifs en 2002, mais en notant que la politique américaine concernant Jérusalem n’a pas changé. Le président Obama a repris la même position.

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