Le Mémorial de la Shoah de Paris présente des photos inédites de la rafle du « billet vert »
85 ans après les faits, 98 photos longtemps crues disparues et finalement retrouvées seront exposées au Mémorial de la Shoah à Paris du 10 mai au 31 décembre
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L’exposition, intitulée « Images de la rafle du billet vert : Une découverte exceptionnelle pour l’histoire » au Mémorial de la Shoah de Paris, s’intéresse à la première arrestation massive de Juifs étrangers qui s’est déroulée en France lors de la journée du 14 mai 1941 après avoir retrouvé un reportage photographique qu’on croyait disparu.
6 000 Juifs étrangers, polonais pour la plupart, habitant la région parisienne, sont convoqués, via un billet vert, pour un « examen de situation ». Ils sont 3 700 à se rendre dans les différents centres de convocation. Arrêtés, ils sont internés pendant un an dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande avant d’être déportés à Auschwitz-Birkenau.
En septembre 2020, deux collectionneurs se sont présentés au Mémorial de la Shoah en possession de cinq planches-contacts originales, contenant un total de 98 images. Une planche contact regroupe, sur une seule page, tous les négatifs d’une pellicule. Jusqu’alors, seuls dix de ces clichés étaient connus des historiens. Les 88 autres photographies, totalement inédites, constituent le reportage complet sur cet événement tragique, ordonné par l’occupant allemand et mis en œuvre par les autorités françaises du régime de Vichy.
Cet ensemble, qui documente avec une précision glaçante les étapes de la rafle au gymnase Japy, l’un des centres de convocation, avait été frappé par la censure allemande avant de sombrer dans l’oubli pendant plus de huit décennies.
Les recherches menées par le Mémorial de la Shoah ont permis d’identifier formellement l’auteur des clichés : Harry Croner, un photographe allemand de la Propagandakompanie, enrôlé dans la Wehrmacht, et arrivé en France en 1940. L’exposition entend mettre en lumière le « regard » du photographe sur ces scènes de déportation ainsi que les raisons pour lesquelles la quasi-totalité du reportage a été censurée, condamnant le photographe à une si longue invisibilité. Elle propose ainsi au public de s’interroger sur la fabrique des images en temps de guerre.
Le site internet de l’institution fournira toutes les informations relatives aux visites.
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