Le navire chargé de blé ukrainien volé tente désormais d’accoster en Turquie
Après l’abandon du déchargement prévu à Haïfa, Kiev tente de convaincre Ankara de bloquer le Panormitis, soupçonné de transporter des céréales pillées par la Russie
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un navire qui, selon l’Ukraine, transporte du blé volé par la Russie attend l’autorisation d’entrer dans un port turc après avoir échoué à décharger sa cargaison en Israël, a indiqué l’ambassadeur ukrainien au Times of Israel.
« Nous espérons [qu’Ankara] fera ce qu’il faut, comme Jérusalem l’a fait », a déclaré l’ambassadeur Yevhen Korniychuk.
Selon ce dernier, le ministère ukrainien des Affaires étrangères et le bureau du procureur général tentent actuellement de convaincre les autorités turques de ne pas autoriser le déchargement de la cargaison.
Le navire, le Panormitis, est arrivé au port turc d’Iskenderun le 13 mai, selon des médias turcs.
Le mois dernier, l’importateur israélien Zenziper avait finalement décidé de ne pas accepter la cargaison de blé et d’orge transportée par le Panormitis, après plusieurs jours de tensions diplomatiques entre Jérusalem et Kiev.
L’Ukraine accuse le navire de transporter des céréales saisies par la Russie dans des territoires ukrainiens occupés, « en violation du droit international et de la législation ukrainienne ».
La décision de ne pas décharger la cargaison à Haïfa avait été prise par l’importateur israélien lui-même, et non par le gouvernement israélien, avait alors indiqué un responsable israélien.
L’affaire avait déclenché une vive passe d’armes entre Israël et l’Ukraine.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait averti qu’Ukraine poursuivrait les « facilitateurs » de la flotte fantôme russe.
« Nous avertissons toutes les entités et tous les pays que nous réagirons fermement à tout vol de notre blé », avait-il déclaré.
Après la décision israélienne, Sybiha avait salué « un développement positif », estimant que « les actions juridiques et diplomatiques de l’Ukraine avaient porté leurs fruits ».
« C’est également un signal clair adressé à tous les navires, capitaines, opérateurs, assureurs et gouvernements : n’achetez pas de céréales ukrainiennes volées. Ne vous rendez pas complices de ce crime », avait-il ajouté.
Le différend avait également provoqué des tensions publiques entre Kiev et Jérusalem.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait confirmé qu’Israël avait reçu une demande officielle d’assistance juridique de l’Ukraine concernant le Panormitis, tout en reprochant à Kiev d’avoir privilégié une « diplomatie Twitter ».
Le message de Saar faisait suite à un tweet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans lequel il avertissait que Kiev s’apprêtait à imposer des sanctions à l’encontre des personnes impliquées dans la transaction.
« Dans n’importe quel pays normal, l’achat de biens volés engage une responsabilité pénale », avait-il écrit sur X.
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