Le parti Les Démocrates se distancie du chargé de communication qui a soutenu les affiches anti-Ohana
Ohana a fustigé un « camp politique violent et odieux » après que des affiches diffamatoires ont été placées sur le trajet vers l'école de ses enfants
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Le président de la Knesset, Amir Ohana, s’en est pris à ses adversaires de l’opposition après que des inconnus ont collé des affiches à caractère diffamatoire sur le chemin que ses enfants empruntent pour se rendre à l’école.
« Aucun camp n’est aussi violent, odieux et malsain que celui qui est capable de salir ainsi le premier jour d’école de mes enfants- Ella et David, qui entrent en sixième ce matin », a écrit Ohana.
Le président de la Knesset n’a pas précisé exactement à qui il faisait allusion. En hébreu, le terme « camp » est généralement utilisé pour désigner de larges regroupements politiques de gauche et de droite, plutôt que des groupes spécifiques plus restreints.
אין מחנה אלים, מתועב וכעור נפש כמו המחנה שמסוגל להכתים כך את היום הראשון ללימודים של ילדיי, אלה ודוד שעולים הבוקר לכיתה ו׳.
כך – כל המסלול מהבית עד לבית הספר. זה לא מיועד לי – זה מיועד להם, ולחבריהם לכיתה ולבית הספר.
האם זו דמותה של המדינה שאנו רוצים לחיות בה? האם כך נרצה לברר… pic.twitter.com/UfpFit9Muv
— Amir Ohana – אמיר אוחנה (@AmirOhana) September 1, 2026
« Cela a duré tout le temps du trajet entre chez moi et l’école », a-t-il raconté. « Ce n’est pas moi qui suis visé. Ce sont eux, ainsi que leurs camarades de classe et de l’école. Est-ce là le genre de pays dans lequel nous voulons vivre ? Est-ce ainsi que nous voulons régler nos désaccords politiques ? C’est à vous d’en décider. »
Sur l’une de ces affiches, on pouvait lire : « Pas de pardon pour le collaborateur de celui qui a financé le Hamas. » Sur une autre, Ohana était décrit comme le « complice des vols et des pillages », une référence apparente aux critiques concernant l’affectation de fonds publics à différentes causes minoritaires défendues par la coalition.
Le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé son indignation, exigeant que le président du parti HaDemocratim, Yair Golan, condamne les affiches « ignobles » dénigrant le président de la Knesset.
Dans un communiqué, le Likud a exigé que Golan dénonce également le soutien à ces affiches « manifesté par des membres de son parti, Ami Dror et Amir Shperling », ajoutant que le fait de soutenir des publications qui ciblent les proches d’un candidat « dépasse les limites ».
Un porte-parole du parti Les Démocrates de Yair Golan a pour sa part décidé de prendre ses distances avec un membre de son équipe de relations publiques après que celui-ci a semblé apporter son soutien aux posters.
En réponse au message publié par Ohana sur le réseau social X dans lequel il condamnait cet incident, Amir Shperling a tweeté « Ce n’est que le début », accompagné d’un emoji en forme de cœur.
Ancien scénariste de l’émission télévisée satirique « Eretz Nehederet » (Un pays merveilleux), Shperling avait rejoint l’équipe de communication des Démocrates en décembre dernier. Golan, président du parti, avait alors déclaré qu’il rejoignait l’équipe « pour faire de ce pays un lieu vraiment merveilleux ».
« Amir a écrit ces propos de sa propre initiative. Nous n’avons pas été consultés, et cela ne reflète pas nos opinions », a précisé un porte-parole des Démocrates au Times of Israel.
Shperling a ajouté dans un tweet suivant : « Quiconque pense que j’ai peur des menaces, du licenciement, de tout tweet calomnieux, ou des insultes, etc., suite à ma réponse à Amir Ohana, qui est l’un des destructeurs de ce pays… fera fausse route. J’ai répondu à Amir Ohana en réaction au tweet dans lequel il se posait en victime en affirmant : “ce n’est que le début”, et c’est effectivement le cas. C’est celui-là même qui a détruit le pays qui aurait dû anticiper en pensant à ses enfants, ce n’est pas moi. »
Invité à préciser s’il faisait référence à l’ensemble de l’opposition, un porte-parole d’Ohana s’est contenté d’envoyer un lien vers le tweet de Shperling, en indiquant qu’il provenait du « camp » qu’il avait lui-même mis en cause.
Dans son propre tweet, le député Les Démocrates Gilad Kariv a condamné ceux qui ont choisi d’impliquer les enfants d’Ohana dans une affaire politique. Il a néanmoins dit que le député du Likud était « la personne la moins bien placée pour donner des leçons de morale », car son discours soutient et « encourage la violence brute ».
« Je me souviens encore m’être approché de vous à la tribune, je me souviens vous avoir dit que des parents endeuillés et des familles d’otages étaient roués de coups et jetés à terre dans les couloirs de la Knesset. Vous vous étiez contenté de hausser les épaules », a rappelé Kariv.
Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a lui aussi dénoncé ces publications, faisant savoir à Amir Ohana dans un tweet que « le moment est venu pour nous, Israéliens, de faire cesser ces discours clivants qui nous déchirent ».
« Je suis certain que la grande majorité des électeurs de l’opposition considère cet acte comme une forme de harcèlement et qu’elle s’y oppose – tout comme la grande majorité des électeurs de la coalition s’oppose aux actes des extrémistes. Nos enfants méritent bien mieux que cela. »
Selon un récent sondage de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS), 39 % des Israéliens considèrent les « conflits violents entre groupes » en Israël comme l’une des principales menaces pesant sur le pays, au même titre qu’un Iran doté de l’arme nucléaire.
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