Le ministère de l’Intérieur veut retirer des fonds à une ville arabe
Ahmad Nassar, le maire d'Arraba, en Galilée, a parlé "d'ennemi barbare" lors d'une cérémonie en hommage aux Arabes tués par la police lors des émeutes d'octobre 2000 ; le ministère dénonce une "incitation à la haine"
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Le directeur-général du ministère de l’Intérieur, Israel Uzan, a indiqué lundi qu’il cherchait à retirer des fonds à Arraba, une ville arabe de Basse Galilée, après que le maire de la municipalité a évoqué l’État d’Israël en le traitant « d’ennemi ».
« Il s’agit là de déclarations graves, incitant à la haine et pleines de mépris, et de surcroît inappropriées pour un élu agissant dans le cadre des lois de l’État d’Israël, de ses symboles et de son drapeau », a écrit Uzan dans un courrier adressé au maire d’Arraba, Ahmad Nassar.
« Je vais maintenant examiner toutes les activités du ministère de l’Intérieur en rapport avec la municipalité d’Arraba, et recommander au dit ministère d’envisager le report ou la suspension des fonds budgétaires et du soutien fournis par le ministère et par l’État d’Israël jusqu’à ce que la question soit clarifiée publiquement et clairement », a indiqué Uzan.
Nassar a prononcé un discours samedi, à l’occasion d’une cérémonie de commémoration des émeutes d’octobre 2000 dans le nord d’Israël, à la veille de la deuxième Intifada, au cours desquelles la police a tué 13 Arabes israéliens.
« Aujourd’hui, nous sommes dispersés, fragmentés… et dans une situation de grandes difficultés. Qu’il s’agisse de Gaza ou [de l’intérieur d’Israël]. Nous en sommes arrivés à un point où nous comprenons exactement à quel point notre ennemi est méprisable et barbare », a déclaré Nassar dans des commentaires en arabe mis en avant dimanche par la Quatorzième chaîne, orientée à droite.
« Nous poursuivons notre lutte et continuons à défendre notre présence sur ces terres, même si la situation semble s’apaiser, d’une manière ou d’une autre » a-t-il ajouté, s’exprimant devant les tombes de plusieurs personnes tuées par la police en 2000.
Ces commentaires ont immédiatement suscité une vive réaction de la part du ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, qui a affirmé, dans un communiqué : « Un maire en Israël qui parle de l’État d’Israël comme d’un ‘ennemi’ et encourage la poursuite de la ‘lutte’ est un partisan du terrorisme, et n’est donc pas apte à exercer une fonction publique dans l’État d’Israël. »
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